Lundi 4 février 2008
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Et si mourir, c'était simplement quitter son corps et le déposer comme un vêtement lorsqu'on est fatigué
? Et si en se balançant, le vertige aidant, on pouvait soudain se retrouver... au-dessus de son corps ?
C'est une question que je me suis posée il y a quelque temps et qui a motivé ce poème, que j'avais publié au début de ce blog mais qui n'avait pas été lu.
Au jeu des balançoires
Il a perdu son âme…
Ou n’est-ce pas auparavant,
Tandis qu’enfouie au fond de lui
Il la tenait captive,
Muette et oubliée,
Qu’il en était privé ?
Et voici qu’à force de rire
A gorge déployée
Sur un morceau de bois agité dans les airs,
Atterrissant et décollant sans cesse
En un piqué-levé,
En une chute-élévation,
Allant, venant,
Poussé, chassé,
Il ne fut plus qu’un ample mouvement,
Que vitesse envolée,
Que va-et-vient charmé,
Qu’emportement ravi…
Et soudain,
Son âme s’échappa comme l’eau s’évapore
Et s’immobilisa à le regarder vivre,
Ailes déployées,
Superbe comme un lys
Dressé dans le soleil couchant…
Défaillant, à sa corde agrippé,
Il vit le soir doré
Superbement s’épandre,
Et il sentit les arbres exhaler leur odeur,
Tandis que peu à peu
Leurs effluves le pénétraient…
Et le rayonnement secret du soir,
Comme une nourriture exquise
Entra dans sa respiration,
Y demeura comme en suspens,
S’y déploya…
En un instant,
Il se sentit égal au paysage,
Rire égrené sur fraîcheur répandue,
Et chute suspendue ;
Alors son corps fut si sensible
Qu’il le posa sur le gazon.
J'avais écrit ce poème pour la mort de mon grand-père. Aujourd'hui juste après l'avoir
publié, j'apprends que mon amie Martine vient de perdre son père. Etonnante coïncidence ! Je le lui offre
donc.
Par Martine Maillard
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Publié dans : Poèmes mystiques
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Vendredi 21 décembre 2007
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22:26
Il y a quelques années, alors que j'étais plongée dans l'étude de la
Vision Rosicrucienne du monde selon Max Heindel, je fus frappée par une affirmation de ce grand maître mystique, qui
disait en substance :
"Il n'y a pas de méditation plus profonde et plus fructueuse que celle sur "le Coeur du Grand Silence".
Vous devez vous y exercer le plus souvent possible."
Je me décidai donc, entreprenante comme je
l'étais à cette époque, à méditer sur "le Coeur du Grand Silence" et à en faire un poème.
Aujourd'hui encore je pense que je n'aurais pu faire mieux, et que cette méditation est proche de celle
qu'aimait "Mère" (ou Mirra Alfassa, la collaboratrice de Sri Aurobindo), si l'on en croit son disciple Satprem :
"Om namo Baghavate". Même si le sens littéral évoque plutôt "Je m'incline devant toi, Très Saint...", sur le plan de la
résonance intérieure on retrouve un atmosphère similaire, cette adoration d'un point aussi élevé qu'indéfini.
Je dédiai ce poème à mon père, qui venait
d'être hospitalisé pour de graves problèmes cardiaques, dans l'espoir qu'il ait sur lui une vertu curative.
Aujourd'hui il me semble avoir toute sa place au coeur de la nuit profonde de l'hiver.
O Grand Silence
O Source Pure dans le Grand
Silence
O Cœur si blanc replié sur toi-même
O Cœur si blanc aux ailes de
Colombe
O Source fraîche au délicieux murmure
Qui t’écoules sans trêve au
sein du Grand Silence
O douce et neuve et régulière Source
Au Cœur du Grand
Silence
Jaillie du Cœur si blanc aux ailes de Colombe
Recueillies en attente à demi repliées
Au Cœur du Grand
Silence
O Lumière immobile
O douces ailes d’ange à demi
déployées
O Cœur du Grand Silence
En
illustration, une toile de Valérie Vickland, "la Montagne Magique"
aux
éditions "le Chant des Toiles" (cartes postales)
Pour accompagner ce moment d'adoration, je vous
propose de réécouter cette improvisation de moi au piano, que j'ai intitulée "A la mémoire d'un Yogi".
(Martine Maillard - Tous droits réservés)
Par Martine Maillard
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Publié dans : Poèmes mystiques
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Mercredi 2 mai 2007
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13:50
Le château de Fougères
C’était dans un château qui n’avait plus de toit
Un très vieux château fort qui m’était sympathique
Il était haut perché on marchait à l’étroit
On longeait des ravins d’une hauteur tragique
Les soleil était chaud le ciel était serein
Le paysage au loin était bleu et tranquille
J’aimais le fier donjon pour son air souverain
Des églises sans nombre émergeaient de la ville
Le guide m’ennuyait il faisait l’important
J’eus voulu être libre et je suivais derrière
Nous n’avions rien pu voir de très intéressant
Au sommet du donjon j’arrivai la dernière
La vue était si belle et si grand le soleil
J’étais tout près du ciel qui me lançait des flammes
J’étais tout au sommet du fort de son orgueil
Mes cheveux rayonnaient la clarté de mon âme
Je me suis avancée et j’ai sauté au ciel
J’ai bondi en avant au-dessus de la terre
J’ai crié Olivier et ce fut éternel
Je volais je tombais tombais dans la lumière
Je tombai très longtemps c’était délicieux
Je volais dans les airs j’étais une colombe
Mon être était léger il aspirait aux cieux
Je m’abattais au sol comme un oiseau qui tombe
Ce fut un choc brutal et puis la nuit soudain
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J’étais là au milieu des ténèbres profondes
J’étais toute légère et j’en cherchais la fin
Tout était silencieux désert étrange monde
Et tout à coup je vis les étoiles au ciel
Elle venaient à moi elles m’éblouissaient
Et la nuit s’embrasa d’un feu surnaturel
Tout le ciel s’enflamma les étoiles passaient
Ce fut épouvantable et ce fut délicieux
Ce fut un tourbillon de chaleur de lumière
Ce fut un grand frisson qui agita les cieux
Une flamme brûlante et un bruit de tonnerre
Quand je rouvris les yeux que cela fut passé
Tout était devenu une lumière immense
Le monde de la nuit avait été chassé
L’univers était plein d’une chaude présence
Tout mon être goûtait une étrange douceur
Je m’abandonnais à une ivresse légère
Comme si j’avais là touché au vrai bonheur
Que depuis si longtemps je cherchais sur la terre
Je flottais je nageais dans une mer de feu
Des vagues de tendresse étouffaient ma poitrine
Mon esprit oublia que j’étais peu si peu
Et de ces voluptés je cherchai l’origine
Le Tout qui m’avait prise était donc un grand roi
Puisque malgré ce rapt il me rendait heureuse
Il devait habiter depuis longtemps en moi
Car j’aspirais à lui j’en étais amoureuse
Je creusai mon esprit plus avant pour savoir
Qui possédait mon cœur autrefois sur la terre
Et le mot éternel jaillit d’un grand trou noir
Olivier Olivier Olivier ma lumière
C’est pourquoi mes désirs s’étaient soudain calmés
C’est pourquoi j’éprouvais ici un tel bien-être
De douces voluptés m’endormaient à jamais
J’étais retournée au sein du soleil mon maître
Par Martine Maillard
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