L'Âme du poète

"Eurydicen !" toto referebant flumine ripae.

"Eurydice !" répercutaient les rives à travers tout le fleuve.

VIRGILE, Géorgiques

(Mort d'Orphée)

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L'Esprit souffle où Il veut ; et tu entends sa voix, 

Mais tu ne sais  d'où Il vient, ni où Il va.

Jean  III, 8    

 

 En l'écoutant, toi aussi tu peux créer...


   


(Iegor Reznikoff à l'abbaye du Thoronet)      

  

Poèmes de détresse

Mercredi 17 décembre 2008 3 17 /12 /Déc /2008 00:00


Fresque de Giotto représentant Saint François d'Assise



Les oiseaux de mon rêve fuyaient par les fenêtres,
A l'hôtel Saint-François-d'Assise ;
Pour combler ma tristesse il ne demeurait plus
Que des membres, des têtes en céramique enfouis
Parmi l'amas des fleurs en pots,
Sous des dalles de marbre, en des baignoires vertes.

Était-ce bien mon sang qui brunissait ainsi
Les draps blancs de mon lit jusqu'à les traverser,
Chambre cent quarante-et-un ?
Une enfant esseulée semblait contre une porte
Osciller à mourir pour devenir fauvette,
Et bientôt se perdait...

 

Au retour du voyage il se mit à pleuvoir,
Sur les rues, les trottoirs, les rails et les voitures...
Quel lugubre retour d'une quête inutile !
Point de paix, point d'amour, point de lumière encore ;
Et j'avais tant cherché, dans l'hôtel des oiseaux,
Un émissaire enfui pour m'expliquer le ciel !...




 

Par Martine Maillard - Publié dans : Poèmes de détresse - Communauté : L'âme du poète
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Dimanche 14 décembre 2008 7 14 /12 /Déc /2008 22:10
     Autre poème sur la séparation, écrit à la même époque que le précédent, et publié également dans le recueil "le Rossignol d'Argent" ( © éditions Saint-Germain-des-Prés, Paris 1974).

Mon tombeau, c'est la nuit,
Cette obscurité trouble
Où rien ne se dessine
Que la mort...

...Mais un parfum surgit...
Une harmonie enfuie,
Ou bien... un regard bleu,
Un sourire ?

Quel est-il, d'où vient-il ?
(Peut-être qu'autrefois,
Dans une vie perdue,
Je l'aimais ?)

Mon tombeau, c'est le vent,
Cette affreuse tempête ;
Et peut-être la mer
Si glacée...

L'insoutenable absence
De mon soleil de paille,
De mon ciel d'hirondelle
Invisible !...

...Mais quel dieu intervient ?
Quel souffle du Levant
M'apporte ses aurores
Dans la nuit ?

Un souvenir peut-être...
Une chanson perdue...
Le cristal des feuillages
Dans les bois ?

(Peut-être la forêt
Agonisait aussi ;
Mais le Soleil pour moi
Respirait !)

L'absence se dessine
En filigranes d'or
Sous l'épaisse toison
D'araignée...

Tombeau des mille morts,
Et des lunes d'automne
Qu'emportent mes sanglots,
Ouvre-toi !!!

...Un chant s'y éparpille,
Une fleur s'y prosterne,
Les nuages ont fui :
Tu es là...

Par Martine Maillard - Publié dans : Poèmes de détresse - Communauté : L'âme du poète
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Mercredi 28 mars 2007 3 28 /03 /Mars /2007 17:37
    Note : ce poème, écrit sous l'effet puissant de la représentation du "Parsifal" de Richard Wagner à Bayreuth en 1970, tire son titre d'un rapprochement entre la nationalité anglaise de l'interprète féminine de Kundry - Gwyneth Jones - et de son rôle qui est celui d'une "folle"- folle parce qu'elle est ensorcelée et lutte contre la force qui la domine dans des hurlements qui prennent au tripes -, mais aussi assez proche du thème "ophélien", car à la fin, déliée de sa faute par le courage de Parsifal, elle sombre dans une mort bienheureuse qui évoque, avec le fond laiteux du décor, une sorte de dérive berçante.

 

Gwyneth Jones en Kundry à Bayreuth en 1970
(Photo dédicacée)

Le Jour finit
Ma Nuit s’enfuit
Ah fuir là-bas
Oh fuir
Loin des monstres sordides

Que l’aveugle clarté se déchaîne
Et que je croule
En vagué éclaboussée
De pierres silencieuses

O ma noire divinité glacée
Où es-tu mon Sourire

Je t’aime
Blanche colombe
Des soupirs effacés
Toi que mon ange ténébreux
A baptisée sans bruit
Entre mes cieux changeants

Rivière immaculée
Gerbe enflammée

Tu es ma griserie
Vertigineuse
Mon averse
D’ambre
Et d’or

Par Martine Maillard - Publié dans : Poèmes de détresse - Communauté : L'âme du poète
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