Voici la suite des aventures de Tchouk et Ghek, deux
petits coquins issus de la Russie des années 50, conte musical pour enfants sur des musiques de Prokovieff que j'ai commencé à vous narrer ici.
Le papa fait de la prospection
en Sibérie et, ne pouvant se libérer pour fêter le Nouvel An à Moscou avec sa femme et ses enfants, les invite à venir le rejoindre. Après deux jours de préparatifs, tandis que Nadia Séréguine la
maman est partie acheter les billets de chemin de fer, un télégramme arrive, que les enfants se disputant laissent malencontreusement disparaître par la fenêtre - sans réussir à le retrouver. Il
décident de ne pas en parler...
Après 48h d'un long voyage par train, ils débarquent dans la taïga ; mais là, catastrophe : pas de traîneau pour les conduire à la base de prospection qui est
encore à deux jours de cheval ! Enfin un brave homme, Ivan, de passage avec un traîneau, accepte de les y conduire moyennant finances ; mais Nadia y laisse toutes ses économies. Après avoir passé
une nuit dans un refuge, ils arrivent enfin à la base, et là bien sûr, nouvelle mauvaise surprise : tout est fermé !! Tout, sauf la cabane du gardien, Boris, qui peut-être ne va pas tarder...
C'est du moins ce qu'assure Ivan en les abandonnant sur place.
Dans l'extrait ci-après, vous découvrirez Boris, l'homme des bois qui sous des dehors bourrus cache un coeur d'or.
Le disque est épuisé, c'est
pourquoi je me permets de vous en faire goûter d'importants extraits.
Histoire composée par Arkhadi Gaïdar. Adaptation et dialogues de Muse Dalbray. Tchouk : Le petit Jean-Paul . Ghek : Le petit Bruno. Nadia Séréguine, la maman : Muse Dalbray. Boris : Tristan Sévère. Disque "Le Chant du Monde", collection "Un Jour de ma Vie". Année ???
Voici la surprise (la première)
annoncée hier... Elle est le résultat de mon travail acharné de la semaine, entre autres activités.
En effet, j'ai deux petits-fils que vous connaissez déjà (voir la rubrique "les aventures de Merlin et de Samson", sur ce blog - sachant que sur le bandeau du haut de cette page vous
avez déjà Merlin lorsqu'il était petit) ; et pour eux, à la demande de leur maman, j'ai transcrit sur CD une très mauvaise bande magnétique issue d'un très vieux microsillon que nous avions
trouvé aux Puces de Saint-Ouen dans les années 70 :
"Tchouk et Ghek : les aventures de deux petits
diables, sur une musique de Serge Prokofiev".
Le dépoussiérage numérique est
pratiquement impossible, mais je m'y suis attelée au moins au niveau du bruit de fond, des accrochages de sillons et des craquements les plus évidents (notamment durant les silences). Et cela m'a
permis de ressusciter une oeuvre totalement oubliée pour l'instant, si ce n'est apparemment dans cette médiathèque de Belgique. Même dans les catalogues d'oeuvres de Prokofiev on ne le trouve pas, alors que l'on trouve "le Bûcher
d'Hiver", oeuvre comparable parce que le compositeur a apparemment réutilisé des thèmes de l'un dans l'autre (voyez sur Wikipedia dans le catalogue chronologique au n°122).
J'ignore pour quelle raison "le Bûcher d'Hiver" est mieux diffusé : en effet on me l'avait offert sous la forme d'un microsillon 25 cm
lorsque j'étais enfant (dans les années 50-60), et aujourd'hui je le trouve ici en CD. Or je peux vous dire qu'enfant je n'ai
jamais accroché à cette histoire qui m'était incompréhensible : j'aimais ce disque pour sa musique, certes, mais je ne voyais aucun intérêt à produire un conte dans lequel simplement on voyait
toute bande de gamins (une école ? Une classe ? Un centre aéré ?) prendre le train pour gagner la taïga et simplement y faire un grand feu de joie et chanter des airs slaves.
Finalement, tout cela était de la propagande soviétique, point. Et le disque a dû intéresser les petits russes car cette tradition d'un feu de joie en hiver était
peut-être aussi ancrée chez eux que chez nous le sapin de Noël.
Toujours est-il que pour nous européens, Tchouk et Ghek - même s'il répond lui aussi à un désir de propagande - est beaucoup plus
intéressant, car au moins il raconte une histoire.1
La voici : Tchouk, petit garçon rondouillard d'environ sept ans (déjà responsable !) et Ghek, son petit frère d'environ quatre ans (un vrai
petit coquin !) vivent seuls à Moscou avec leur Maman, car leur père a été envoyé en Sibérie pour diriger une base de prospection géologique. (Ils cherchent du gaz ???). C'est l'hiver et apparemment, si Noël n'existe pas pour les soviétiques, on fête par contre le Nouvel
An.
Ce matin-là, la mère est sortie et les deux gamins se disputent des billes et une boîte de cirage (qui sert à Tchouk pour cacher tous ses trésors) quand on sonne à la porte :
c'est le facteur. Il apporte une lettre. Comme ni Tchouk ni Ghek ne sait lire, ils attendent le retour de leur mère pour apprendre que leur père, retenu en Sibérie, les invite à venir y fêter le
Nouvel An avec lui.
Sautant de joie les gosses prient leur mère de partir au plus tôt ; mais celle-ci considère que trois jours sont nécessaires pour les préparatifs, et calculant que le voyage
de plusieurs milliers de kilomètres nécessite encore trois jours de chemin de fer, elle court télégraphier à son mari la date prévue de leur arrivée.
