L'Âme du poète

"Eurydicen !" toto referebant flumine ripae.

"Eurydice !" répercutaient les rives à travers tout le fleuve.

VIRGILE, Géorgiques

(Mort d'Orphée)

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L'Esprit souffle où Il veut ; et tu entends sa voix, 

Mais tu ne sais  d'où Il vient, ni où Il va.

Jean  III, 8    

 

 En l'écoutant, toi aussi tu peux créer...


   


(Iegor Reznikoff à l'abbaye du Thoronet)      

  

Issoudun

Mardi 14 juin 2011 2 14 /06 /Juin /2011 18:51

     Une petite promenade dans les champs m'a permis aujourd'hui de constater que, vaille que vaille, les blés ont poussé, et que déjà la moisson commence pour l'orge et pour d'autres cultures que je n'ai su identifier.

Promenade-bles.jpg

    Quelques bleuets égaient les abords du champ dont l'aspect me rassure.

Bles-fleurs.jpg

   Plus loin, d'autres jolies fleurs me ravissent... Le photos ne sont pas "top", prises au téléphone portable, mais elles révèlent tout de même l'atmosphère générale (temps lourd mais absolument pas de pluie).

Bles-fleurs2.jpg

    Cependant ça moissonne un peu plus bas !

Promenade-moisson1.jpg

    Eh oui, par là c'est de l'orge, et l'orge, il est vraiment mûr, très mûr !

Promenade-moisson2.jpg

      Sur ma gauche, il y a le colza, qui apparemment attend encore, et derrière les tournesols, qui ne sont pas encore fleuris. Mais là-bas au fond, encore une moissonneuse ?

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    C'est un champ étonnant, car il ne fait pas beaucoup de paille, mais on y trouve un épouvantail.

Promenade-epouvantail.jpg

     Alors, qu'est-ce qu'il a bien pu y pousser ?? On voit au fond la partie non récoltée, cela fait plus "herbe folle" que "champ de céréales". Mais je n'ai pas osé demandé au propriétaire du champ ce que c'était...   Champ-mystere2.jpg

En me rapprochant de la ville, je côtoie d'autres champs étranges, comme celui-ci.

Champ-mystere1.jpg

    M'approchant, je vois que les fleurs violettes sont montées sur des sortes de gousses, tandis que çà et là fleurissent de blancs coquelicots qui m'évoquent des fleurs de pavot (mais blanches ?)

Champ-mystere3.jpg

      Enfin une chose est sûre, derrière ces barrières il y a du foin à profusion, et j'espère bien que les propriétaires de ce pré l'utiliseront à bon escient !

Promenade-foin.jpg

 

Par Valentine - Publié dans : Issoudun - Communauté : Partager
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Samedi 14 mai 2011 6 14 /05 /Mai /2011 19:19

     Qui n'a pas rêvé devant un ciel étoilé, contemplant les formes des constellations et cherchant à s'y repérer ? Ces magnifiques arabesques dans la nuit semblent un invitation à observer, à imaginer...

       C'est pourquoi sans doute les visiteurs - et surtout les enfants - se pressent devant les planétariums, dont une formule particulièrement mobile vient d'être mise au point, permettant aux médiathèques et centres de loisirs de les accueillir pour des périodes variables.

planetarium1

   C'est cette sorte d'"igloo" gonflable qui est venu se poser pour la durée du mois de mai dans le hall du Centre Culturel d'Issoudun, aux frais de la médiathèque qui y effectue chaque samedi et chaque mercredi après-midi une projection publique (sans parler des séances proposées sans doute aux scolaires), avec la description sommaire des différentes positions stellaires et planétaires observables actuellement.

Planetarium

   Le dôme est assez imposant, comme vous pouvez le constater sur cette photo prise chez nous par la Nouvelle République du Centre-Ouest (9 mai 2011), et cependant il est entièrement porté par une ventilation, un peu comme une mongolfière (sauf que celle-ci est fraîche !). Pour entrer on se faufile entre les rondins comme pour entrer dans le ventre d'un mère... spécial mais indispensable pour créer la nuit, féerie féminine par essence. Les enfants sont ravis. Sur notre image la bibliothécaire en charge du multimedia, Martine L., prévient qu'il ne faut pas être claustrophobe mais qu'il y aura une belle surprise à la fin.

Projecteur-cieletoilé

    A l'intérieur du dôme, où l'on doit s'asseoir par terre en cercle le long des rondins - comme dans une yourte ! - cet étrange projecteur est construit de manière à inscrire les étoiles, le soleil et les planètes à leurs places respectives, et à tourner en suivant le plan de l'écliptique au long d'une nuit complète pour un observateur terrestre. Au petit jour, trois planètes alignées apparaissent peu avant le soleil : Jupiter, Vénus (conjointe à Mercure, mais l'image les projette comme un cercle unique) et Mars... Pourrions-nous vraiment les discerner au ras de l'horizon, vers 6 heures du matin ? Voici en tous cas l'image qu'en a saisi cet observateur sous les tropiques il y a une quinzaine de jours (ce qui explique que Vénus, planète assez rapide, était alors en tête : elle se trouve aujourd'hui avec Mercure entre Jupiter, qui n'a guère bougé, et Mars, qui a descendu plus lentement ; et par contre le soleil lui aussi est plus bas, et la lune ne se trouve plus dans les parages !).

