Mais tu ne sais d'où Il vient, ni où Il va.
Jean III, 8
En l'écoutant, toi aussi tu peux créer...
(Iegor Reznikoff à l'abbaye du
Thoronet)
"Eurydice !" répercutaient les rives à travers tout le fleuve.
VIRGILE, Géorgiques
(Mort d'Orphée)
Mais tu ne sais d'où Il vient, ni où Il va.
Jean III, 8
En l'écoutant, toi aussi tu peux créer...
(Iegor Reznikoff à l'abbaye du
Thoronet)
Quelques petites images glanées de ci, de là ces jours derniers...
Dans mon quartier, personne ne décore !! Plus loin d'autres le font pourtant... Et nous sommes loin du centre ville où tout est somptueux. Pour égayer, j'ai placé quelques boules dans le tuya du jardin (que je m'étais appliquée cette année à tailler justement en boule pointue).
J'ai aussi rallumé la cheminée ! Quand dehors le temps est sinistre, il faut recréer un espace de chaleur et de lumière.
Mais vous vous souvenez de ce quartier en démolition près de chez moi ?
...Et qui m'évoque irrésistiblement ces vers de Victor Hugo, au début de son poème "Mors" :
« [Je vis cette faucheuse : elle était dans son champ ;
Elle allait à grands pas moissonnant et fauchant,]
Noir squelette laissant passer le crépuscule. »
Magnifique ce vers, vraiment ; et comme ce triste immeuble désossé laisse lui aussi passer le crépuscule ! Or ce cliché, pris par un bel après-midi de début décembre, se voit complété par celui-ci, pris hier matin sous un soleil également radieux :
Voilà ! L'immeuble est tombé ! Et la "faucheuse" est cette fois la machine montée sur les gravats... Mais "ce n'est pas triste les vieilles écorces", s'écriait le Petit Prince ! La vie, qui était dans l'immeuble, s'est retirée... Et où est-elle, cette vie ?
Dans de chouettes petites maisons construites juste à côté et qui me rappellent diablement...
... Les maisons carrées vues dans le désert !! (Ici à Timimoun lors du voyage effectué en décembre 1984 et relaté ici).
Justement il y
arrive quelques femmes au pas balancé enserrées dans de longues robes et coiffées d'épais foulards... J'en ris de gratitude. Elles se retrouvent "chez elles"... en mieux
!
Mon Weigelia ne sait plus où il en est : par-dessus ses feuilles fanées, il refait des rameaux verts...!
Mais la saison ne correspond-elle pas aussi à notre évolution personnelle ? En effet, ne cherchons-nous pas nous aussi à prolonger notre énergie par une vie plus saine et de l'exercice, de manière à pouvoir vivre un "second printemps" à l'heure de la retraite ? Ou encore beaucoup d'entre nous ne divorcent-ils pas une fois leurs enfants élevés afin de revivre une seconde jeunesse dans la seconde partie de leur vie ? Le soleil généreux de cette année a décuplé les opportunités de douceur et de joie pour chacun, puisque certains en ont profité pour vivre trois étés : le premier à Pâques, et le dernier à la Toussaint !
Allons, cette année 2011 fut bien particulière avec son été pluvieux qui nous a fait la grâce de remplir nos citernes. Et une fois encore je dirai : jamais une année ne ressemble à une autre, jamais une saison ne ressemble à une autre, jamais un instant ne ressemble à un autre ; tout est toujours neuf, inédit, surprenant ! Laissons-nous étonner, et surtout, rappelons-nous toujours cette vérité : qu'apportera demain ??? Nul ne peut le dire, nul ne peut le prédire, rien n'a jamais été écrit d'avance, donc tous les possibles restent ouverts... Et pourquoi ne pas croire au meilleur, comme ce weigelia qui sort des feuilles neuves parce qu'après tout, c'est peut-être encore l'été ?
Une petite musique gaie pour accompagner cette pensée, le "sextuor mystique" d'Heitor Villa-Lobos, musicien Brésilien du début du siècle (1887-1959) pour flûte, hautbois, saxophone, harpe, célesta (on continue... Comment faire "mystique" sans un "célesta" ?) et guitare (incontournable, pour un sud-américain...) composé en 1917.
(Merci à Robert Bichet qui m'en a donné l'idée)
Ce dimanche 13 novembre est consacré "journée de la gentillesse". Belle attention sur laquelle se ruent, comme à leur habitude, tous les commerçants de tous bords - à commencer par la société "dromacarte" qui propose une petite série de ses meilleures créations ...