Trois jours plus tard, les bagages enfin prêts, elle vient juste d'abandonner ses enfants le temps d'acheter les billets à la gare, quand le
facteur passe de nouveau avec un télégramme. Tchouk, averti de son importance par le préposé, le range soigneusement dans sa boîte pour ne pas le perdre. Hélas, bientôt une nouvelle dispute
éclate entre les deux gamins, qui se termine par le geste irréparable de Ghek : il jette la boîte "chérie" de son frère par la fenêtre. Aussitôt Tchouk, terrifié, le rappelle à la raison. Vite,
ils descendent dans la rue à la recherche du télégramme. Hélas, la boîte s'est ouverte, le télégramme s'est envolé dans la circulation, la neige l'a enterré... ou même quelqu'un l'a peut-être
ramassé ? Rien à faire pour le retrouver. Les enfants décident donc de ne rien dire à leur mère : ne parler de rien, ce n'est pas mentir, n'est-ce pas ?
...La suite prochainement !
Et voici maintenant le début de ce
charmant conte, dans lequel finalement le plus délicieux personnage est celui de Ghek, l'adorable polisson, dont je vous donnerai à entendre quelques jolies
réflexions.
Casting... :
Histoire composée par Arkhadi Gaïdar. Adaptation et
dialoguesde Muse Dalbray. Tchouk :Le petit Jean-Paul . Ghek
:Le petit Bruno. Nadia Séréguine, la maman : Muse Dalbray. Le facteur
:Marc Dechaume. Disque "Le Chant du Monde", collection "Un Jour de ma Vie".
Année ???
Maquette de couverture (image ci-dessus) : Max Brun (? Malheureusement l'état de la couverture nous a obligés à y apposer de gros adhésifs qui cachent
les coins).
1 J'ai trouvé la réponse à mes interrogations après observation du microsillon
que l'on m'a rapporté : finalement, ce conte n'est pas une "oeuvre" de Serge Prokofiev, mais un conte adapté pour l'enregistrement radiophonique, auquel on aajoutéla musique de celui-ci en fond sonore, probablement empruntée au
"Bûcher d'Hiver" (mais comme là encore je ne l'ai plus sur moi, je ne peux vérifier totalement).
Depuis que je suis à la retraite, je n'ai jamais été
si occupée ! Autrefois, travaillant toute la journée sur ordinateur, il m'était facile de garder une petite fenêtre en réserve pour vous visiter ou alimenter mon blog, mine de rien... Mais
maintenant, j'y suis beaucoup moins, et cela explique mes absences prolongées - du moins en ce moment. De plus, je viens de transcrire sur CD de vieux microsillons, desquels on m'avait fourni des
enregistrements sur cassette audio absolument immondes, remplis de grésillements, de craquements, voire de sillons qui sautent. Des jours et des jours de travail pour essayer de nettoyer le son,
et je ne jongle pas avec internet tandis que je suis désespérément concentrée sur Audacity...
Vous en aurez bientôt un aperçu ! En attendant ce plaisir, je vous offre une petite parenthèse Apollinarienne, qui aura
elle aussi prochainement sa suite...
Il s'agit du "Bestiaire ou Cortège d'Orphée", où le poète,
à la fois magnifié à travers son modèle, est aussi considéré avec un certain humour. Guillaume, s'identifiant à Orphée, poète inspiré et même "initié" aux connaissances
secrètes par les dieux, l'imagine entraînant après lui tous les animaux qui dit-on tombaient sous le charme des accents de sa lyre. Avant chaque famille d'animaux correspond de lui une
description différente. Il s'agit à chaque fois, pour lui comme pour les animaux, d'un simple quatrain de vers courts, lourd de sens. En voici le premier, "Orphée"
:
Orphée dessiné par Jean Cocteau
Admirez le pouvoir insigne
Et la noblesse de la ligne :
Elle est la voix que la lumière fit entendre
Et dont parle Hermès Trismégiste en son Pimandre. 1
Puis le second, consacré comme de juste à "La Tortue", puisque comme
chacun sait la lyre qui lui fut offerte par Apollon était construite à partir d'une grosse carapace de tortue servant de caisse de résonance. Le "Thrace" désigne Orphée lui-même par son
pays d'origine.
Lyre,reproduction d'après l'antique
Cliché pris par les élèves de 4e et 3e du collège de Tremonteix (Puy de Dôme)- voir ici.
Du Thrace magique, ô délire !
Mes doigts sûrs font sonner la lyre.
Les animaux passent aux sons
De ma tortue, de mes chansons.
Guillaume Apollinaire
1- Le Pimandre est
le livre sacré contenant tous les secrets de l'hermétisme, autrement dit de la doctrine d'Hermès "Trismégiste" (Trois fois Grand). Voir ici.
Découvrez une revue jeune et pleine d'avenir ! (Cliquez sur l'image pour l'agrandir)
Parvenue à son n°9, Shi-zen, ou "le féminin éthique et pas toc", est un magazine attrayant écrit par des femmes mais aussi par des hommes, pour des femmes mais aussi pour des
hommes, dans une optique résolument écologique (imprimée sur papier recyclé bien sûr).
Ici la couverture du dernier n° paru. Sur le site vous pouvez vous abonner, acheter les numéros en PDF ou en version papier (franco de port),
ou consulter en ligne des extraits de différents numéros.