L'Âme du poète

"Eurydicen !" toto referebant flumine ripae.

"Eurydice !" répercutaient les rives à travers tout le fleuve.

VIRGILE, Géorgiques

(Mort d'Orphée)

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L'Esprit souffle où Il veut ; et tu entends sa voix, 

Mais tu ne sais  d'où Il vient, ni où Il va.

Jean  III, 8    

 

 En l'écoutant, toi aussi tu peux créer...


   


(Iegor Reznikoff à l'abbaye du Thoronet)      

  

Labyrinthes et flammes

Mardi 1 février 2011 2 01 /02 /Fév /2011 16:50

Algerie-053.jpg

 

« Je suis la Vérité et la Voix !

 

Vois de mes mains l’éclat insoutenable !

Regarde ! Regarde !

Et Me reconnais-tu ?

C’est moi que tu suivis jadis

Par les chemins poudreux,

C’est moi dont tu suivis la Voix,

Fascinée, incrédule.

Car ce que tu voyais,

Ce que tu entendais alors,

Ce n’était pas vraiment la Vérité !

Ce n’était qu’apparence,

Pour les enfants qui ont besoin d’images.

 

Bientôt tu n’entendis plus rien,

Tu n’aperçus plus rien,

Et tu me crus perdu.

Où est-il donc passé,

Celui qui me promettait tout ?

Disais-tu ; il ne m’a rien laissé !...

Et cependant, écoute !

Écoute cette rumeur,

Écoute cette tempête,

Ouvre tes yeux cachés !

Tu trembles ! Tu ne vois rien,

Parce que tu ne sais pas où il faut regarder.

 

Ose enfin soulever les voiles de ton cœur,

Là où tu dors depuis toujours,

Dans la paresse de l’animal enfoui…

Tu entendras craquer la mort,

Comme la glace qui dégèle,

Tu entendras gronder la nuit ;

Écoute mon Silence !

Dans cette flamme qui t’aveugle,

Je Suis, Moi, le Ressuscité,

La Voix impérieuse élevée du Silence

Après l’éclatement du monde.

 

Regarde autour de toi :

Il n’y reste plus rien… Tous t’ont quittée !

Et tu cherches ma Voix,

Tu cherches mon Éclat ?

Mais cette Voix est tienne, et cet Éclat aussi !

Il y a si longtemps que je t’ai tout donné !...

Ah ! Pourquoi ne m’as-tu jamais vu,

Pourquoi as-tu scellé ton corps,

Et banni de ton cœur la mémoire de moi ?

Je suis Ta Vérité, et tu ne peux m’éteindre !

Aussi t’ai-je brisée,

Jetée dans la tourmente et consumée,

Afin qu’en ces décombres tu me reconnaisses

Unique en toi.

Car Je Règne à jamais, et je ne connais point d’obstacle ! »

 

 

Oh ! Silencieuse et pure,

Mon âme intacte et neuve

Brillait comme un anneau

Quand la mer reflua…


 

creativite.jpg

 

Ce poème extrait de "Labyrinthes et flammes",  fut écrit un jour où, revenant à mon immeuble parisien je trouvai celui-ci en flammes et cerné par les pompiers. Après une demi-journée d'angoisse je retrouvai mes manuscrits (et mes affaires) trempés d'eau mais sans dommage.

Il contient aussi une variation autour du mot "Voix" parce qu'à l'époque j'étudiais le chant et craignais de ne pouvoir me faire entendre, celle-ci étant trop fragile...


Par Valentine - Publié dans : Labyrinthes et flammes - Communauté : L'âme du poète
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Dimanche 29 juin 2008 7 29 /06 /Juin /2008 01:50
    Dans mon jardin un arbre est tombé.
    Pour moi c'est comme si j'avais perdu un être cher.
    Et cela m'a rappelé ce poème, écrit autrefois lorsque j'essayais de comprendre l'origine de mon sentiment d'insécurité.
    A quoi bon chercher à comprendre ?... Je n'ai plus en tête que la chanson de Brassens :
"Auprès de mon arbre je vivais heureux ;
J'aurais jamais dû m'éloigner de mon arbre".

    Mais là c'est pire : il n'y en a plus !!!

Image tirée du site Ephphata


Donne-moi ta petite main blanche
Où s'enchevêtrent des tiges fleuries de volubilis
Souris de ta petite bouche fine
Qu'égayent des corolles de liserons blancs
Penche ta chevelure précieuse
Entremêlée de glycine follette


Tu n'es qu'une fleur
O petite bien-aimée
Vers laquelle je me penche pour te respirer
De ta robe violette
S'exhale le parfum des gentianes
Et de ton buste blanc
Je ne vois que la forme en lys


Si je souffle vers toi
Pencheras-tu rêveusement sur le côté
Comme au souffle du vent
La fleur de mon jardin
Et si j'attends le soir
Fermeras-tu ta corolle aux rosées de la nuit
Et quand viendra le temps
Tomberas-tu flétrie en poussière à mes pieds


O grâce sois encore
Devant moi gigantesque
Comme le mur de mon jardin
Le paradis c’est tout petit
Sinon où suis-je qui suis-je que devenir
Il n’y a plus de paradis



    Voilà ce qui arrive, quand on oublie ses amis...
Par Martine Maillard - Publié dans : Labyrinthes et flammes - Communauté : L'art et la manière
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Dimanche 20 janvier 2008 7 20 /01 /Jan /2008 21:45



Journées
Multiples facettes de ma vie
kaléidoscopique
Palettes métalliques où le soleil se joue
par éclairs successifs
Journées comme des oies de cirque
marchant de leur pas consulaire
à l’abattoir
Têtes royales tranchées
l’une après l’autre

Journées
Mes tranches de fromage
Où je me taille ici ou là un petit trou
pour oublier un peu
l’horreur du jeu
Journées pâles comme des jeunes filles
Flexibles comme des roseaux verts
exagérément étirées
Journées compactes comme de grands rochers
marquant ma route par jalons
de leur grondement de tonnerre

Journées étalées sur ma chaussée de ciment
Sur vous je joue à la marelle
à cloche-pied à contre-cœur
D’un mouvement toujours avant
toujours précaire
Sans espoir de retour
Sans espoir de repos

Terre où t’ai-je laissée
Mais où est donc le Ciel


Par Martine Maillard - Publié dans : Labyrinthes et flammes
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