Mais tu ne sais d'où Il vient, ni où Il va.
Jean III, 8
En l'écoutant, toi aussi tu peux créer...
(Iegor Reznikoff à l'abbaye du
Thoronet)
"Eurydice !" répercutaient les rives à travers tout le fleuve.
VIRGILE, Géorgiques
(Mort d'Orphée)
Mais tu ne sais d'où Il vient, ni où Il va.
Jean III, 8
En l'écoutant, toi aussi tu peux créer...
(Iegor Reznikoff à l'abbaye du
Thoronet)
Avec la prétendue "Ascension" de Jésus, nous touchons à un mystère.
Jésus serait, dans son corps (déjà mystérieusement "ressuscité" de la mort), monté dans le Ciel. Tout esprit rationnel ne peut que profondément mettre en doute cette affirmation, et il est évident que pour la plupart, ce n'est qu'une croyance plaquée par les fondateurs d'une religion, qui ont de même été imaginer qu'il serait né d'une vierge et sans l'intervention d'un géniteur physique !
Cependant le "mystère" est une porte. Il est un moyen pour notre esprit de basculer d'un système de pensée vers un autre. Il fonctionne un peu comme un "sas", ou comme une écluse... Il exige la "foi", c'est à dire d'adopter un autre mode de perception, celui de l'intuition.
La religion catholique est pleine de ces mystères ! Beaucoup de ceux-ci se rapportent à des sacrements... dont la religion orthodoxe est encore plus fournie que la catholique. En effet, le "sacrement" permet de concrétiser sous une forme physique un mystère en principe inexprimable en ce monde. Y adhérer, c'est comme apprendre à monter à cheval, apprendre à faire du vélo ou à nager : si l'on se raidit dans sa rationalité, on tombe et on est définitivement convaincu que c'est impossible. Mais si l'on épouse le mouvement, si l'on se coule dans le moule, autre chose se déverse en nous qui nous informe du sens caché de la chose... et de même que nager, chevaucher, "cycler" deviennent une seconde nature, de même la compréhension profonde du mystère caché dans le sacrement nous inonde, sans que nous puissions rien en expliquer.
En Grèce existaient autrefois des "religions à mystères" ; les religions druidiques connaissaient aussi de profonds mystères, ainsi que celles des Indiens d'Amérique, mais encore aujourd'hui des sociétés secrètes et certains groupements religieux où les adeptes sont dépositaires d'"objets sacrés" ou appelés à fouler des "lieux sacrés", présentent cette même possibilité de rencontrer un seuil au-delà duquel l'esprit bascule dans un autre mode de fonctionnement.
Pourtant ce que l'on nomme la "foi" est à juste titre sujet à caution, car "ajouter foi " sans discernement à l'affirmation d'un tiers ne peut que conduire à l'erreur, le manque de jugement en ce monde pouvant se révéler dangereux.
Heureusement nous bénéficions tous en profondeur d'une faculté de ressenti qui nous aide à éprouver qu'une signification plus vaste peut être apportée à une imagerie en apparence naïve. Ainsi, en ce qui concerne "l'Ascension" de Jésus, il est possible - une certaine pratique méditative aidant - de concevoir que les disciples de Jésus, après la disparition de celui-ci, auraient pu voir avec les yeux du coeur (et non de façon matérielle) celui-ci remonter jusqu'à la Source qui l'avait manifesté. Et que cette vision ait ouvert en nous une porte, et même un appel, pour que nous suivions le même chemin et nous laissions à notre tour absorber par cette Source de lumière et de force.
Croyez-vous juste de dire qu'il existe un monde extérieur (fragile et dangereux) et
un monde intérieur (sûr et puissant) ? Les yogis en tous cas l'affirment. Ainsi, Aurobindo (cité dans le lien précédent)
dit dans son ouvrage-clé La Vie divine :
« Ce n'est que lorsque le voile est déchiré et le mental divisé dominé, silencieux et passif sous l'action supramentale, que le mental lui-même retourne à la Vérité des choses. Là nous trouvons une mentalité réflectrice, lumineuse, qui obéit et sert d'instrument à l'Idée-réelle divine. Là nous percevons ce qu'est réellement le monde ; nous savons de toutes les manières que nous-mêmes sommes en autrui, qu'autrui est nous-mêmes et que nous sommes tous l'Un universel qui s'est multiplié. Nous perdons la position individuelle rigoureusement séparée qui est la source de toute limitation et de toute erreur » ( La Vie divine, Albin Michel Spiritualités vivantes, tome 1, p.226)
Comme Jésus et bien d'autres nous ayant précédés ou encore présents à nos côtés, Aurobindo a trouvé le "Chemin du retour"... Alors pourquoi ne pas aujourd'hui déposer les armes et nous abandonner à cette grande force joyeuse qui nous appelle et qui nous souffle bien au creux de l'oreille :
"N'aie pas peur ! Tu es déjà sauvé, et tu es dans mon Coeur..."
