Lundi 22 septembre 2008
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Et puis je suis partie sans être condamnée ;
J'ai regardé le fleuve à jamais arrêté,
Sourire de métal obscur, et j'ai rêvé
La pente descendant vers l'enfer inhumain,
La mort du devenir dans l'envol éclaté,
La cigale cassée comme un jouet d'enfant...
Morte à demi, et presque effacée de la vague
Traînant encor sur soi l'écume du grand large,
Je m'en fus au pays où tout se décompose,
Etrangère au soleil opaque de la nuit…
Publié dans : La remontée du fleuve
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Par Martine Maillard
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Vendredi 11 juillet 2008
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Voici une ode à cette Lumière que l'on
finit toujours par retrouver après la nuit, après l'hiver, au bout du tunnel, au bout de l'angoisse, et qui nous ressource, qui nous guérit, qui est notre pôle positif et ce vers quoi en
définitive, en êtres verticaux que nous sommes, nous aspirons.
Editée en clôture de mon recueil "La remontée du fleuve", elle est finalement qualifiée de "Source", car, tombée sur nous comme une cascade, elle est peut-être bien la Source de ce fleuve sur
lequel nous naviguons.
O lumineuse,
O radieuse,
O merveilleuse lumière,
Jaillissant en cascade d'arc-en-ciel
Et m'inondant tout entière comme une immense nuée de gouttelettes,
Source qui fonds sur moi, depuis mon front jusqu'à mes pieds,
Et me traverses tout entière,
C'est toi que j'ai cherchée par les déserts arides,
C'est toi que j'espérais au profond de mes nuits,
C'est toi que j'ai rêvée du profond de la mort...
O ma Source d'écailles et de paillettes et d'or,
Tumultueuse au grondement de tonnerre,
Plus puissante que tout t'épandant sur la terre,
C'est toi que j'ai trouvée au terme de ma course,
Nageuse épuisée par la remontée du fleuve implacable !...
Et maintenant, il ne me reste plus qu'à m'abreuver de toi,
De ton rire d'étincelles, de ta vie inépuisable,
Qu'à me laisser tremper de ta pluie bienfaisante,
Qu'à me laisser bercer de ton bruit continu...
O lumière jaillie des cimes fulgurantes
Et tombée en bénédiction sur la terre,
O flammes rafraîchissantes
Qui m'habillent de bonheur,
Irradiante Source
Issue de l'infini,
Aux confins de ce monde,
Au terme de l'angoisse,
Au terme du malheur maquillé de clinquants,
Fraîche aveuglante lumière,
Ma Source inespérée,
Te voici donc enfin !
Publié dans : La remontée du fleuve
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Par Martine Maillard
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Mercredi 5 mars 2008
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Pour faire suite à l'article "Mélancolie d'école", voici un poème issu de ma propre cancrerie... Ecrit en
1977. Si le "Cancre" de Prévert était un cancre joyeux (parce que encore jeune et non condamné par la société comme c'est le cas aujourd'hui), ce poème traduit le malaise bien réel né d'une
situation d'échec, tel que le dénonce Pennac.
Tourne la ronde
Passe le temps
Je fais des entrechats
(Pas très gracieux)
Le ciel me tombe sur la tête
Que voulez-vous
J’étais trop bête
*
Tourne la ronde
Passe le temps
Je m’applique à marcher
(Très gauchement)
Le ciel me fait un croc-en-jambe
Que voulez-vous
C’était tentant
*
Tourne la ronde
Passe le temps
J’essaie de m’immiscer
(Timidement)
Le ciel me chasse avec mépris
Que voulez-vous
Question de place
*
Tourne la ronde
Passe le temps
Je m’assieds sous un arbre
(Dissimulée)
Et regarde danser les autres
Que voulez-vous
C’est plus facile
Publié dans : La remontée du fleuve
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Par Martine Maillard
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