L'Âme du poète

"Eurydicen !" toto referebant flumine ripae.

"Eurydice !" répercutaient les rives à travers tout le fleuve.

VIRGILE, Géorgiques

(Mort d'Orphée)

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L'Esprit souffle où Il veut ; et tu entends sa voix, 

Mais tu ne sais  d'où Il vient, ni où Il va.

Jean  III, 8    

 

 En l'écoutant, toi aussi tu peux créer...


   


(Iegor Reznikoff à l'abbaye du Thoronet)      

  

Labyrinthes et flammes

Lundi 10 octobre 2005 1 10 /10 /Oct /2005 00:00


Ne dites pas
Le silence
Dites
La nuit la mort l’espace
La bouche d’ombre entre les deux abîmes
La coupure de respiration
L’instant qui n’existe pas
L’unique universelle absence
Le point infini du néant
L’éternité sans bords
Avec ces mille échos qui se répercutent
De monde en monde
De galaxie en galaxie
Mon cri dévoré par le silence
Mon cri engouffré englouti
Perdu dans sa trajectoire folle
Après avoir troué l’abîme
Le silence repu
Ne dites pas
Le silence

Il vous tuerait aussi


Par Martine Maillard - Publié dans : Labyrinthes et flammes
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Vendredi 7 octobre 2005 5 07 /10 /Oct /2005 00:00



La mort qui marche avec des étoiles dans les yeux
La voyez-vous
Elle est devant moi
Derrière
A côté

Elle surgit de moi
Elle est l’ombre tapie au profond du placard
Que j’ai ouvert innocente
Elle est l’obscure habitante de mon appartement désert
O mon ombre grise
La voyez-vous en moi
Parfois je ne sais plus
Si je suis elle
Si elle est moi
Ma mort aux yeux d’étoiles
Vieille de millénaires
Mon éternelle ridée
Que fais-tu à rôder
Endormie éveillée
Sardonique déchirante
Que fais-tu à traîner tes nausées millénaires
Que me veux-tu enfin
Parasite sangsue
Mon mal secret
Mon épouvantable abîme
Grise sur fond de nuit
Tapie dans l’indescriptible
Je te connais maintenant
Avec tes pauvres ruses de voyageuse clandestine
Tu peux te montrer au grand jour
Va
Je t’ai déjà pardonné




Par Martine Maillard - Publié dans : Labyrinthes et flammes
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Mardi 24 mai 2005 2 24 /05 /Mai /2005 00:00
(d’après le « Poème » de Chausson)

Il est seul
Ses ailes pliées contre son cœur
Il est seul et s’agenouille
Comme l’ange devant Marie

Il est triste
Et plus il est triste et plus il est vibrant
Plus se fait pénétrante la musique de son âme
La musique du désert

Sa nuque est si fragile
Qu’il n’y passe que ses cordes vocales
Sa poitrine si émouvante
Qu’il s’y ouvre deux larges blessures

Mais il est si sensible
Si doux comme une jeune fille
Que dès qu’on l’a touché
Il s’embrase d’amour

Il éveille le désir
Et le désarme aussitôt
Le métamorphosant
En détresse adorante

O violon inviolé
Prisonnier de l’archer qui t’effleure
Mais ne te blesse point
Tu es Merlin en son rempart

Aime et pleure d’aimer
La forêt t’accompagne
Et l’immense tristesse des arbres
Jusqu’en l’éternité


Note : Ernest Chausson est un compositeur français du début du siècle, qui s'est particulièrement inspiré des légendes bretonnes. Il est question ici non d'un texte écrit par lui, mais d'une oeuvre musicale pour violon et orchestre, où l'instrument soliste semble déclamer dans un phrasé particulièrement expressif et mélancolique.

(Cliquer ici pour découvrir le "Poème" de Chausson, en plage 4) 


Par Martine Maillard - Publié dans : Labyrinthes et flammes - Communauté : Pensées d'ailleurs
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