     Pour terminer, Martine nous a offert un conte, singulièrement proche de nos préoccupations actuelles, et qui relate la "naissance" de la Grande Ourse : c'était la surprise annoncée.

 

    Il y avait un jour une jeune fille qui vivait avec sa mère dans une contrée où sévissait une sécheresse sévère ; si sévère que les hommes, les animaux, les plantes, se desséchaient et mouraient peu à peu. Voyant que sa mère allait de plus en plus mal, la demoiselle partit avec une cruche en quête d'une source afin de la sauver, et elle chercha très longtemps, si longtemps qu'elle en trouva. Elle remplit donc sa cruche et se mit en devoir de rentrer pour offrir l'eau à sa mère.

   Mais voici qu'en chemin elle rencontra un homme mourant de soif... et pleine de compassion elle lui offrit de l'eau, et le sauva. Elle poursuivit sa route, mais un peu plus loin elle vit un vieillard, presque mort de soif ! N'écoutant que son bon coeur, elle fit de même pour lui. Repartant, après quelques centaines de mètres, elle trouva un troisième individu, et ne put lui refuser son eau.  Et la chose se reproduisit ainsi en tout sept fois...

    Au bout de la septième fois elle s'inquiéta, car il ne lui restait presque plus rien ; mais c'est alors qu'un chien assoiffé bouscula la cruche et en but goulûment les dernières gouttes !

    Le conte affirme alors que Dieu, ému, déchaîna sur la terre des torrents de pluie bienfaisante, puis inscrivit dans le ciel le souvenir des sept hommes qu'elle avait sauvés sous la forme des sept étoiles de la Grande Ourse, auprès desquelles une petite étoile s'ajouta pour représenter l'âme du chien.

 

   Une belle histoire que nous acueillîmes avec enthousiasme, avant de nous extraire petit à petit de notre poche de nuit, qui bientôt s'effondra pour devenir...

Planetarium-mediathèque

... ceci !

   

Par Valentine - Publié dans : Issoudun - Communauté : papierlibre
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Mardi 22 mars 2011 2 22 /03 /Mars /2011 21:46

    Au sud d'Issoudun il y a une forêt, qui se partage entre les départements de l'Indre (du côté de Saint-Aubin) et du Cher (du côté de Chezal-Benoît) : c'est la forêt de "Choeurs-Bommiers", du nom de bourgades avoisinantes. On en fait quasiment le tour en partant pour Chezal-Benoît (qui est dans le Cher), puis en tournant à droite vers Pruniers (de nouveau dans l'Indre), et en retournant ensuite à droite après Pruniers en direction de Saint-Aubin (région où les Issoldunois se promènent plus volontiers). Les zones plus excentrées sont moins accessibles et moins visibles des routes qui les encerclent.

     Elle est traversée de grandes allées toutes droites et carrossables, mais généralement fermées à la circulation par des barrières (que seuls les chasseurs enfreignent, en plus des forestiers), et abrite un vaste étang : "l'étang des Trois Biches", dont une rive est située dans l'Indre et l'autre dans le Cher. Un seul axe de chemins reste accessible à la circulation dans les deux directions pour permettre de rejoindre au centre de la forêt le "carrefour de la Croix Blanche" qui est situé sur une petite hauteur et d'où l'on peut partir en promenade, ainsi que pour accéder aux rives de l'étang, qui sont fréquemment investies par les pêcheurs. 

       Les gens y marchent, le plus souvent dans les allées protégées car, le sol étant marécageux, les chemins existants s'embourbent une bonne partie de l'année ; mais aussi y font du vélo ou même s'y promènent à cheval (ce qui leur ouvre les chemins !). Une ou deux "promenades" ont été esquissées par les agents du tourisme, pour lesquelles le sol a été soigneusement choisi ou remblayé, avec des petits ponts de bois pour enjamber les nombreux "fossés", véritables ruisseaux en hiver et au printemps. Deux rivières plus larges, que l'on passe pour l'une d'elles en faisant de l'équilibre sur deux poteaux télégraphiques de béton jetés en travers, sont franchies par des ponts goudronnés au niveau  des allées carrossables, mais deviennent presque à sec à la fin des étés.

