Mais tu ne sais d'où Il vient, ni où Il va.
Jean III, 8
En l'écoutant, toi aussi tu peux créer...
(Iegor Reznikoff à l'abbaye du
Thoronet)
"Eurydice !" répercutaient les rives à travers tout le fleuve.
VIRGILE, Géorgiques
(Mort d'Orphée)
Mais tu ne sais d'où Il vient, ni où Il va.
Jean III, 8
En l'écoutant, toi aussi tu peux créer...
(Iegor Reznikoff à l'abbaye du
Thoronet)
Après la merveilleuse journée que nous avons connue, la nuit descend si douce qu'il me revient un poème que j'avais écrit il y a très longtemps... J'avais quinze ans et c'était en octobre ; et pourtant aujourd'hui je ne sais pas mieux dire que ce soir-là. En effet, si pour nous tout est beau et paisible, là-bas au Japon c'est encore l'épreuve ; et que dire d'Abidjan, de Benghazi, de l'Afghanistan... ! Toute la souffrance du monde cohabite avec sa douceur ; il est blanc et noir à la fois, il est vie et mort à la fois. Et cela, à quinze ans, je l'avais déjà dit ; et aujourd'hui, je ne sais rien dire de plus...
La nuit chante un cantique au ciel qui s'est ouvert.
Ses voiles sont baignés d'étoiles vaporeuses ;
Elle émerge sans bruit des ondes nébuleuses
Du grand songe invisible issu de l'Univers.
On perçoit tout partout des murmures divers :
De doux chuchotements de voix mystérieuses,
De légers froissements d'ailes fines, soyeuses ;
Des anges sûrement volètent dans les airs...
De la Nature heureuse, un grand souffle s'exhale.
C'est un soupir de vie, ou un frisson de mort.
Tout est calme pourtant ; le Monde immense dort.
Une haleine a passé, douce, sur son front pâle :
Dieu veille son sommeil, comme on veille un enfant,
Et verse en son esprit un rêve éblouissant...
Martine Maillard - 21 octobre 1966.
Issoudun : le Parc des Champs d'Amour, 7 février 2011.
Un éclair de soleil a déchiré la brume
Où durant tant de jours nous avons soupiré ;
Soudain s'ouvre un chemin menant vers la forêt,
Balayant tout à coup le rideau d'amertume !
Sommes-nous bien en ville au milieu du bitume ?
Ces beaux arbres plantés sur des champs labourés,
Ces tertres enchanteurs aux abris retirés,
Tout cela n'est qu'un parc où le rêve s'enfume...
Un rayon de lumière, et tout est transformé !
Des feuillages épais glisse une ombre soyeuse
Que parcourt un instant notre regard charmé ;
La blondeur de l'azur coule, silencieuse,
Nous laissant entrevoir des lointains embaumés...
C'est février qui dort, douceur délicieuse.
En clin d'oeil à Nat et à son bel article sur l'olivier je réactualise ici un de mes sonnets, écrit à l'époque de ma jeunesse où, fréquentant Malherbe, Ronsard et Du Bellay, j'aimais à pratiquer cette forme poétique.
Aux éditions Stellamaris vient de paraître mon recueil
Renaître.
Vous pouvez le feuilleter et vous le procurer à cette page.

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Parvenue à son n°9, Shi-zen, ou "le féminin éthique et pas toc", est un magazine attrayant écrit par des femmes mais aussi par des hommes, pour des femmes mais aussi pour des hommes, dans une optique résolument écologique (imprimée sur papier recyclé bien sûr).
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