Voici que nous vivons la période la plus importante du christianisme : hier, Jésus est mort ; et aujourd'hui nous ne savons pas encore que demain, il renaîtra... Nous sommes donc en pleines "ténèbres", période que François Couperin a si bien illustré avec ses "Leçons de Ténèbres". En effet le Christ ne symbolise-t-il pas la Lumière, en même temps que la Vie ?
Aussi cette période n'est-elle pas choisie au hasard : des fêtes païennes l'ont précédée, saluant le retour du Soleil après les Ténèbres de l'hiver, et du Renouveau après les grands froids. Osiris, Perséphone, Dionysos-Zagreus, Adonis ont incarné précédemment cette évocation à l'occasion de leurs mystères.
Jonas recraché par la baleine (cathédrale d'Amiens)
Jésus lui-même annonçait son "passage" à l'occasion d'une conversation relatée par Matthieu (12, 38-40) :
Alors quelques-uns des scribes et des Pharisiens prirent la parole et lui dirent : « Maître, nous désirons que tu nous fasses voir un signe. » Il leur répondit : « Génération mauvaise et adultère ! Elle réclame un signe, et de signe, il ne lui sera donné que le signe du prophète Jonas. De même, en effet, que Jonas fut dans le ventre du monstre marin durant trois jours et trois nuits, de même le Fils de l'homme sera dans le sein de la terre durant trois jours et trois nuits. »
On peut lire en effet cette tribulation du prophète Jonas (revécue plus tard par notre cher Pinocchio qui à travers cette épreuve passe du stade de pantin à celui de "vrai petit garçon", ce qui n'est pas anodin) dans l'Ancien Testament, au Livre des Prophètes.
En ce qui nous concerne, en fait, nous vivons donc aujourd'hui ce que Osho Rajneesh illustrait ainsi dans son tarot zen :
... "La Vacuité", carte très importante puisque située dans les atouts (violets et en chiffres romains). Voici le commentaire qu'il en donne :
« Le passage à vide peut être déroutant et même effrayant. Il n'y a plus rien à quoi se raccrocher, le sens de l'orientation est perdu et pas la moindre indication n'est disponible quant aux options et possibilités à venir. C'est exactement l'état de potentialité pure qui a précédé la manifestation de l'univers. La seule chose à faire est de se détendre, de s'abandonner à cette vacuité, de se laisser happer par ce silence entre deux sons, d'observer l'intervalle entre l'expiration et l'inspiration, et de chérir chaque moment de cette expérience du vide. Quelque chose de sacré va naître. »
En effet, Dimanche il se produit quelque chose d'incroyable ... ou du moins c'est ce que symbolise le message de la fête de Pâques. Dimanche, la mort est vaincue ! Quelqu'un qui était déclaré mort est de nouveau vivant ! (De même que Jonas, englouti par la baleine, en est ressorti vivant).
Evidemment, comme dans le conte de Pinocchio, cet évènement doit être compris au second degré. "Ressusciter", cela arrive certes même de nos jours, quand une personne est tirée d'un coma profond. Mais le message de Pâques va au-delà (et c'est peut-être pourquoi selon Matthieu Jésus aurait ajouté : "Et il y a ici plus que Jonas !"). Bien sûr, il évoque le renouveau, le fait que la vie renaît toujours de ses cendres ; mais si les religions à mystères ont inclus depuis des siècles cette expérience à leurs initiations, c'est que le symbole est plus puissant que cette seule remarque.
