Mais tu ne sais d'où Il vient, ni où Il va.
Jean III, 8
En l'écoutant, toi aussi tu peux créer...
(Iegor Reznikoff à l'abbaye du
Thoronet)
"Eurydice !" répercutaient les rives à travers tout le fleuve.
VIRGILE, Géorgiques
(Mort d'Orphée)
Mais tu ne sais d'où Il vient, ni où Il va.
Jean III, 8
En l'écoutant, toi aussi tu peux créer...
(Iegor Reznikoff à l'abbaye du
Thoronet)
Après un radieux week-end des Rameaux à Fontainebleau, je veux vous faire partager ma "montée au Calvaire"... d'un genre particulier (et plutôt souriant).
En effet, la "Croix du Calvaire" est un édifice érigé sur une hauteur juste au-dessus de la ville, et où l'on accède par des chemins qui traversent de superbes zones rocheuses ; c'est une de mes destinations de promenade préférées, aussi vais-je accompagner cette évocation d'une musique qui me paraît assez appropriée à cette intention, le larghetto de la 4e symphonie "Deliciae Basilienses" ("les délices de Bâle") d'Arthur Honegger. Composée dans l'esprit d'une marche lente et pesante, de plus en plus agrémentée par des chants d'oiseaux, cette page s'accorde à merveille avec l'ascension à la fois pénible et merveilleuse de cette colline altière.
Orchestre du Capitole de Toulouse sous la direction de Michel Plasson (enregistrement EMI)
Lancez la musique et suivez le guide...
Quittons tout d'abord la ville aux riches villas, telle celle-ci qui se nomme l'Orée. Vous noterez au passage la hauteur des arbres (sapin, cèdre...) : une bonne trentaine de mètres, ce qui nous change de l'habituelle petite taille des feuillus de la région centre.
Parmi les roches et les bruyères éparses, notre chemin commence à monter, souriant dans la lumière qui filtre par les feuillages tout neufs, et de plus en plus sableux entre les pins toujours abondants.
Au sol les fougères déjà bien épanouies déploient leurs petites crosses.
Là, je pense à Stellamaris... En effet, un géant de l'île de Pâques est allongé sur le sol et dort comme un bienheureux.
Mais aux flancs capricieux de la colline sableuse, un étrange enchevêtrement attire mes regards. Que s'est-il donc passé ici ? Une bagarre ? Les morceaux de bois jonchent le sol... Eh non ! C'est probablement une arbre vétuste qui s'est effondré tout seul.
Et pourtant, regardez bien comme ils s'entraident, ces arbres : le chêne au premier plan soutient de son bras droit son camarade qui est tombé, et dont la nuque repose dans les branches du chêne d'en face...
Mais poursuivons notre ascension : l'atmosphère se fait de plus en plus "méridionale" au fur et à mesure que l'on s'élève : sables, buissons, roches qui affleurent... Il faut dire que j'ai choisi la voie "directe", laissant les chaos de rochers pour le retour.
Ces deux arbustes semblent danser ennsemble, l'un en arrière les bras écartés, l'autre devant, penché sur le côté.
Celui-ci me frappe par la puissance de ses racines et ses "V" successifs.
Mais celui-là est franchement génial ! Si étrange que je le photographie deux fois et ne sais quel cliché préférer.
Là, c'est de plus près mais sans zoom et avec une pointe de flash à cause du contre-jour. Regardez comme il s'incruste dans le rocher... et comme il ferme devant lui de drôles de petites pattes !! A sa droite, la roche semble s'être taillée en angle creux rien que pour protéger un tronc plus frêle... incroyable !
Mais ça y est, nous sommes arrivés à la Croix du Calvaire, par le côté.
Datée de 1699, celle-ci aurait été posée par une personne pieuse en 1697 sur le sommet des rochers du Fort des Moulins, qui prit alors le nom de "calvaire". Un pèlerinage y eut lieu a à partir de 1825, mais considérée comme nuisible au maintien de l'ordre public elle fut détruite en 1830. On la réédifia cependant en 1837.
Son altitude exacte n'est pas notée, mais elle semble dominer la ville (de Fontainebleau sur la droite et d'Avon sur la gauche) ainsi que la forêt qui l'entoure de plus de cent mètres.
Je vous invite à y faire une petite pause avant d'envisager la descente encore plus passionnante.
