Mais tu ne sais d'où Il vient, ni où Il va.
Jean III, 8
En l'écoutant, toi aussi tu peux créer...
(Iegor Reznikoff à l'abbaye du
Thoronet)
"Eurydice !" répercutaient les rives à travers tout le fleuve.
VIRGILE, Géorgiques
(Mort d'Orphée)
Mais tu ne sais d'où Il vient, ni où Il va.
Jean III, 8
En l'écoutant, toi aussi tu peux créer...
(Iegor Reznikoff à l'abbaye du
Thoronet)
Suite des articles publiés ici et ici.
J'évoquais le "manque ", qui crée une béance dans le coeur et lui permet d'attendre autre chose... Où il se transforme en "absence ", comme dans le magnifique essai de Simone Weil "Attente de Dieu" ("Celui qu'il faut aimer est absent")...
Simone Weil
Bien sûr il ne peut y avoir de bénéfice à cela qu'après un travail d'ouverture du coeur excluant la rancune et le désespoir... Et ce "manque" peut aussi être appelé "imperfection " et se rapprocher du concept bouddhiste de "l'impermanence " (ce qui nous ramène à Faust qui voulait retenir l'instant : "Verweile doch ! Du bist so schön !" "Ne t'enfuis pas ! Tu es si beau !")
C'est pourquoi les instructeurs du Nouvel Âge ou, disons, du nord de l'Amérique à notre époque, après avoir réalisé une sorte d'amalgame entre le christianisme et le bouddhisme, insistent sur la notion de "Pardon".
Pourquoi le christianisme et le bouddhisme ? Parce qu'ils présentent certainement les voies les plus proches de notre façon de sentir, à nous humains des XXe et XXIe siècle. Je trouvais l'autre jour par hasard sur le net cette réaction d'un musulman à l'égard des chrétiens : il prétend que lorsque Jésus nous annonçait "un autre protecteur" - le Paraclet -, il voulait parler de Mahomet. Cette remarque me stupéfie, car je ne vois aucune relation entre ce qu'a apporté Jésus et ce qu'a apporté Mahomet. Comme je le disais dans un précédent article, je considère chaque religion et chaque voie spirituelle comme excellente dans la mesure où elle fait mouche vis-à-vis des personnes auxquelles elle s'adresse : or l'Islam présente, avec ses cinq piliers, des principes excellents, et j'ai une estime particulière pour certains mystiques soufis qui ont certainement été très loin dans la voie de la réalisation. Cependant pour moi cette religion est plutôt en "recul" par rapport au message de Jésus - du moins tel qu'il nous a été rapporté par Rome - et me semble revenir (au risque de faire hurler certains !) au style du judaïsme... Ce sont pour moi des religions adaptées à l'ère du Bélier, qui a précédé l'ère des Poissons (marquée par Jésus que l'on n'a pas surnommé "Poisson "1 pour rien) ; des religions adaptées à une vie nomade et "à l'antique", et non à notre société contemporaine... Il est impossible que l'Islam présente une avancée par rapport au Christianisme, puisque Jésus n'apporte plus un enseignement, mais un comportement, une façon d'être, une identité presque. Il ne nous apprend pas à faire (des prières...), mais à être (le Fils de Dieu)...
Bien sûr, je ne fais plus de la philosophie ici, j'exprime des opinions et j'espère que vous ne m'en voudrez pas. Au contraire, la tribune est ouverte pour vos réponses et réactions.
Mais je reviens au livre qui est à l'origine de mes réflexions : "Et l'Univers disparaîtra" de Gary Renard.
Ce livre, à côté de la Parabole du Fils Prodigue dont je vous parlais au départ, évoque l'allégorie de la Caverne qu'écrivit Platon dans sa République. Aujourd'hui il me semble qu'à la place de cette caverne, pour "moderniser" un peu, l'on pourrait évoquer une maison dans laquelle nous serions enfermés (= l'univers) et des rayons qui passeraient de façon inattendue et épisodique par les carreaux d'une fenêtre. Ces rayons sont des intuitions, ou des signaux, et chacun peut en avoir de différents suivant sa constitution, son caractère. Et c'est à force de rencontrer ces lueurs subites que peu à peu nous nous tournons vers la lumière, découvrant que la vraie vie est ailleurs.
