Vendredi 20 janvier 2006
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Paul Cézanne : Maison et arbres (1890-1894)
(Cliquer sur le tableau pour l'agrandir)
Déchirée
L'image est déchirée
Tu vois la maison toute bleue
Aux pâles contours d'arc-en-ciel
Tu te le dis trop tard
J'aurais dû mieux tenir
Mieux regarder les plis du feuillet dévasté
Un instant ce fut beau
Ce fut trop beau
Il y avait l'espace avec la vie dedans
La vie les fleurs et l'eau
Les bêtes et les oiseaux
Les feuillages rieurs et la maison chantante
Et il y eut la pluie et il y eut la nuit
Il y eut le soleil et il y eut le jour
Mais ce fut comme un feu
Jailli d'on ne sait où
Un feu de vie
De mort
Un feu qui danse
Dont l'origine et dont la fin
Sont une seule et même chose
Déchirer
Déchirer cette page
Déchirer ce visage
Déchirer cette image
Trop sage
Déchirer la maison l'enfant et le bouquet
Déchirer le soleil et déchirer le cœur
Déchirer et brûler
Piller le cœur
Piller
Comme tombe un cri
juin 2000
Serge Rachmaninoff : 2e concerto
pour
piano et orchestre (1er mouvement, début)
interprété par Idil Biret et l'Orchestre National
Radiosymphonique de Pologne dirigé par Antoni Wit.
(Disque Naxos)
Par Martine Maillard
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Publié dans : Poèmes de détresse
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Mercredi 11 janvier 2006
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17:00
Tombée
Sous les voiles de l'herbe ;
Tombée
Comme la pluie,
Comme la feuille fanée.
Soupir de l'hiver
Et de ses fleurs muettes...
Le jour balbutie son adieu pitoyable.
Sans le froid de ton sourire coupant,
Je serais morte plus tôt ;
Mais je respire encore,
Là, sous la terre,
Entre deux pleurs de lune...
Par Martine Maillard
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Publié dans : Poèmes de détresse
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Jeudi 8 décembre 2005
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20:42
Cygnes sur le Cher (octobre 2005)
Nous avons fui vers le terroir humide
Déjà les troncs sont noirs et le feuillage ambré
La rivière se gonfle et roule un flot boueux
Le ciel est tourmenté l’automne est roi
Mais un automne lourd malade
Et les oiseaux sont loin
Ah que ne vous avons-nous suivies
Hirondelles et cigognes
Vers les terres âcres et rouges des déserts
Nous allons vers la nuit et la maison se ferme
Frileusement sur sa chaleur
Dans l’attente de son Noël
L’absence de Noël
Car où l’enfant dormait la nuit était bien douce
Chaude de tous ses habitants
Tranquille et toute plombée d’étoiles
Vibrante d’anges et d’animaux
Oh partons au désert où sont les hirondelles
Et suivons la cigogne jusqu’à l’ibis sacré
En Egypte devant les immenses piliers
Des temples millénaires
Au parvis des tombeaux creusés dans la montagne
Jusqu’au cœur de la terre
Où sont les dieux dormant
Et le palpitement d’un soleil oublié
Façade du temple d'Abou Simbel
Par Martine Maillard
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Publié dans : Poèmes de détresse
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