Vue vers Fontainebleau, avec à droite la "Tour Varnery" qui domine la route de Paris, sur le devant
l'église du Carmel, ancien couvent, et au fond à gauche les tours du château. (Vous pouvez agrandir l'image).
Vue vers Avon - beaucoup moins nette je l'avoue -, où l'on devine (là encore vous pouvez agrandir) le viaduc
qui porte la voie de chemin de fer en provenance de Moret, et tout à fait à gauche la courbe de la Seine.
Enfin la Croix vue de face c'est-à-dire en tournant le dos au paysage (cette photo peut aussi être agrandie
!), avec derrière elle une route de forêt étalée en deux voies distinctes pour bien marquer l'aspect "éperon" de cette falaise ; malheureusement depuis plusieurs années elle est coupée à la
circulation, et seuls les piétons ou les cyclistes peuvent l'emprunter, pour le grand bonheur de la nature qui respire, mais pour le désespoir des personnes âgées ou handicapées qui n'ont plus la
possibilité de venir jusque là, comme vers de nombreux points de la forêt autrefois desservis par des petites routes goudronnées qui sont toutes aujourd'hui fermées
hermétiquement.
Comme souvent à cette époque, je reviens de Fontainebleau, où la forêt flamboie de tous ses feux, et même les arbres des cimetières...
Pour commencer, je vous propose une vue de cette merveilleuse bâtisse face à laquelle habitaient mes
parents, qui a longtemps été destinée à des familles de militaires si je me souviens bien et qui aujourd'hui est partagée en appartements. C'est pour répondre à Crépusculine qui évoquait dans un
des ses articles une maison dont l'architecte ferait du "néo-normand" ; en principe le "néo-normand" serait plutôt assorti de colombages comme on le voit ici, et ce Baumier dont elle nous montre la maison et qui est bien en effet un
des créateurs du style en question se serait plutôt offert une demeure dans le style francilien, comme celle ci-dessus (et bien d'autres que je n'ai pas eu le loisir de photographier).
Mais voici quelques arbres pris en entrant en forêt (quelle chance nous avons eue d'avoir le soleil tout le week-end !).
Ici tout un bord de route. Vous avez dû en voir vous aussi : je crois que cette année l'automne
est éblouissant partout !
Mais partons faire un tour en forêt au crépuscule...
Les rochers et les troncs se teintent d'orangé.
Nous sommes dans le secteur que l'on appelle
communément le "Rocher Chinois" (je ne sais pas pourquoi), entre le cimetière de la ville et la Vallée de la Solle.
(Agrandissez le plan ci-dessus).
On n'imagine pas cela en regardant la photo satellite n'est-ce pas
?
Un arbre faisant le grand
écart...
Le lendemain dimanche, nous sommes allés au cimetière de Chartrettes, sur le coteau de Seine, et voici ce que nous y avons trouvé :
Ne dirait-on pas que l'arbre est
entouré d'une aura de flammes ? Ce cimetière est ravissant et donne toujours lieu ensuite à une promenade sue les bords de Seine (voir un précédent article ici).
Nous y avons trouvé une péniche amarrée et nous sommes promenés dessus...
Dommage, le soleil venait de disparaître derrière le coteau.
La ligne de chemin de fer de rive droite était encore bordée de feuillages magnifiques.
Un peu plus loin, on arrive à Héricy et on longe "La Grangette", une jolie maisonnette dans laquelle Maurice Ravel paraît-il resta retranché au premier étage malgré
l'intervention des pompiers durant la grande inondation de 1910 pour pouvoir composer tranquillement son ballet "Daphnis et Chloé " (la maison lui avait été prêtée par un
admirateur et ami).
Enfin on arrive à Valvins et débouche sur la maison de Stéphane Mallarmé, transformée en musée...
Un extrait de "Daphnis et Chloé", le Lever du jour.

Aux éditions Stellamaris vient de paraître mon recueil
Renaître.
Vous pouvez le feuilleter et vous le procurer à cette page.

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Parvenue à son n°9, Shi-zen, ou "le féminin éthique et pas toc", est un magazine attrayant écrit par des femmes mais aussi par des hommes, pour des femmes mais aussi pour des hommes, dans une optique résolument écologique (imprimée sur papier recyclé bien sûr).
Ici la couverture du dernier n° paru.
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