Osho vient à notre secours avec une autre carte, la 12e (et ce n'est pas un hasard : 12 est un nombre parfait qui résulte de la multiplication du 3 divin avec le 4 matériel) de sa série d'atouts :
"La Vision Nouvelle", qui traduit la transformation radicale de notre vie. Ecoutons-le :
« La figure de cette lame est en train de renaître, émergeant de ses racines terrestres et acquérant des ailes qui la transporteront vers l'infini. Les formes géométriques qui entourent le corps du personnage montrent les nombreuses dimensions de la vie simultanément disponibles. Le carré représente l'aspect physique de la réalité, la manifestation, ce qui est connu ou connaissable. Le cercle symbolise le non-manifesté, l"esprit, l'espace pur, l'inconnaissable. Le triangle est l'image de la triple nature de l'univers : le manifesté (la réalité accessible aux sens et au mental), le non-manifesté (la réalité inaccessible aux sens et au mental) et l'être humain contenant les deux.
(...) Quand nous parvenons à savoir par notre propre expérience existentielle que la nuit et les difficultés sont aussi nécessaires que le jour et la facilité, nous commençons à avoir une vision nouvelle du monde. En permettant à toutes les couleurs de la vie de pénétrer en nous, nous devenons des êtres intégrés. »
Ce dimanche, Jésus manifeste pour nous une autre réalité : le fait que ce monde-ci, avec la division, la haine et la mort, est peut-être un rêve, une illusion, et que derrière ce voile mensonger la vie divine et l'amour divin ne peuvent cesser d'être. En ce sens, sa "résurrection" (que je conçois plutôt comme une "réapparition", ou son dévoilement sous une autre forme d'être), est pratiquement identique à ce que l'on appelle son "ascension". En effet il est passé à un stade "supérieur" d'existence et en nous apparaissant, nous en montre simplement la voie.
C'est un peu la carte "zéro" de la série d'atouts du Tarot
Zen d'Osho Rajneesh (Le Fou, ou "le Mat").
« D'instant en instant, à chaque pas, le Mat renonce au passé. Il n'emmène que sa pureté, son innocence, sa confiance symbolisées par la rose blanche qu'il tient à la main. Le motif de sa veste contient les couleurs des quatre éléments (...) et indique qu'il est en harmonie avec tout ce qui l'entoure. En ce moment précis, le Mat dispose de l'appui de l'univers qui l'aide à bondir dans l'inconnu. »
Ayant dépassé les barrières du monde matériel, Jésus nous montre la voie. Et pour célébrer ce jour de victoire, je vous invite à partager avec moi cet extrait du psaume 47 de Florent Schmitt - encore une musique très exubérante et émotionnelle ! Mais si j'avais choisi Bach, je l'aurais saisi dans la même veine, un choeur triomphal.
Florent
Schmitt, Psaume 47, début de la 3e partie
Orchestre philharmonique et choeurs de Radio-France
sous la direction de Marek Janowski.
Texte :
« Dieu est monté au milieu des chants de joie ! »
Icône représentant le Christ tirant vers lui les hommes à qui le monde matériel sert de tombeau...
(Image tirée du site d'Agnès Glichitch)
Suite des articles publiés ici et ici.
J'évoquais le "manque ", qui crée une béance dans le coeur et lui permet d'attendre autre chose... Où il se transforme en "absence ", comme dans le magnifique essai de Simone Weil "Attente de Dieu" ("Celui qu'il faut aimer est absent")...
Simone Weil
Bien sûr il ne peut y avoir de bénéfice à cela qu'après un travail d'ouverture du coeur excluant la rancune et le désespoir... Et ce "manque" peut aussi être appelé "imperfection " et se rapprocher du concept bouddhiste de "l'impermanence " (ce qui nous ramène à Faust qui voulait retenir l'instant : "Verweile doch ! Du bist so schön !" "Ne t'enfuis pas ! Tu es si beau !")
C'est pourquoi les instructeurs du Nouvel Âge ou, disons, du nord de l'Amérique à notre époque, après avoir réalisé une sorte d'amalgame entre le christianisme et le bouddhisme, insistent sur la notion de "Pardon".