Carte du Tarot Zen d'Osho Rajneesh intitulée "l'ajournement"
Alors je sors de ma philosophie du manque, pour tomber dans une métaphysique de la présence... Mon grand-père, qui était issu d'une famille déchirée par les guerres de religion (protestants contre catholiques) et ne voulait plus entendre parler d'aucune d'entre elles, croyait dans le Dieu de Jean-Sébastien Bach : sa musique l'élevait à une forme de béatitude... d'autant plus grande si l'on comprend les propos du Christ inclus dans les Passions composées par le Kantor.
Il y a tant de mysticisme dans certaines musiques du passé, que l'on comprend que même nous paraissant aujourd'hui insipide, la religion de nos pères a su elle aussi toucher son but. Et si aujourd'hui nous avons besoin d'autres méthodes, d'autres musiques, d'autres instructeurs, ce n'est pas parce que les anciens étaient mauvais ; c'est seulement parce que tout doit être renouvelé !
Jésus devant Pilate - Duccio di Buoninsegna - Sienne
J'ai pourtant l'intention de vous faire entendre un extrait des "Béatitudes
" de César Franck, une oeuvre extrêmement émouvante et qui me touche énormément. Une oeuvre "kitsch" certes, et qui a
longtemps donné à sourire à cause surtout du livret de Mme Colomb (dont le prénom n'est jamais mentionné, mais qui répondait à celui de Joséphine2) considéré comme "de la mauvaise poésie" : cet oratorio inspiré de l'évangile et
composé entre 1869 et 1879 comporte en effet des passages parfois risibles, comme celui où le choeur scande "Poursuivons la richesse avec ardeur ! ", puis "Jouir sans cesse, c'est la
sagesse et le bonheur "; et d'ailleurs le musicien n'y semble pas mieux inspiré que la librettiste... Cependant, comme l'argument s'articule à chaque fois en deux parties, avec dans la
première l'étalage agité du défaut à combattre (ici le désir de s'enrichir) et dans la seconde la parole apaisante de Jésus ("Heureux les pauvres"), la discorde apparente qui anime chaque début
donne plus de relief à la sérénité majestueuse de la conclusion, ce qui au final est bénéfique à l'effet recherché.
Ces "Béatitudes" sont ramenées à huit, les deux dernières étant fondues en une seule ("Heureux les persécutés pour la justice").
Je vous ai réservé un extrait de la 5e, qui date de 1876, et qui justement a trait au Pardon. Comme par hasard, c'est à partir de ce moment que le ton s'élève, tandis que dans le livret lui-même s'ajoutent des partenaires de plus en plus éminents. Ce sera d'abord "l'Ange du Pardon" qui, juste après l'énoncé de la Béatitude par le Christ, exhortera le choeur à évoluer positivement ; puis dans les dernières Béatitudes, nous verrons l'Esprit du Mal, "le Prince de ce monde" (qui à la lueur du livre de Gary Renard ressemblerait finalement beaucoup à l'ego !) se heurter à la magnanimité de Marie, Mère de Jésus, et être finalement anéanti sous la puissance d'amour qui se dégage de cette femme extraordinaire. Aussi ridicule que cela paraisse il s'en dégage une émotion, qui vaut ce qu'elle vaut...
Mais voyons notre 5e béatitude. Je vous en donne le texte ci-dessous, en espérant que vous ne vous contenterez pas de le lire ! En effet, il doit être réinterprété : Dieu n'est pas un juge, c'est nous-même qui nous jugeons. Mais au bout du compte le résultat est le même, puisque lorsque nous parvenons à nous pardonner à nous-même autant qu'à autrui la Paix revient en nous...