 

     Dimanche, pour le premier jour de beau temps, nous avons décidé d'aller chercher le versant le plus éloigné de la forêt, sur la route qui va de Chezal-Benoît à Pruniers, afin de nous dépayser un peu de d'éviter les autres promeneurs. Comme vous le percevrez sur la carte ci-dessous (que vous devrez agrandir en cliquant dessus !), le paysage change du tout au tout lorsque l'on passe la forêt : côté Issoudun, c'est la "champagne berrichonne", c'est-à-dire une étendue morne de champs labourés ; et à partir de Pruniers et dans le Cher, c'est le "boischaut" , c'est à dire une région de bocage, de prairies entourées de haies... Un vrai plaisir et un vrai dépaysement.

 

Foret-de-Choeurs-Bommiers.jpgCarte Mappy, en type "mixte" (photos aériennes + tracé des voies et légende)

     Sur la carte vous pouvez repérer notre itinéraire en suivant les indications données ci-dessus ; la croix rouge que j'ai ajoutée désigne l'endroit où nous nous sommes arrêtés pour marcher un peu dans les bois.

     Et nous avons trouvé un paysage bien étrange ! Hivernal, encore... et sauvage ! Jugez plutôt.

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    Ce pin est comme une main penchée de danseuse orientale.

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   Le voici dans l'autre sens...

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  Et là, ne dirait-on pas qu'un serpent pointe son nez entre les jambes de ce chêne ? Si j'étais aussi inspirée que Stellamaris, je pourrais écrire un poème le concernant !

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   Les pins sylvestres penchent leurs têtes folles comme pour se parler, longuement élancés au-dessus d'une broussaille épouvantable.

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    Le coin paraît douillet ? Mais comme l'herbe est blanche et sèche parmi ces brémailles foisonnantes !

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    Mais voici un arbre mort ! Comme son tronc est triste et blanc... Etait-ce un pin, comme on peut en voir derrière lui ? Non, son écorce semble avoir été grise comme l'arbre que l'on voit à sa gauche.

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    Si on le prend de plus près, on pourrait encore lui consacrer un poème, tant il rappelle les marionnettes de Tim Burton dans "L'étange Noël de Monsieur Jack" !

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     Mais voici une petite mare, pour le grand bonheur des nombreux habitants du bois (cerfs, biches, chevreuils et sangliers)... qui malheureusement, tout comme la fameuse "Mare au Diable", sera totalement à sec dans quelques mois.

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   En voici la partie gauche, avec un petit pont pour la "route" forestière sur laquelle nous nous trouvons.

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   Mais quelle est cette voie herbue ouverte entre les bois ? Très probablement les restes d'un passage d'engins utilisés par les forestiers pour aller rechercher les troncs tombés suite aux dernières tempêtes.

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    Encore une drôle de bête issue tout droit des légendes... Un arbre arraché couronné de houx ; tandis qu'au premier plan l'on voit bien les inégalités du terrain avec ce fossé aux flancs moussus.

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    Il est si creux, qu'un peu plus loin une branche a même été posée pour le franchir.

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     Encore d'étranges troncs bien tordus ! On se demande ce qui lui est arrivé, à l'arbre de droite...

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    Là je me trouve face à une jungle des plus étonnantes. Comme un îlot de broussailles entouré d'herbes jaunes.

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   Tout s'explique ! C'est complètement marécageux... Mon chien s'y baigne avec délectation.

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    Encore un arbre bien amoché ! Que s'est-il donc passé ?...

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   Quel est cet enchevêtrement ? De loin, je crois voir une cabane. De près, je ne sais plus trop...

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    Encore un tronc étrangement penché, et de plus, il est multiple, et il y en a plusieurs... Au loin, on dirait une tête de dinosaure !

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     Hélas, si derrière eux celui-ci est droit, il est bel et bien mort ; et par-dessus le lierre qui l'habille, la pointe qu'il darde vers le ciel est sinistre comme un corps sans tête, ou un bilboquet sans sa boule...

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     Je n'ai pu m'empêcher de saisir cet arbre tourmenté... Il est certain que l'hiver permet d'avoir des troncs et des ramures une image infiniment plus saisissante, et la broussaille qui règne partout ajoute au sentiment de désolation que pourtant balaient ces grands pins dressés vers l'azur.

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   Encore une surprise ! Cet arbre à trois troncs (oh ! ce n'est pas une exception, certes), et à sa droite, cet arbre "à genoux".

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    Approchons-nous du second... Quelle difficulté il semble y avoir à pousser dans cette forêt !

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    Tiens, encore un drôle de personnage. Avec son oeil torve, son nez, sa bouche, et la canne qui semble s'appuyer à sa corne frontale, il semble tout droit sorti des premiers Walt Disney.

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   Pour finir (ou presque !), encore une cabane, mais minuscule cette fois : entièrement composée d'herbes, c'est une demeure de lutins, avec son toit de chaume et sa façade moussue.

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    Mais à la sortie du chemin, un chêne superbe, encore au bord d'un fossé, et tout mangé par le lierre.

Par Valentine - Publié dans : Issoudun - Communauté : images du monde
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