Pourquoi le christianisme et le bouddhisme ? Parce qu'ils présentent certainement les voies les plus proches de notre façon de sentir, à nous humains des XXe et XXIe siècle. Je trouvais l'autre jour par hasard sur le net cette réaction d'un musulman à l'égard des chrétiens : il prétend que lorsque Jésus nous annonçait "un autre protecteur" - le Paraclet -, il voulait parler de Mahomet. Cette remarque me stupéfie, car je ne vois aucune relation entre ce qu'a apporté Jésus et ce qu'a apporté Mahomet. Comme je le disais dans un précédent article, je considère chaque religion et chaque voie spirituelle comme excellente dans la mesure où elle fait mouche vis-à-vis des personnes auxquelles elle s'adresse : or l'Islam présente, avec ses cinq piliers, des principes excellents, et j'ai une estime particulière pour certains mystiques soufis qui ont certainement été très loin dans la voie de la réalisation. Cependant pour moi cette religion est plutôt en "recul" par rapport au message de Jésus - du moins tel qu'il nous a été rapporté par Rome - et me semble revenir (au risque de faire hurler certains !) au style du judaïsme... Ce sont pour moi des religions adaptées à l'ère du Bélier, qui a précédé l'ère des Poissons (marquée par Jésus que l'on n'a pas surnommé "Poisson "1 pour rien) ; des religions adaptées à une vie nomade et "à l'antique", et non à notre société contemporaine... Il est impossible que l'Islam présente une avancée par rapport au Christianisme, puisque Jésus n'apporte plus un enseignement, mais un comportement, une façon d'être, une identité presque. Il ne nous apprend pas à faire (des prières...), mais à être (le Fils de Dieu)...
Bien sûr, je ne fais plus de la philosophie ici, j'exprime des opinions et j'espère que vous ne m'en voudrez pas. Au contraire, la tribune est ouverte pour vos réponses et réactions.
Mais je reviens au livre qui est à l'origine de mes réflexions : "Et l'Univers disparaîtra" de Gary Renard.
Ce livre, à côté de la Parabole du Fils Prodigue dont je vous parlais au départ, évoque l'allégorie de la Caverne qu'écrivit Platon dans sa République. Aujourd'hui il me semble qu'à la place de cette caverne, pour "moderniser" un peu, l'on pourrait évoquer une maison dans laquelle nous serions enfermés (= l'univers) et des rayons qui passeraient de façon inattendue et épisodique par les carreaux d'une fenêtre. Ces rayons sont des intuitions, ou des signaux, et chacun peut en avoir de différents suivant sa constitution, son caractère. Et c'est à force de rencontrer ces lueurs subites que peu à peu nous nous tournons vers la lumière, découvrant que la vraie vie est ailleurs.
Carte du Tarot Zen d'Osho Rajneesh intitulée "l'ajournement"
Alors je sors de ma philosophie du manque, pour tomber dans une métaphysique de la présence... Mon grand-père, qui était issu d'une famille déchirée par les guerres de religion (protestants contre catholiques) et ne voulait plus entendre parler d'aucune d'entre elles, croyait dans le Dieu de Jean-Sébastien Bach : sa musique l'élevait à une forme de béatitude... d'autant plus grande si l'on comprend les propos du Christ inclus dans les Passions composées par le Kantor.
Il y a tant de mysticisme dans certaines musiques du passé, que l'on comprend que même nous paraissant aujourd'hui insipide, la religion de nos pères a su elle aussi toucher son but. Et si aujourd'hui nous avons besoin d'autres méthodes, d'autres musiques, d'autres instructeurs, ce n'est pas parce que les anciens étaient mauvais ; c'est seulement parce que tout doit être renouvelé !
Jésus devant Pilate - Duccio di Buoninsegna - Sienne
J'ai pourtant l'intention de vous faire entendre un extrait des "Béatitudes
" de César Franck, une oeuvre extrêmement émouvante et qui me touche énormément. Une oeuvre "kitsch" certes, et qui a
longtemps donné à sourire à cause surtout du livret de Mme Colomb (dont le prénom n'est jamais mentionné, mais qui répondait à celui de Joséphine2) considéré comme "de la mauvaise poésie" : cet oratorio inspiré de l'évangile et
composé entre 1869 et 1879 comporte en effet des passages parfois risibles, comme celui où le choeur scande "Poursuivons la richesse avec ardeur ! ", puis "Jouir sans cesse, c'est la
sagesse et le bonheur "; et d'ailleurs le musicien n'y semble pas mieux inspiré que la librettiste... Cependant, comme l'argument s'articule à chaque fois en deux parties, avec dans la
première l'étalage agité du défaut à combattre (ici le désir de s'enrichir) et dans la seconde la parole apaisante de Jésus ("Heureux les pauvres"), la discorde apparente qui anime chaque début
donne plus de relief à la sérénité majestueuse de la conclusion, ce qui au final est bénéfique à l'effet recherché.