Enregistrement de 1990, Orchestre Radio-symphonique de Stuttgard
et la Gächinger Kantorei de Stuttgart sous la direction d'Helmuth Rilling,
avec Diana Montague et Ingeborg Danz, mezzo-sopranos (l'une des deux ici):
voir à cette page. Je ne dis pas que cet enregistrement soit le meilleur,
mais c'est celui que j'ai sous la main...
L'Ange du Pardon
Abjurez (bis) la haine
Et l'inimitié !
Que votre âme apprenne
La sainte pitié !
Et quand le Tout-Puissant
Viendra, juge sévère,
Punir les crimes de la Terre,
Humbles mais confiants
Vous lui direz : "Seigneur,
Grâce pour le pécheur ! (bis)
Par ma vie entière
Je suis condamné ;
Mais pourtant j'espère
Car j'ai pardonné."
Et Dieu, désarmant sa colère
Exaucera votre prière. (bis)
Le Choeur
Heureux à jamais
Les miséricordieux... (etc.)
1 Les premiers chrétiens représentaient Jésus comme un "poisson" à cause de la signification cachée de ce mot en grec ("ictus", j'omets le "h" que l'on associe généralement au "c" pour simplifier les choses) : en effet chaque lettre est l'initiale d'un autre mot grec, le tout formant la formule "Jésus Christ Fils (de) Dieu Sauveur".
2 Selon Joël-Marie Fauquet, auteur d'un "César Franck" paru chez Fayard en 1999, elle se nommait
Joséphine-Blanche Bouchet et serait l'épouse de Casimir Colomb, enseignant au lycée de Versailles et ami du compositeur. Née en 1833 elle aurait donc composé ce livret à la
demande de Franck à l'âge de 35 ans environ. On y sent très vivement la sensibilité féminine, qui ne s'embarrasse pas de subtilités sophistiques et se cantonne dans l'émotion immédiate et
l'imagerie enfantine - ce que décriait vivement Debussy, affirmant que Franck avait gâché toute sa partition en acceptant d'un tel texte.
Suite de l'article commencé ici.
Toulouse - Basilique Saint-Sernin
Il y a quelques années, j'eus le bonheur de côtoyer à Toulouse une religieuse remarquable qui était très âgée (elle est aujourd'hui décédée) mais continuait de s'occuper activement de la "banque alimentaire" dans une cité défavorisée.
Elle nous reçut à son domicile et nous bavardâmes quelque temps avec elle. Energique, elle était vêtue comme tout un chacun (ou plutôt : chacune)1. Au fil de la conversation, nous eûmes la curiosité de lui demander si elle avait jamais été tentée dans sa vie par l'amour d'un homme. Et sa réponse, d'une profonde sagesse, nous sidéra.
- Bien sûr, disait-elle, il m'est arrivé de trouver une homme "beau"... Mais je n'ai pas
eu besoin de réfléchir longtemps pour me rendre compte que jamais il ne pourrait satisfaire ma soif d'amour ! Vous savez, l'amour humain est bien médiocre et on en a bien vite fait le tour...
Toujours, la déception finit par surgir. Que voulez-vous trouver sur cette terre qui ne soit imparfait, décevant ? Nous sommes faits pour l'amour de Dieu, et lui seul peut nous satisfaire. Alors,
pourquoi entrer dans une histoire qui de toutes façons aurait mal fini ? Cela ne m'a jamais vraiment tentée... Voyez-vous, le Ciel est notre véritable patrie, et lorsque nous croyons aimer,
en réalité c'est le souvenir de l'amour de Dieu qui nous anime. L'amour humain portera toujours un parfum d'incomplétude... Alors moi qui suis une grande passionnée, une adepte du "tout ou rien",
cela ne m'a pas du tout intéressée !
