L'Âme du poète

"Eurydicen !" toto referebant flumine ripae.

"Eurydice !" répercutaient les rives à travers tout le fleuve.

VIRGILE, Géorgiques

(Mort d'Orphée)

Syndication

  • Flux RSS des articles

Recherche

Présentation

  
L'Esprit souffle où Il veut ; et tu entends sa voix, 

Mais tu ne sais  d'où Il vient, ni où Il va.

Jean  III, 8    

 

 En l'écoutant, toi aussi tu peux créer...


   


(Iegor Reznikoff à l'abbaye du Thoronet)      

  

Poèmes mystiques

Lundi 4 février 2008 1 04 /02 /Fév /2008 21:08
    Et si  mourir, c'était simplement quitter son corps et le déposer comme un vêtement lorsqu'on est fatigué ? Et  si en se balançant, le vertige aidant, on pouvait soudain se retrouver... au-dessus de son corps ?

    C'est une question que je me suis posée il y a quelque temps et qui a motivé ce poème, que j'avais publié au début de ce blog mais qui n'avait pas été lu.

undefined

Au jeu des balançoires
Il a perdu son âme…

Ou n’est-ce pas auparavant,
Tandis qu’enfouie au fond de lui
Il la tenait captive,
Muette et oubliée,
Qu’il en était privé ?

Et voici qu’à force de rire

A gorge déployée
Sur un morceau de bois agité dans les airs,
Atterrissant et décollant sans cesse
En un piqué-levé,
En une chute-élévation,
Allant, venant,
Poussé, chassé,
Il ne fut plus qu’un ample mouvement,
Que vitesse envolée,
Que va-et-vient charmé,
Qu’emportement ravi…
               
Et soudain,
Son âme s’échappa comme l’eau s’évapore
Et s’immobilisa à le regarder vivre,
Ailes déployées,
Superbe comme un lys
Dressé dans le soleil couchant…

Défaillant, à sa corde agrippé,

Il vit le soir doré
Superbement s’épandre,
Et il sentit les arbres exhaler leur odeur,
Tandis que peu à peu
Leurs effluves le pénétraient…

Et le rayonnement secret du soir,

Comme une nourriture exquise
Entra dans sa respiration,
Y demeura comme en suspens,
S’y déploya…


En un instant,

Il se sentit égal au paysage,
Rire égrené sur fraîcheur répandue,
Et chute suspendue ;
Alors son corps fut si sensible
Qu’il le posa sur le gazon.

     J'avais écrit ce poème pour la mort de mon grand-père.  Aujourd'hui juste après l'avoir publié, j'apprends que mon amie Martine vient de perdre son père. Etonnante coïncidence ! Je le lui offre donc.
Par Martine Maillard - Publié dans : Poèmes mystiques - Communauté : Pensées d'ailleurs
Donnez-moi votre impression ! - Voir les 7 petits mots
Vendredi 21 décembre 2007 5 21 /12 /Déc /2007 22:26
    Il y a quelques années, alors que j'étais plongée dans l'étude  de la Vision Rosicrucienne du monde selon Max Heindel, je fus frappée par une affirmation de ce grand maître mystique, qui disait en substance :
    "Il n'y a pas de méditation plus profonde et plus fructueuse que celle sur "le Coeur du Grand Silence". Vous devez vous y exercer le plus souvent possible."

    Je me décidai donc, entreprenante comme je l'étais à cette époque, à méditer sur "le Coeur du Grand Silence" et à en faire un poème.
    Aujourd'hui encore je pense que je n'aurais pu faire mieux, et que cette méditation est proche de celle qu'aimait "Mère" (ou Mirra Alfassa,  la collaboratrice de Sri Aurobindo), si l'on en croit son disciple Satprem : "Om namo Baghavate". Même si le sens littéral évoque plutôt "Je m'incline devant toi, Très Saint...", sur le plan de la résonance intérieure on retrouve un atmosphère similaire, cette adoration d'un point aussi élevé qu'indéfini.

    Je dédiai ce poème à mon père, qui venait d'être hospitalisé pour de graves problèmes cardiaques, dans l'espoir qu'il ait sur lui une vertu curative.

    Aujourd'hui il me semble avoir toute sa place au coeur de la nuit profonde de l'hiver.



O Grand Silence
O Source Pure dans le Grand Silence

O Cœur si blanc replié sur toi-même
O Cœur si blanc aux ailes de Colombe

O Source fraîche au délicieux murmure
Qui t’écoules sans trêve au sein du Grand Silence

O douce et neuve et régulière Source
Au Cœur du Grand Silence
Jaillie du Cœur si blanc aux ailes de Colombe
Recueillies en attente à demi repliées
Au Cœur du Grand Silence

O Lumière immobile
O douces ailes d’ange à demi déployées

O Cœur du Grand Silence


En illustration, une toile de Valérie Vickland, "la Montagne Magique"
aux éditions "le Chant des Toiles" (cartes postales)


    Pour accompagner ce moment d'adoration, je vous propose de réécouter cette improvisation de moi au piano, que j'ai intitulée "A la mémoire d'un Yogi".
 