Ces "Béatitudes" sont ramenées à huit, les deux dernières étant fondues en une seule ("Heureux les persécutés pour la justice").
Je vous ai réservé un extrait de la 5e, qui date de 1876, et qui justement a trait au Pardon. Comme par hasard, c'est à partir de ce moment que le ton s'élève, tandis que dans le livret lui-même s'ajoutent des partenaires de plus en plus éminents. Ce sera d'abord "l'Ange du Pardon" qui, juste après l'énoncé de la Béatitude par le Christ, exhortera le choeur à évoluer positivement ; puis dans les dernières Béatitudes, nous verrons l'Esprit du Mal, "le Prince de ce monde" (qui à la lueur du livre de Gary Renard ressemblerait finalement beaucoup à l'ego !) se heurter à la magnanimité de Marie, Mère de Jésus, et être finalement anéanti sous la puissance d'amour qui se dégage de cette femme extraordinaire. Aussi ridicule que cela paraisse il s'en dégage une émotion, qui vaut ce qu'elle vaut...
Mais voyons notre 5e béatitude. Je vous en donne le texte ci-dessous, en espérant que vous ne vous contenterez pas de le lire ! En effet, il doit être réinterprété : Dieu n'est pas un juge, c'est nous-même qui nous jugeons. Mais au bout du compte le résultat est le même, puisque lorsque nous parvenons à nous pardonner à nous-même autant qu'à autrui la Paix revient en nous...
Enregistrement de 1990, Orchestre Radio-symphonique de Stuttgard
et la Gächinger Kantorei de Stuttgart sous la direction d'Helmuth Rilling,
avec Diana Montague et Ingeborg Danz, mezzo-sopranos (l'une des deux ici):
voir à cette page. Je ne dis pas que cet enregistrement soit le meilleur,
mais c'est celui que j'ai sous la main...
L'Ange du Pardon
Abjurez (bis) la haine
Et l'inimitié !
Que votre âme apprenne
La sainte pitié !
Et quand le Tout-Puissant
Viendra, juge sévère,
Punir les crimes de la Terre,
Humbles mais confiants
Vous lui direz : "Seigneur,
Grâce pour le pécheur ! (bis)
Par ma vie entière
Je suis condamné ;
Mais pourtant j'espère
Car j'ai pardonné."
Et Dieu, désarmant sa colère
Exaucera votre prière. (bis)
Le Choeur
Heureux à jamais
Les miséricordieux... (etc.)
1 Les premiers chrétiens représentaient Jésus comme un "poisson" à cause de la signification cachée de ce mot en grec ("ictus", j'omets le "h" que l'on associe généralement au "c" pour simplifier les choses) : en effet chaque lettre est l'initiale d'un autre mot grec, le tout formant la formule "Jésus Christ Fils (de) Dieu Sauveur".
2 Selon Joël-Marie Fauquet, auteur d'un "César Franck" paru chez Fayard en 1999, elle se nommait
Joséphine-Blanche Bouchet et serait l'épouse de Casimir Colomb, enseignant au lycée de Versailles et ami du compositeur. Née en 1833 elle aurait donc composé ce livret à la
demande de Franck à l'âge de 35 ans environ. On y sent très vivement la sensibilité féminine, qui ne s'embarrasse pas de subtilités sophistiques et se cantonne dans l'émotion immédiate et
l'imagerie enfantine - ce que décriait vivement Debussy, affirmant que Franck avait gâché toute sa partition en acceptant d'un tel texte.
Aux éditions Stellamaris vient de paraître mon recueil
Renaître.
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Parvenue à son n°9, Shi-zen, ou "le féminin éthique et pas toc", est un magazine attrayant écrit par des femmes mais aussi par des hommes, pour des femmes mais aussi pour des hommes, dans une optique résolument écologique (imprimée sur papier recyclé bien sûr).
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