Ces paroles ne me quittent plus désormais. Je songe aux passions qui ont bouleversé ma vie, aux aspirations si puissantes qui me soulevaient le coeur, alors qu'elles étaient toutes vouées à l'échec, s'achevant systématiquement par une claque monumentale ; à cette amie qui m'avait confié : "Que veux-tu, la vie est ainsi faite : j'aime qui ne m'aime pas, et qui en aime une autre qui ne l'aime pas, et ainsi de suite, comme dans l'Andromaque de Racine !" Révoltée, je n'avais pas voulu la croire, et pourtant, d'échec en échec j'avais été obligée d'en chercher la raison, d'abord dans un travail sur soi d'inspiration psychanalytique, puis de fil en aiguille dans les voies spirituelles.
Guérin - Andromaque et Pyrrhus (1810)
En effet, l'Amour est le moteur le plus puissant de notre retour à Dieu. Il est l'unique énergie qui nous vienne en droite ligne de Lui, et dans ce monde limité où règnent misère et chaos, il porte nos aspirations les plus puissantes à retrouver l'état de béatitude connu initialement en son sein.
C'est du moins la première remarque qui m'ait vraiment frappée dans le livre de Gary Renard, lorsque l'accent fut porté sur la Parabole du Fils prodigue, parabole extrêmement riche de sens en séduisante il est vrai. A elle seule elle traduirait toute notre destinée. Ce "fils prodigue" serait en fait le symbole de tous les esprits qui un jour, lassés peut-être du simple échange d'amour qui circulait au sein de Dieu, se seraient différenciés et de ce fait auraient endossé l'ego, les jetant dans une spirale infernale de divisions successives qui au bout du compte aurait créé tout notre Univers... Tombés dans ce monde "étranger" (qui serait donc, non la création de Dieu mais celle de l'Ego !), ils auraient d'abord "joué" avec délices de leur "liberté", puis auraient ressenti un MANQUE profond, dû à la nature duelle de leur univers, qui fait que tout bonheur engendre souffrance, que toute vie est suivie de mort... et auraient aspiré à revenir "à la maison". Et à ce moment, affirme Jésus, le Père leur ouvre les bras et les accueille avec un amour indescriptible, comme si jamais ils n'avaient cherché à le quitter. Remarque importante si l'on sait que l'arme principale de l'ego est de nous inspirer la culpabilité, qui engendre la peur du châtiment. Or Dieu, qui est tout amour et uniquement cela, ne peut châtier ; seul l'Univers séparé le peut.
Le Retour du Fils Prodigue (1670-74) - Bartolomé Esteban Murillo.
Je me suis alors souvenue de toutes les incomplétudes de cette vie : il manque toujours quelque chose ! Il manque de l'argent ; il manque de la santé ; il manque de l'amour ; il manque de l'intelligence, des connaissances ; il manque des moyens, de la force ; il manque un enfant ; il manque des objets, des possibilités ; ou on a oublié quelque chose, il y a quelque chose que l'on ne sait pas, que l'on ne connaît pas... Le manque est partout ! "Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé ", pourrait-on dire ici pour rappeler le grand poète mystique qu'était Lamartine ! (voir ici, l'Isolement). Oui, dans son cas et dans certains autres (celui de l'amour "courtois" des troubadours, ou de l'amour dit "platonique" à l'image des thèses du philosophe Platon), l'on peut projeter sur un être profondément idéalisé tout l'amour que l'on ressent, et alors la personne représente Dieu en quelque sorte, mais un Dieu lointain, inaccessible... ce qui entretient forcément dans le coeur le sentiment de séparation dont tôt ou tard on peut souffrir.
C'est par cette faille cependant et seulement par elle que peut s'immiscer le désir profond et sincère de sortir de la "roue" des illusions pour revenir à la demeure initiale.
La vue des malheurs, des désastres consterne ; la constatation des misères, de la mort, effraie. Ces maux ont pourtant décidé le Bouddha Gautama à cesser d'investir son énergie en ce monde et à la tourner vers l'intérieur. On dit qu'il s'est ainsi réalisé, qu'il a trouvé la Paix puis l'Eveil. Il y a bien des voies pour revenir à Dieu.