(Martine Maillard - Tous droits réservés)
Par Martine Maillard - Publié dans : Poèmes mystiques - Communauté : SPIRITUALITE - SAGESSE
Donnez-moi votre impression ! - Voir les 6 petits mots
Mercredi 2 mai 2007 3 02 /05 /Mai /2007 13:50
   
Le château de Fougères

C’était dans un château qui n’avait plus de toit
Un très vieux château fort qui m’était sympathique
Il était haut perché on marchait à l’étroit
On longeait des ravins d’une hauteur tragique

Les soleil était chaud le ciel était serein
Le paysage au loin était bleu et tranquille
J’aimais le fier donjon pour son air souverain
Des églises sans nombre émergeaient de la ville

Le guide m’ennuyait il faisait l’important
J’eus voulu être libre et je suivais derrière
Nous n’avions rien pu voir de très intéressant
Au sommet du donjon j’arrivai la dernière

La vue était si belle et si grand le soleil
J’étais tout près du ciel qui me lançait des flammes
J’étais tout au sommet du fort de son orgueil
Mes cheveux rayonnaient la clarté de mon âme

Je me suis avancée et j’ai sauté au ciel
J’ai bondi en avant au-dessus de la terre
J’ai crié Olivier et ce fut éternel
Je volais je tombais tombais dans la lumière

Je tombai très longtemps c’était délicieux
Je volais dans les airs j’étais une colombe
Mon être était léger il aspirait aux cieux
Je m’abattais au sol comme un oiseau qui tombe

Ce fut un choc brutal et puis la nuit soudain
----------------------------------------------------------
J’étais là au milieu des ténèbres profondes
J’étais toute légère et j’en cherchais la fin
Tout était silencieux désert étrange monde

Et tout à coup je vis les étoiles au ciel
Elle venaient à moi elles m’éblouissaient
Et la nuit s’embrasa d’un feu surnaturel
Tout le ciel s’enflamma les étoiles passaient

Ce fut épouvantable et ce fut délicieux
Ce fut un tourbillon de chaleur de lumière
Ce fut un grand frisson qui agita les cieux
Une flamme brûlante et un bruit de tonnerre

Quand je rouvris les yeux que cela fut passé
Tout était devenu une lumière immense
Le monde de la nuit avait été chassé
L’univers était plein d’une chaude présence

Tout mon être goûtait une étrange douceur
Je m’abandonnais à une ivresse légère
Comme si j’avais là touché au vrai bonheur
Que depuis si longtemps je cherchais sur la terre

Je flottais je nageais dans une mer de feu
Des vagues de tendresse étouffaient ma poitrine
Mon esprit oublia que j’étais peu si peu
Et de ces voluptés je cherchai l’origine

Le Tout qui m’avait prise était donc un grand roi
Puisque malgré ce rapt il me rendait heureuse
Il devait habiter depuis longtemps en moi
Car j’aspirais à lui j’en étais amoureuse

Je creusai mon esprit plus avant pour savoir
Qui possédait mon cœur autrefois sur la terre
Et le mot éternel jaillit d’un grand trou noir
Olivier Olivier Olivier ma lumière


C’est pourquoi mes désirs s’étaient soudain calmés
C’est pourquoi j’éprouvais ici un tel bien-être
De douces voluptés m’endormaient à jamais
J’étais retournée au sein du soleil mon maître

(Caen, 29 août 1966)


Par Martine Maillard - Publié dans : Poèmes mystiques - Communauté : L'âme du poète
Donnez-moi votre impression ! - Voir les 5 petits mots

Mes textes sur internet

Pour lire ou télécharger mes poésies, récits et nouvelles, cliquez sur le lien ci-dessous

Mes oeuvres sur In Libro Veritas

Mes textes sur papier

Editions Stellamaris

  Aux éditions Stellamaris vient de paraître mon recueil

Renaître.

RenaitreVous pouvez le feuilleter et vous le procurer à cette page.

Le petit train

Le Petit Train du Paysan, 4e partie de la Bachianas Brasileiras n°2 de Villa-Lobos.

Dérives rêvées

  • foretfbleauavril04.jpg
  • Fontainebleau-avril11-09bis
  • Issoudun-PontStPaterne-fév12
  • La Fontaine de Castalie
  • rocherfontainebleau.jpg
  • Anse Cochat3

Une revue à découvrir

couv-Shizen9.jpg
   Découvrez une revue jeune et pleine d'avenir ! (Cliquez sur l'image pour l'agrandir)

    Parvenue à son n°9, Shi-zen, ou "le féminin éthique et pas toc", est un magazine attrayant écrit par des femmes mais aussi par des hommes, pour des femmes mais aussi pour des hommes, dans une optique résolument écologique (imprimée sur papier recyclé bien sûr).

    Ici la couverture du dernier n° paru.
   Sur le site vous pouvez vous abonner, acheter les numéros en PDF ou en version papier (franco de port), ou consulter en ligne des extraits de différents numéros.

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés