Mais tu ne sais d'où Il vient, ni où Il va.
Jean III, 8
En l'écoutant, toi aussi tu peux créer...
(Iegor Reznikoff à l'abbaye du
Thoronet)
"Eurydice !" répercutaient les rives à travers tout le fleuve.
VIRGILE, Géorgiques
(Mort d'Orphée)
Mais tu ne sais d'où Il vient, ni où Il va.
Jean III, 8
En l'écoutant, toi aussi tu peux créer...
(Iegor Reznikoff à l'abbaye du
Thoronet)
De Pontarlier à Morteau, le Doubs se faufile entre les strates en pente, faisant
apparaître presque une tranche de mille-feuilles. Puis nous approcherons du lieu dit "Saut du Doubs", où il chute de 27 mètres.
Sur la carte ci-dessus (que vous pouvez agrandir) on voit la mention "Défilé d'Entreroche", d'où sont
tirées les photos qui suivent. Après Morteau vous remarquez que la frontière Suisse se confond à la rivière Doubs, au fil des "Bassins" (dans lesquels la rivière s'élargit tout en creusant
profondément son lit) jusqu'au "saut" à proximité duquel se situe le belvédère d'où seront prises mes dernières photos.
Malheureusement il ne m'a pas été possible d'atteindre le but ultime de la visite. Je me suis contentée d'en découvrir les nombreuses images recueillies par d'autres, comme je vous y inviterai à la fin de cette évocation.
Mais voici donc ces défilés, au gré desquels le jeune Doubs circule joyeusement.
Evidemment, comme ce jour-là il faisait très chaud, bien des gens y recherchaient la fraîcheur !
Voyez la géologie étonnante qui fait que cette plaque dure surplombe des zones plus friables qui s'arrondissent comme si l'eau y avait creusé en bondissant sauvagement - tout en descendant en
pente calme vers le niveau du fleuve.
De l'autre côté il reste surtout les arrondis, comme nous avons pu déjà les apercevoir à la Source de la Loue (non loin de là, d'ailleurs).
Mais quittant ces lieux riants, nous parvenons à Villers-le-lac, où un édifice couvert de
drapeaux et extrêmement laid annonce le départ de bateaux-mouches pour le Saut-du-Doubs. Nous poursuivons notre route, espérant trouver un accès direct au site.
Hélas, après bien des errances, nous découvrons que celui-ci n'est accessible qu'à pied et après une heure de marche sur une route descendant le long d'un énorme ravin - ce qui suppose qu'ensuite il faudra revenir de même et en montant, chose impossible à la personne qui m'accompagne ! Je renonce donc, et me contente d'aller à pied jusqu'au belvédère d'où sont pris les clichés qui vont suivre.
Cependant je regrette de n'avoir pas bravé l'interdiction, car il est impensable que les maisons et commerces qui se situent en bas n'aient pas un accès motorisé...
Voici justement un bateau qui s'en retourne vers Villers-le-Lac.
On aperçoit encore son sillage sur cette image rapprochée.
Voici une vue vers le point d'accostage des bateaux... Le "saut" est juste derrière à gauche.
Voilà... Par là... Mais évidemment de là-haut on ne distingue rien ! Sauf la belle eau bleue et les
magnifiques sapins.
Et en face la montagne majestueuse - du côté suisse - avec toujours ses étranges lignes droites
de terrain.
Vous voulez voir le "saut du Doubs" ? Et ses bateaux mouches qui circulent dans les
bassins ? Alors venez vite à cette page (page images de Google, il y a l'embarras du choix !), ou alors à celle-ci où
vous avez une animation (cliquer sur "visite virtuelle").
Métabief (prononcez "Métabié") est une station assez attractive l'hiver, surtout si l'on sait que cette saison est extrêmement rigoureuse dans la région.
Sur la carte ci-dessous (que vous pouvez agrandir) vous voyez qu'elle est située entre Malbuisson-Lac St-Point et Mouthe, à petite distance de la frontière suisse, et bien sûr tout près du sommet local, le Mont d'Or (1463m).
La ressemblance avec l'Auvergne est relative, l'ambiance de hauts plateaux étant à peine égayée par
quelques vallonnements qui aboutissent (et c'est le cas du "Mont d'Or", comme de la "Dent de Vaulion" dont le nom est plus explicite) à une simple rupture dans la croûte tordue d'une strate
rocheuse.
Un petit mammelon permet tout de même près de Metabief l'établissement des remontées mécaniques.
Les chalets y sont
particulièrement cossus, et plus élégants que ceux que l'on trouve en Auvergne.
Il fait un temps radieux et l'ambiance n'est pas du tout au ski alpin !
Nous envisageons donc de partir à l'assaut du Mont d'Or - beaucoup plus accessible que son homonyme auvergnat, puisqu'on y parvient entièrement en voiture !
En gravissant une petite route champêtre bordée de sapins, nous débouchons sur un pâturage que traverse un
ruisseau, où les fraîches clarines des vaches nous interpellent.