Mais je pense que la voie de l'Amour est plus puissante encore, à condition que celui-ci soit complètement désillusionné par rapport à ce monde et n'en attende rien : à condition qu'il soit donc parfaitement "désintéressé". En effet, comme Jésus le rappelle sans cesse, l'autre est aussi moi-même. La voie du retour, pour casser l'ego et ses murailles, passe par la fusion des esprits qui à l'origine et au bout du compte sont tous UN.
Mais l'amour est aussi ce que l'on ressent fugitivement devant ce qui nous paraît "parfait", et qui n'est qu'une étincelle de souvenir de notre état antérieur : un paysage superbe, aujourd'hui la lumière et les couleurs du printemps, une musique magnifique, un bonheur intense, la contemplation d'un mystère indicible (comme la structure cachée de l'Univers)... En effet, en tant qu'enfants de Dieu nous avons hérité de ses qualités et en avons imprégné le monde que nous nous sommes construit. Mais ces beautés restent marquées, comme le soulignent les bouddhistes, par "l'impermanence ". Elles n'interviennent que fugitivement car notre état de séparation nous impose d'en connaître aussi l'opposé : c'est-à-dire la laideur, la perte, la confusion, la discorde...
Méphistophélès offrant ses services à Faust - lithographie d'Eugène Delacroix.
Ce n'est pas un hasard si, dans son "Faust", Goethe indiqua que son héros ne pourrait tomber dans les griffes du diable tant qu'il demeurerait insatisfait (voir
ici, à la toute fin). C'est ainsi que le rusé docteur, que les recherches intellectuelles avaient lassé et qui avait
décidé d'utiliser ses pouvoirs pour s'asservir un diablotin apte à lui offrir tous les plaisirs du monde, pensait échapper à la damnation promise : en n'étant jamais content de rien ! Le "manque"
à lui seul assure, non seulement l'échec du démon (gouverneur du monde manifesté et peut-être aussi visage de l'ego), mais aussi le lien indéfectible à Dieu en tant que "Père", ou plutôt
même le cordon ombilical reliant l'esprit humain à la matrice originelle qui pourquoi pas pourrait nous aspirer pour retourner en elle (sens de l'image représentée en couverture de "Et
l'Univers disparaîtra...") ?
1 Allusion en
passant au fait que porter la burka en ville n'a pas de sens, nos religieuses voilées ayant fait voeu de silence et de retraite totale mais ôtant leur voile si elles viennent à quitter cette
retraite et ce silence.
Depuis longtemps, plongée dans la grisaille et ressassant des soucis divers - ou d'hiver ! - (bien maigres par rapport aux souffrances de certains, mais l'être humain est ainsi fait qu'il trouve toujours matière à lamentation), je priais intérieurement pour retrouver une lecture ou un enseignement inspirant. Ce qui ne m'apportait que plus d'agacement lorsque mes lectures restaient ternes, pitoyables ou ardues.
C'est alors qu'au gré des blogs (eh oui ! Il ne faut pas renier l'aspect relationnel de ce mode d'expression qui, contrairement à quelques idées courantes, permet à la longue une fréquentation réelle de certaines personnes et donc des échanges pouvant devenir profonds et fructueux) je découvris chez Jipé la physicienne Jacqueline Bousquet, puis son site ARSITRA ("Art, Science et Tradition").
Cette femme remarquable et extraordinairement simple, retraitée du CNRS (voir ici son cursus), exprime dans ses passionnantes conférences sa découverte (partagée avec tant d'autres depuis "le Tao de la Physique" de Fritjof Capra) que l'univers est totalement subjectif, une projection de l'esprit en quelque sorte, et démontre que les bases de la Kabbale correspondent de façon évidente avec la composition de l'Univers, comme si autrefois des Maîtres éclairés avaient déjà su exprimer par des nombres seuls la structure même du monde qui nous entoure. A cette occasion elle renvoie l'auditeur à différents livres, les uns sur la Kabbale, les autres sur la Bible, d'autres enfin plus récents sur notamment le pouvoir du Pardon. On trouve sur son site un relevé de ces ouvrages - tous analysés par ses soins - à cette page.
