L'Âme du poète

"Eurydicen !" toto referebant flumine ripae.

"Eurydice !" répercutaient les rives à travers tout le fleuve.

VIRGILE, Géorgiques

(Mort d'Orphée)

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L'Esprit souffle où Il veut ; et tu entends sa voix, 

Mais tu ne sais  d'où Il vient, ni où Il va.

Jean  III, 8    

 

 En l'écoutant, toi aussi tu peux créer...


   


(Iegor Reznikoff à l'abbaye du Thoronet)      

  

Musique

Mardi 23 août 2011 2 23 /08 /Août /2011 21:59

    La chaleur s'est apaisée et un vent frais est venu nous réconforter...

 

    Écoutons "Beau soir", de Claude Debussy, sur un poème de Paul Bourget.

    Au risque d'en choquer certains, j'ai choisi l'interprétation grave et intimiste de Barbra Streisand, qui efface tout académisme pour nous plonger dans un rêve orchestral.


  Extrait de l'album Classical Barbra enregistré
à Los Angeles avec le Columbia Symphony Orchestra en 1973
et édité par Sony en 1976 - remasterisé pour CD.


Lorsqu'au soleil couchant les rivières sont roses,

Et qu'un tiède frisson court sur les champs de blé,

Un conseil d'être heureux semble sortir des choses

Et monter vers le cœur troublé.


Un conseil de goûter le charme d'être au monde,

Cependant qu'on est jeune et que le soir est beau,

Car nous nous en allons comme s'en va cette onde,

Elle à la mer, nous au tombeau.


 

   J'avoue que la fin me ravit, mais à condition de ne pas comprendre correctement le texte comme je le faisais à l'origine, sans entendre les derniers mots, ce qui donne :

    « Car nous nous en allons, comme s'en va cette onde,

              Loin, à la mer...  »

Par Valentine - Publié dans : Musique - Communauté : L'âme du poète
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Dimanche 5 juin 2011 7 05 /06 /Juin /2011 12:50

 

    C'est dimanche, alors détendons-nous en musique.

    Oui, mais QUI joue ??

    Elle se nomme Kang Eunju, elle est Nord-Coréenne, et elle a cinq ans...

    Franchement, ces asiatiques nous stupéfieront toujours par leur aptitude précoce à l'apprentissage, par leur sérieux, par leur application. On a presque en les voyant envie de se poser la question de la "réincarnation" ! Sauf que vous trouverez celui-ci (à 4 ans il interprète Beethoven au piano), celle-ci (une violoniste de 7 ans qui joue Mozart), celui-ci (qui interprète le dernier mouvement du concerto pour violon de Mendelssohn en concert à 7 ans également), et celle-là (on ne voit pas ses doigts mais tout de même, il semble bien que ce soit elle qui joue cette gigue de Bach, à cinq ans !) : alors, ça fait beaucoup !...

Par Valentine - Publié dans : Musique - Communauté : images du monde
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Mardi 3 mai 2011 2 03 /05 /Mai /2011 15:39

     C'est avec émotion que je viens de trouver sur le blog de Russalka, Entrevoies-nues, une évocation du dernier air de Sapho, l'Opéra de Charles Gounod. Comme l'explique Russalka, la légende suivant laquelle la poétesse Sapho se serait jetée du haut d'une falaise à cause d'un amour non partagé pour un beau jeune homme nommé Phaon semble découler d'un amalgame effectué tardivement entre elle et une autre femme du même nom. En effet, la "Sappho" que j'ai abondamment évoquée sur ce blog semble avoir eu un caractère assez trempé et avoir vécu relativement âgée, si l'on en croit les quelques bribes de textes qui nous sont parvenus d'elle.

Sapho-toileLes derniers moments de Sapho, toile exposée au Salon de 1901.
(Cliché Roger-Viollet)

    Cependant ce thème de l'amour malheureux est si romantique, que si l'on y ajoute une harpe à laquelle la jeune femme se confie, on a le cocktail parfait pour obtenir une oeuvre des plus émouvantes. Et si j'avouerai n'avoir jamais écouté l'Opéra dans son entier, par contre je peux affirmer que cette scène finale compte parmi les chefs d'oeuvre de notre compositeur (il ne faut pas oublier que ces pages furent écrites pour ces mêmes personnes, qui aujourd'hui écoutent Patrick Fiori dans "Notre-Dame de Paris", ou Céline Dion dans "S'il suffisait qu'on s'aime" ! Au XIXe siècle il n'y avait ni disques, ni vidéo, l'Opéra était donc très fréquenté).

CD-Sapho-Gounod.jpg

   Pour compléter la liste très sérieuse d'interprétations donnée par notre amie, je voulais ajouter celle produite par le Nouvel Orchestre Philharmonique de Radio-France avec  les choeurs de Radio-France sous la direction de Sylvain Cambreling en 1979 : c'est en effet ma préférée. On la trouve en disque ici, et l'interprète absolument fabuleuse de Sapho est Katherine Ciesinski. A la différence des cantatrices citées par Russalka, elle joint à une grande sensibilité musicale une voix onctueuse et "lyrique" - épithète qui pour moi signifie une certaine jeunesse d'aspect, à l'opposé des "grandes voix dramatiques" que l'on peut entendre par exemple avec Régine Crespin.

   Malheureusement l'enregistrement que je vous en propose est saisi sur France Musique au moment de sa diffusion (soit 1979), si bien qu'il est à la fois un peu vieilli et en mono. Je regrette par exemple que l'on ne perçoive pratiquement plus les arpèges de la harpe dont Sapho s'accompagne au début de chaque couplet (vous les entendrez mieux en vous rendant sur le site de Russalka à travers les enregistrements qu'elle propose) ; et par ailleurs au début du 1er couplet (après "dans les tristes jours"...) il y a un problème d'entraînement apparemment qui fait légèrement détoner l'enregistrement, ce dont je suis désolée.

     Par contre je n'ai pas pu m'empêcher de vous laisser les applaudissements à la fin, pour vous montrer combien la cantatrice avait su émouvoir son public...

 

 

En voici les paroles :

 

O ma lyre immortelle,

Qui dans les tristes jours,

A tous mes maux fidèle

Me consolais toujours,

En vain ton doux murmure

Veut m’aider à souffrir ;

Non, tu ne peux guérir

Ma dernière blessure !

Ma blessure est au cœur :

Seul le trépas peut finir ma douleur.

(Ma douleur...)

 

Adieu, Flambeau du monde,

Descends au sein des flots ;

Moi je descends sous l’onde

Dans l’éternel repos.

Le jour qui doit éclore,

Phaon, luira pour toi

Et sans penser à moi

Tu reverras l’aurore...

Ouvre-toi, gouffre amer !

Je vais dormir pour toujours dans la mer.

(Dans la mer...)

 

(Puis reprise des deux derniers vers).

Par Valentine - Publié dans : Musique - Communauté : Partager
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