Mais tu ne sais d'où Il vient, ni où Il va.
Jean III, 8
En l'écoutant, toi aussi tu peux créer...
(Iegor Reznikoff à l'abbaye du
Thoronet)
"Eurydice !" répercutaient les rives à travers tout le fleuve.
VIRGILE, Géorgiques
(Mort d'Orphée)
Mais tu ne sais d'où Il vient, ni où Il va.
Jean III, 8
En l'écoutant, toi aussi tu peux créer...
(Iegor Reznikoff à l'abbaye du
Thoronet)
Le printemps a bien du mal à percer cette année...
Même les grues hésitent et font mine de retourner en arrière...
Les deux petits crocus s'efforcent
De résister au vent glacial du Nord.
Et pourtant que vois-je ?
Deux coccinelles...
Protégé par la haie, le bourgeon de lilas
Se dilate au soleil !
Les chiens courent dans la campagne comme des fous !!
... Mais n'est-ce pas lui, le petit printemps frileux
Qui nous sourit ?!
Aujourd'hui le temps a été doux et clément, quoiqu'un peu voilé. Quoi d'étonnant, pour un jour de Saint-Valentin ?
J'ai confiance maintenant dans le retour des beaux jours : le
soleil se lève à 8 heures et se couche à 18 heures, nous sommes sur la bonne voie.
Un petit tour dans le jardin me montre que la sève commence à monter et que des fleurettes montrent le bout de leur nez...
Les premières primevères ! Comme elles sont mignonnes !
Et là vif étonnement : eh oui j'avais planté l'an passé des iris un peu bizarres, et
qui ont fleuri en février... Eh bien les revoilà ! Des iris sans tiges !! Je ne connaissais pas du tout cette espèce... Ils surgissent aux côtés des chrysanthèmes nains que je n'avais pas osé
arracher, mais qu'il me va falloir sans doute couper ras.
Et je vois aussi qu'il va me falloir faire un sérieux nettoyage de plates bandes, n'est-ce pas ?
Ici, les narcisses commencent à se réveiller...
Et là, ce sont les tulipes !
Eh bien, le gel n'a pas détruit ces oignons, au moins !
Et là, c'est le coin des jonquilles et de plein de petites fleurs blanches...
Quant au rosier, il est bourré de pousses ! On dirait qu'il a la varicelle !
Mais il y pendouille encore de vieilles feuilles mortes. J'en ramasse sans cesse.. L'hiver est arrivé si vite et si fort qu'il les a saisies et les restitue en l'état !
Allons, courage : bientôt nous allons de nouveau vivre dehors !
Molière peint par Charles-Antoine Coypel (1730)
Un petit billet sur les irrégularités de la langue française.
Oh ! Non pour en faire une liste exhaustive mais pour vous parler de quelques surprises que j'ai eues, auxquelles vous aurez tout le loisir de réagir en me donnant votre avis et vos commentaires (que je pourrais d'ailleurs par la suite insérer dans cet article).
Dans un de mes poèmes, j'avais écrit : "ses larmes le baignirent "...
Et puis soudain, une lumière se fit dans mon esprit et je me dis :
- Mais c'est le verbe "baigner" !! Premier groupe !! Donc :
"le baignèrent" !!
Et voilà que je restai pantoise en me disant :
- Pourquoi ai-je si fort en tête "le baignirent" ?...
Parce que des verbes en "aigner" ou "eigner", il n'y en a presque pas. La plupart sont en "aindre" (comme "se plaindre", avec lequel je faisais confusion), en "eindre" ou en "oindre", et sont du troisième groupe.
Et les pires du genre sont les deux verbes : "peigner" (la girafe ?) et "peindre" (une girafe !). Quel rapport de sens peuvent-ils bien avoir entre eux pour se ressembler à ce point ??1 Pourtant lorsque l'on dit "je peignis" on prend bien le pinceau, alors que lorsque l'on dit "je peignai", on prend le peigne, hé hé !!
Quelle difficulté pour les étrangers... Encore que les étrangers, en fin de compte,
s'attellent au travail et apprennent d'arrache-pied, alors que nous, nous croyons "savoir" puisque c'est notre langue "maternelle" n'est-ce pas ? Et c'est là que le bât blesse : finalement
l'étranger s'exprimera mieux que nous. Qui plus est, il sera ravi de découvrir un bon moyen de ne pas mélanger deux verbes qui se ressemblent et qui pourtant présentent deux sens radicalement
différents.
Ainsi, pour rien au monde je ne voudrais que l'on changeât quoi que ce soit à notre superbe langue française, qui tient ses irrégularités de son histoire, et surtout de son âge, de sa longue évolution à travers les siècles. En cela elle est encore bien loin de la langue grecque, dix mille fois plus complexe et plus subtile ! C'est un tel bonheur de se promener dans ce dédale de règles qui sont toutes faites pour être transgressées, pleines d'anomalies et d'exceptions... qu'évidemment je suis bien loin de connaître toutes. Mais en français, vous vous rappelez vos cours de grammaire ? Il y avait toujours :
1) la règle : ... ...
Puis :
2) les exceptions : ... ... ... (chou, hibou, caillou, genou... ; la dictée, la pâtée, la montée, la portée...)
Alors, quelle importance aussi pour les jeunes d'aujourd'hui que de suivre assidûment des cours de langue française, afin de la posséder correctement ! D'ailleurs on n'est pas à même de tout assimiler totalement lorsqu'on est jeune ; bien sûr la pratique de la lecture des grands auteurs apporte l'essentiel de l'entraînement indispensable, mais conserver chez soi un bon "dictionnaire des difficultés de la langue française" à l'âge adulte reste à mon avis nécessaire. Il y a des tas de règles compliquées que je n'ai réellement retenues qu'à l'âge adulte à force de me référer à ce type d'ouvrage.
Hélas, ce n'est pas la génération "internet" (en anglais) ou "est-ce-et-messe" (en langage télégraphique) qui vont nous aider à soigner notre beau langage.
Je n'entre pas dans la polémique... J'avoue que la langue est une chose "vivante", qui a manifestement beaucoup évolué depuis le parler de la Renaissance et celui de Molière (et notamment a évolué différemment suivant qu'elle était employée en métropole, au Québec ou dans les îles !), ce qui suppose qu'elle doit évidemment continuer à évoluer.
Affiche pour la fête de la langue française en Belgique
Mais encore une fois, j'adore ces difficultés qui font justement d'elle une matière, comme un être de chair qui n'est jamais totalement parfait parce qu'il a un bouton ici ou les deux yeux légèrement dissemblables... ce qui fait précisément son charme... !
Qu'en dites-vous ?
1
D'après le dictionnaire "Le Robert" les étymologies sont fort différentes, le verbe "peigner " descendant du latin "pectinare ",
et "peindre " découlant de "pingere "... La confusion actuelle résultant de l'évolution des prononciations et des usages successifs qui ont été faits de ces
termes.
Aux éditions Stellamaris vient de paraître mon recueil
Renaître.
Vous pouvez le feuilleter et vous le procurer à cette page.

Découvrez une revue jeune et pleine d'avenir ! (Cliquez sur l'image pour l'agrandir)
Parvenue à son n°9, Shi-zen, ou "le féminin éthique et pas toc", est un magazine attrayant écrit par des femmes mais aussi par des hommes, pour des femmes mais aussi pour des hommes, dans une optique résolument écologique (imprimée sur papier recyclé bien sûr).
Ici la couverture du dernier n° paru.
Sur le site vous pouvez vous abonner, acheter les numéros en PDF ou en version papier (franco de port),
ou consulter en ligne des extraits de différents numéros.