Ayant reçu (mystérieusement) en cadeau un bon d'achat valable sur certains sites d'internet, je tentai de me procurer l'une de ces lectures, écartant le livre que je possède déjà ("le Pouvoir du Moment Présent" d'Eckhart Tolle, qui il est vrai m'avait beaucoup marquée) et ceux concernant l'âme des animaux, pour me tourner davantage vers les livres de la physicienne elle-même ou ceux traitant de la Bible ou de la Kabbale.
Introuvables : ils étaient déjà épuisés... Ici je dois ajouter que jusque dans les années
90 j'ai habité Paris (où je consacrais quelques heures chaque mercredi à éplucher les rayons de la Fnac), puis à proximité d'une librairie ésotérique (où je détaillais régulièrement les
nouveautés), alors que depuis une bonne dizaine d'années je n'ai plus d'accès à ce qui paraît et ne peux découvrir de nouvelles lectures que par personne interposée... ou par hasard. Mais cette
remarque toutefois ne suffit pas à expliquer que je découvre maintenant des écrits qui semble-t-il avaient déjà été diffusés dès les années 70 : en fait on trouve lorsque l'on doit trouver, c'est
aussi simple que ça.
Donc, écartant également le livre sur "le programme secret Hawaïen" qui me paraissait "un peu fou" (Zéro limite), je me décidai pour le livre de Gary Renard "Et l'univers disparaîtra" (en anglais : "The disappearance of the Universe"), ou "La nature illusoire de notre réalité et le pouvoir transcendant du véritable Pardon". Avec tout ce que l'on raconte aujourd'hui autour de 2012 et de la prophétie des Mayas, j'imaginais qu'il évoquait comment nous, humains de nature spirituelle, pourrions nous évader d'un univers subitement explosé.
Lorsque je vis qu'il émanait des éditions "Ariane", je me sentis un peu déçue. Cette édition spécialisée dans le channeling m'inspirait certaines craintes, et à vrai dire depuis longtemps j'avais abandonné avec une certaine suspicion la lecture de ces ouvrages prétendument dictés par des "êtres supérieurs". J'avais pourtant aimé les deux livres que j'avais lus de la série "Kryeon", de même que, côté "français", les livres parus chez Arista puis Amrita d'Anne et Daniel Meurois-Givaudan. Mais je trouvais que cela faisait beaucoup de "guides", et que tout cela était bien compliqué !
Et en effet, là encore l'auteur recevait la visite de guides (qu'il appelle "maîtres ascensionnés"), et le contenu de leurs entretiens prenait parfois un aspect un peu risible car, outre le parti pris de gaieté et d'humour affiché par le narrateur, la traduction adoptait par moment des expressions bizarres (des formules canadiennes ?).
Pourtant...
Mamadomi, qui connaît à fond l'Evangile de Thomas - du moins dans l'interprétation qu'en a donnée Jean-Yves Leloup -, serait plus à même que moi d'en parler, puisque comme je le découvris ce livre envisageait de s'inspirer de cet écrit (la réincarnation de Thomas serait présente pour corriger les éléments "faussés" par Rome dans la vie et le message de Jésus...).
La méfiance est un état naturel de notre esprit mental, et d'ailleurs elle est nécessaire (Descartes ne l'a pas affirmé en vain !). Mais la critique de la religion romaine n'est plus une idée surprenante de nos jours : bien au contraire, les travaux des historiens montrent à quel point il est impossible de ne pas s'interroger sur les libertés prises par les fondateurs de cette religion pour assurer leur puissance et leur infaillibilité.
Peu à peu, le contenu de cet ouvrage s'est mis à "me parler". Et c'est pourquoi en fait je ne vous en ferai ni un résumé, ni un inventaire de citations. Au contraire, le titre que j'ai choisi pour cet article en est bien éloigné... puisqu'il s'appuie sur ma propre expérience.
