Mais tu ne sais d'où Il vient, ni où Il va.
Jean III, 8
En l'écoutant, toi aussi tu peux créer...
(Iegor Reznikoff à l'abbaye du
Thoronet)
"Eurydice !" répercutaient les rives à travers tout le fleuve.
VIRGILE, Géorgiques
(Mort d'Orphée)
Mais tu ne sais d'où Il vient, ni où Il va.
Jean III, 8
En l'écoutant, toi aussi tu peux créer...
(Iegor Reznikoff à l'abbaye du
Thoronet)
Note : le mot "Parthénôn" signifie en Grec "La demeure de la Jeune fille ", et c'était le Temple d'Athéna, la protectrice d'Athènes. C'est donc à elle que
s'adresse ce poème "païen".
(Le Parthénon au soleil levant)
O Reine de clarté qui trônes dans ton temple,
Vers Toi, seule aujourd'hui, j'ose lever les yeux ;
Daigne accueillir mes pas au séjour glorieux
Que, le front ébloui, humblement je contemple.
J'ai laissé à mes pieds la ville ensommeillée,
Et voici le portail immense devant moi :
Que ton auguste main soutienne mon émoi
Et me guide jusqu'à ta voûte ensoleillée.
L'énorme colonnade a jailli vers les nues,
Toute sonnante encor des hymnes du passé,
Et l'astre qui scintille entre les fûts dressés
Illumine mon cœur jusqu'à mon âme nue...
Ainsi, voici ton temple éclatant de lumière,
Et puis, voici mon âme offerte à ta beauté !
J'ai gravi ta colline et son éternité
Afin de Te connaître en ta splendeur première...
Ce tournoi est imaginé à partir des écrits de Sappho, la grande poétesse qui vécut sur l'île de Lesbos au VIIe siècle avant notre ère. Anactoria et Atthis sont deux de ses élèves et amies. La première chante dans un style plus académique, la seconde dans un style plus lyrique, qui est sensé lui apporter la palme de la victoire. Mais l'ensemble est de mon invention.
Psappha est la pronociation du nom de Sappho dans le dialecte éolien pratiqué là-bas à cette époque.
1 - Anactoria
Telle la blanche lune au milieu des étoiles,
Telle tu t'es levée, Sappho, parmi tes sœurs ;
Séléné t'a parée de son lait scintillant,
Apollon t'a comblée de ses dons lumineux ;
Et comme il offre aux jours harmonie et beauté,
Ainsi tu fais surgir de nos nuits la clarté.
*
2 - Atthis
Elle fuit, la jeune fille, telle un oiseau ;
Ses pas foulent à peine le sol,
Et son vêtement blanc s'ébouriffe autour d'elle
Aux brises matinales,
Comme les plumes de la colombe énamourée...
Mais où court-elle si tôt ?
Comme le tendre oiseau salue l'aurore,
Ainsi s'élance-t-elle vers toi,
Dame de ce logis !
*
3 - Anactoria
Plus douce que le miel
Est la Dame de mes pensées ;
Nymphes, Muses, Charites,
Pour louer sa beauté !
Car pour la célébrer
C'est bien peu de ma voix :
Assemblée en concert !
*
4 - Atthis
Muses, chantez ici la déesse aux cent bras
Qui modela nos yeux profonds, nos cheveux sombres,
Nos corps jeunes et souples et nos jolis visages,
Et chantez sa tendresse
Qui modela nos cœurs !...
Muses, chantez ici la déesse aux cent voix,
Qui nous fit musiciennes et poètes à la fois,
Habiles à la lyre et aux accents rythmés,
Et chantez sa douceur
Qui nous fit harmonieuses...
Muses, chantez ici la blonde Aphrodita,
Qui nous a réunies en un amour unique,
Celui de la splendeur d'une vie foisonnante,
Et chantez son élue,
Psappha l'inégalée ! ...
Apollôn, île de Naxos : la grève par grosse mer
Cette nuit la mer a grondé sans relâche,
Roulé et brassé ses galets comme une lionne sa proie ;
Par bonds féroces elle a cent fois heurté la côte,
Pour s'épanouir en gerbes d'écume salée,
Toujours plus haut, toujours plus loin.
Le vent soufflait et les barques dansaient,
Fermement amarrées à la digue ;
Cependant nous dormions,
Bercés par la clameur profonde
Du ressac mugissant,
A l'abri des arbustes
Sous un talus de pierres...
Ce matin elle gronde et explose encore,
Et les galets scintillent
Sous ses griffes luisantes.
Lorsque je suis allée vers elle,
Elle m'a tirée si violemment,
Puis rejetée d'un flot brutal,
Qu'on eût dit un cheval rétif
Désarçonnant son cavalier.
Roulée à terre, battue des vagues,
Je dus m'écarter promptement...
Mais qu'importait ! J'entrai ailleurs
Et, calculant l'assaut des vagues,
Je plongeai tout à coup et traversai la barre.
Je ressurgis enfin au sein d'une eau troublée,
Mouvante et animée,
Pressante, comme vivante...
Progressant vigoureusement,
Je me sentis portée comme un bouchon léger,
Ballottée, haut et bas, par les houles énormes,
Enserrée par l'écume,
Inondée de fraîches coulées ;
Et soudain je parvins dans des flots plus tranquilles,
Plus profonds et plus bleus,
Où je pus m'arrêter...
O cœur immense de la terre !
Je m'étais redressée au centre de la baie,
Et là je respirais,
Paisible entre les bras de l'eau,
Dans un décor sublime :
Autour de moi
Un gigantesque cirque de montagnes
Étincelait dans le soleil levant...
Apollôn, île de Naxos : même grève en sens opposé
Aux éditions Stellamaris vient de paraître mon recueil
Renaître.
Vous pouvez le feuilleter et vous le procurer à cette page.

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Parvenue à son n°9, Shi-zen, ou "le féminin éthique et pas toc", est un magazine attrayant écrit par des femmes mais aussi par des hommes, pour des femmes mais aussi pour des hommes, dans une optique résolument écologique (imprimée sur papier recyclé bien sûr).
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