Mais aussi, comment parler de gentillesse ?! "Si tout le monde était gentil, il n'y aurait plus de problèmes" pense-t-on parfois ; mais pourquoi y a-t-il des "méchants" ? Et n'y a-t-il pas, comme dans tous les domaines sur cette terre, une limite au-delà de laquelle "trop" de gentillesse nuit ?
Lame n°XV du Tarot Zen de Rajneesh, "le Conditionnement", modifiée par mes soins
Jusqu'à l'âge de 45 ans environ, j'ai toujours été "gentille" ; et pourtant, paradoxalement, les gens étaient "méchants" avec moi. Mes profs se moquaient de moi ; mes jurys d'examen étaient injustes à mon égard ; les gens dans la rue m'agressaient ; les élèves de mes classes se rebellaient contre moi ; mes chefs d'établissement, loin de me soutenir, m'écrasaient ; et les inspecteurs me traitaient comme une gamine... !
Prendre des tranquillisants ne servait à rien, et même les médecins n'avaient pas de
solution.
Ce fut lorsque j'eus la chance de rencontrer des stages d'évolution spirituelle,
paradoxalement, que je rencontrai enfin des personnes qui me dirent : "Toi, tu as besoin d'exprimer la colère". - Comment ça, la colère ?? Mais je suis gentille, moi ! Je ne me suis jamais
fâchée ! Je ne sais même pas ce que c'est ! - "Justement !"
Quand on a toute son enfance entendu dire : "Sois gentille avec Maman !" "Sois gentille avec ton petit frère !" "Sois gentille avec ta maîtresse !" Ou encore : "Tu ne vas pas nous faire une crise d'adolescence comme le fils untel, toi n'est-ce pas ? - Oh, non ! Je suis gentille moi" et que finalement on se retrouve avec tout le monde à dos, parce qu'on n'est pas transparent tout de même, et correspondre totalement au projet d'autrui n'est pas possible, en effet, il faut commencer à se poser quelques questions sur la gentillesse.
Le premier stage me mit face à des partenaires que je devais croiser en exprimant ce qui me venait spontanément à l'esprit en les voyant... Je ne trouvai rien d'autre à dire qu'un timide : "Tu as l'air gentille !" à quoi il me fut répondu par un sarcastique : "Tu devrais te méfier des apparences !!"
La suite fut plus périlleuse : il me fallut me bagarrer, contre tous ceux qui tentèrent de
me dissuader de suivre cette voie, voie de perdition sans aucun doute puisqu'il s'agissait à l'évidence "d'une secte" ! Et ce fut le début d'une longue rééducation à ce que je n'avais pas fait
enfant : basculer dans le camp des "méchants".
Après trois stages où j'appris à hurler, à crier, à me déchaîner, à me bagarrer, à invectiver... Miracle ! Ma vie bascula : tout le monde devint gentil avec moi !
Gravure de Gustave Doré pour la Fable de La Fontaine - modifiée par mes soins
J'avais simplement découvert la manière d'élever la voix, de regarder en face, de me
tenir plus ferme... Et de faire ce que j'avais décidé.
C'est ce que d'autres appelleraient "apprendre à dire non" ; mais pas vraiment : il n'y a pas forcément à dire non, il y a simplement à s'imposer, ou même, à SE POSER. A montrer que l'on est là, de chair et d'os, que l'on existe, et qu'on ne se laissera pas marcher dessus.
Il est évident que la douceur, la courtoisie, sont des qualités fondamentales pour vivre en société, car elles reflètent simplement le respect de l'autre ; la patience aussi est un élément fondamental qui nous fait souvent défaut. Mais parler de "gentillesse" peut prêter à confusion : une personne qui s'efface sans cesse agace ; elle peut passer pour faible, voire molle. Ainsi, de même que le corps humain est bâti autour de la charpente du squelette, et protégé par la peau, de même notre gentillesse doit s'appuyer sur une solide fermeté intérieure et s'enrober d'une protection suffisante.
Que serait le Bisou, sans la peau qui le diffuse, et sans les dents cachées derrière les
lèvres ?
Je vous souhaite à tous une belle journée de la gentillesse, pleine de douceur et de convivialité ! (Quand le soleil est là, tout va... et il est "gentil" avec nous lui, pour le moment...)
Aux éditions Stellamaris vient de paraître mon recueil
Renaître.
Vous pouvez le feuilleter et vous le procurer à cette page.

Découvrez une revue jeune et pleine d'avenir ! (Cliquez sur l'image pour l'agrandir)
Parvenue à son n°9, Shi-zen, ou "le féminin éthique et pas toc", est un magazine attrayant écrit par des femmes mais aussi par des hommes, pour des femmes mais aussi pour des hommes, dans une optique résolument écologique (imprimée sur papier recyclé bien sûr).
Ici la couverture du dernier n° paru.
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