En matière de spiritualité, ce genre de livre n'est pas destiné à nous informer ; pas plus qu'à nous enseigner certaines choses. Peut-être, plus jeune, ai-je lu pour m'informer, ou pour découvrir des recettes, des "techniques" de travail sur soi. Mais il s'agit là d'un livre qui "inspire". Autrement dit, qui ne s'adresse pas au mental mais à une part très profondément enfouie en nous, que l'on peut appeler "coeur", "âme", "esprit supérieur" comme l'on veut, et qui saisit d'emblée ce dont il a besoin en quelque sorte pour se nourrir...
J'ajoute que je suis loin d'avoir lu le livre en son entier ! Je n'en suis qu'au début : à une centaine de pages sur 436, soit dans la première partie alors que la seconde semble beaucoup plus consistante. Le livre se veut un commentaire d'un autre ouvrage intitulé "Un cours en miracles", dont j'ai entendu parler accessoirement, sans jamais penser utile de m'y intéresser... Mais peut-être va-t-il m'y conduire ?
Je vais donc reprendre ici ma propre réflexion.
Met-on du vin nouveau dans de vieilles outres ? disait Jésus quelque part.
Non ! Donc il est juste aussi qu'aujourd'hui l'on cherche de nouveaux vecteurs de communication pour diffuser l'enseignement spirituel.
Non parce que la vérité a changé : mais parce que NOUS avons changé, le monde a changé, et que nous avons besoin de formules neuves, d'images neuves, de procédés nouveaux pour que la vérité pénètre jusqu'à notre "âme" profonde. En effet la vérité est vivante, comme nous, donc toujours neuve, éternellement neuve.
C'est d'ailleurs pourquoi il y a toujours eu de nouvelles religions ; ou des sectes d'allure religieuse ; ou des philosophies initiatiques, des voies spirituelles ; parce qu'à toutes les époques de tous les âges il y a toujours eu des hommes éclairés qui ont tendu la main vers leurs semblables pour leur montrer la voie - une voie, celle leur paraissant la mieux adaptée à la nature de leurs frères et à leur façon de fonctionner. Croire que le monde évolue est une erreur : il change, certes, mais non pas la nature humaine. C'est pourquoi à quelque époque que ce soit il y a toujours eu des guerres, des maladies, des catastrophes. Quoi que l'on fasse, et quelque progrès que fasse la science... Et simultanément il y a toujours eu des guides, des maîtres plus avancés.

Il est ridicule ainsi de croire que le monde a rampé dans les ténèbres de l'ignorance jusqu'à l'arrivée de "Jésus-Christ", en l'an 0 de l'ère 0, début et commencement de tout !! Comme on le sait depuis au moins le début du XXe siècle avec le célèbre livre d'Edouard Schuré "Les Grands Initiés", les maîtres de sagesse ont abondé à toutes les époques, et la seule particularité de celui que l'on appelle Jésus a été que son message présente une force particulière, à la fois par sa méthode (une grande simplicité et la primauté de l'amour) et par le fait que sa vie elle-même est message. Cependant j'ajouterai avec prudence que nous le ressentons ainsi parce que nous avons été élevés dans son culte et qu'il nous est plus familier...
Pourquoi évoquais-je une "philosophie du manque" ? Je crois que cela fera l'objet
d'un prochain article, car celui-ci est déjà fort long et je ne veux pas abuser de votre patience. A demain donc !
Aux éditions Stellamaris vient de paraître mon recueil
Renaître.
Vous pouvez le feuilleter et vous le procurer à cette page.

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Parvenue à son n°9, Shi-zen, ou "le féminin éthique et pas toc", est un magazine attrayant écrit par des femmes mais aussi par des hommes, pour des femmes mais aussi pour des hommes, dans une optique résolument écologique (imprimée sur papier recyclé bien sûr).
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