Les chiens nous indiquent le chemin qui mène à la falaise... Habituée aux landes Bretonnes, je me sens en
pays de connaissance, mais franchement les proportions ne sont pas les mêmes !
Voici ce que découvre le regard : vers la droite, le sommet proprement dit, en forme de faille.
Et vers la gauche, cette autre muraille verticale, contre laquelle si l'on en croit la plaque apposée une aviatrice suisse a trouvé la mort en octobre 1932 à l'âge de 26 ans.
Nous nous trouvons au lieu-dit "Belvédère des chamois", et pouvons découvrir le panneau descriptif de l'endroit. Je vous laisse la possibilité d'en agrandir l'image suffisamment pour tout lire.
Une petite promenade le long de la falaise permet d'apprécier la fantastique plongée sur la vallée
(avec devant nous, la Suisse).
Mais nous découvrons aussi avec ébahissement, sur notre droite, fantômatique dans la brume de
chaleur... la chaîne des Alpes !
En discernez-vous les contours et les quelques sommets enneigés - malgré les taches qui encore une
fois obscurcissent par endroits mon objectif ?
Il faudrait revenir en octobre... La vision serait certainement féérique. (Surtout si je pensais à ne pas attraper mon appareil à pleines mains pour le refermer, ce qui entraîne je suppose ces taches...)
De retour vers le parking nous découvrons derrière nous la vallée de Malbuisson avec le lac
Saint-Point.
Un peu plus loin les équipements pour le ski...
Sur le chemin descendant les arbres semblent surgis de terre par touffes, multipliant les
troncs.
Et la ferme dont dépendaient les vaches trouvées en montant présente la même toiture métallique que
les églises du Val de Mouthe... Comme elle doit disparaître sous la neige en hiver !
Revenons par Rochejean et admirons le toit de son clocher. Les toitures des maisons locales restent
métalliques là encore.
Mais la cheminée de ce joli chalet rencontré vers Métabief est elle aussi typique : trapue, et surmontée
d'un chapeau.
Restons au frais et découvrons, vers Mouthe, la source du Doubs...
Sur la carte ci-dessous (que vous pouvez agrandir ainsi que les images qui suivront), vous la trouvez juste en-dessous de la ville de Mouthe, et un peu plus bas vous pouvez suivre en pointillés la frontière suisse, dont elle est toute proche.
De hauts sapins en annoncent l'entrée - qui est flanquée d'un camping et d'un restaurant que nous trouvons
fermés.
Bientôt la vision de l'eau scintillante et dansante réjouit nos regards.
Comme pour les autres sources nous remontons lentement le cours jusqu'à son origine.
Enfin la source apparaît, sortant comme les autres du rocher pour former une belle petite
fontaine, avant de rejaillir en cascade.
Admirons encore l'aspect stratifié du terrain, qui trahit une poussée ayant relevé des parties autrefois
plates.
Là encore des travaux de canalisation ont permis d'organiser la chute, et aussi de sécuriser les
abords en cas de crue sans doute.
Admirons l'eau claire qui rebondit joyeusement avant de partir à l'assaut des vallées !
Bientôt nous retrouverons la rivière ondoyant par petits lacets sur le plateau qu'on appelle par ici "la petite Sibérie", tant il peut y faire froid l'hiver.
Alors que nous quittions un Centre France altéré de sécheresse cette végétation riante nous soulage
malgré une chaleur tout de même accablante.
Les contrates d'ombre et de lumière sont extrêmes.
Et voici que nous croisons une drôle d'église, au joli clocher orné d'une croix,
mais à la toiture de tôle ondulée toute rouillée, comme les toitures des fermes et des granges de montagne que nous verrons sur le Mont d'Or.
C'est l'église de Gellin, dont le flanc ouest est totalement blindé comme vous
le constatez, preuve que les précipitations en hiver doivent être très violentes, et le gel s'ensuivant une véritable calamité pour les pierres et la maçonnerie.
Un peu plus loin vers Labergement Sainte-Marie nous en trouvons une autre au flanc
couvert de tôles et bien ravagé par les intempéries (celle de Brey-et-Maisons-du-Bois).
Sans nous en apercevoir, nous sommes donc bien sur des alpages, à quelque mille mètres
d'altitude. Et bientôt, nous gravirons les pentes du Mont d'Or : cela fera l'objet du prochain article...
Aux éditions Stellamaris vient de paraître mon recueil
Renaître.
Vous pouvez le feuilleter et vous le procurer à cette page.

Découvrez une revue jeune et pleine d'avenir ! (Cliquez sur l'image pour l'agrandir)
Parvenue à son n°9, Shi-zen, ou "le féminin éthique et pas toc", est un magazine attrayant écrit par des femmes mais aussi par des hommes, pour des femmes mais aussi pour des hommes, dans une optique résolument écologique (imprimée sur papier recyclé bien sûr).
Ici la couverture du dernier n° paru.
Sur le site vous pouvez vous abonner, acheter les numéros en PDF ou en version papier (franco de port),
ou consulter en ligne des extraits de différents numéros.