L'Âme du poète

"Eurydicen !" toto referebant flumine ripae.

"Eurydice !" répercutaient les rives à travers tout le fleuve.

VIRGILE, Géorgiques

(Mort d'Orphée)

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L'Esprit souffle où Il veut ; et tu entends sa voix, 

Mais tu ne sais  d'où Il vient, ni où Il va.

Jean  III, 8    

 

 En l'écoutant, toi aussi tu peux créer...


   


(Iegor Reznikoff à l'abbaye du Thoronet)      

  

Poèmes mystiques

Jeudi 17 novembre 2005 4 17 /11 /Nov /2005 19:29

Le Plomb du Cantal, 11 novembre 2005 (photo Martine Maillard)

J’ai tant vu de visages…

Autrefois ils avaient l’austérité des ombres,
Ils passaient sans éclat sur un écran d’images
Dans mon décor morose…

Un jour ils ont pris vie ;
Et j’ai vu s’allumer le fond d’un regard clair
Dans un brillant sourire :
Mon âme épouvantée s’en crut ensorcelée.

Aujourd’hui je vous vois, visages différents,
Animés d’un halo de lumière intérieure
Plus ou moins rayonnant
En fonction des effluves émanés de votre âme…

Oh ! Que j’aime surtout ces lumières paisibles
Des visages sereins,
Dont on sent la chaleur doucement attentive
Et l’éclat généreux !

O combien je m’attriste
De rencontrer encore tant de regards éteints
De visages sans vie comme nuits sans étoiles !

Mais ton visage à toi, bel ange vénitien,
Répand un feu trop vif à mon regard tout neuf…
On dirait qu’il pétille, et que mille flammèches
En jaillissent sans cesse en flèches crépitantes.

Reflète-t-il la vie ardente et enthousiaste,
Une gaieté qui fuse irrésistiblement ?
Ou est-ce qu’il attire et se veut fascinant,
Ce feu tourbillonnant, ce brillant papillon ?

Si j’approche trop près, je suis éclaboussée
De brûlures subtiles…
Avoir les yeux ouverts est vraiment s’exposer
A d’étranges blessures !

Et pourtant, dans le ciel,
Le grand soleil mousseux ressurgi d’un cratère
Dans l’éclat métallique d’un château de nuées,
Me renvoie un reflet de splendeur argentée,

Comme pour m’indiquer majestueusement
De me vêtir d’acier clair et doux comme lui,
Afin que ton pétillement doré
Puisse atteindre sans meurtrissure
La source vive de mon cœur !…

1983

 

Le Puy Griou, 11 novembre 2005 (Photo Martine Maillard)

Par Martine Maillard - Publié dans : Poèmes mystiques
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Lundi 14 novembre 2005 1 14 /11 /Nov /2005 00:00

 

Si transparent, et si fragile,
Cet habit clair qui m’est échu !
O Dieu, vers où porter mes pas
Pour éviter de le briser ?

Il est cristallin et brillant,
Mais j’ai trop peur en vérité…
Mes semblables sont noirs de terre,
O Dieu, comme leur argile est solide !

J’ai peur d’eux et je les envie
D’être résistants et opaques…
Et vont-ils rire en me voyant !
Je crains même de n’être point vu…

Mais moi je vais leur dire :
« Eh non, je ne suis rien
Face à votre écrasante image ;
Mais regardez plutôt par transparence ! »

Hélas, et je m’écarterai
Pour n’être point brisé, mon Dieu,
Tandis que votre douce lumière
Gentiment me traversera…

Alors ils s’effraieront peut-être :
Hé ! Que se passera-t-il donc ?
Ils cligneront des yeux, ils seront éblouis
Des étincelles d’or qui sortiront de moi.

Et ils s’étonneront :
« Mais quel est celui-là ?
Nous le croyions enfant de verre,
Et le voici Enfant-Soleil ! »

Et je rutilerai de joie,
Mon Dieu, tant pis si je suis seul !
J’aime mieux être frêle et nu
Que raidi dans leur boue séchée.


20.06.1983

 

 

Tous les gauchers seraient-ils des enchanteurs ?...

 

Par Martine Maillard - Publié dans : Poèmes mystiques
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Lundi 5 septembre 2005 1 05 /09 /Sep /2005 00:00



O blanc cristal dressé
Qu'effleure une licorne rêveuse,
Ton jour n'est pas venu de laver les prairies !
Repose sur le lit des neigeuses rosées :
Déjà se meut l'oiseau qui verra ton envol...
Il est blanc, couronné d'une aigrette dorée ;
Sur son bec rouge et noir se lit la Volonté,
Et il dresse le col, ranimé par l'Amour.

Une arche dans le ciel
Se dessine déjà, avec pour frontispice
Le Cygne, Cassiopée, la Lyre et Andromède ;
Tu vois l'Aigle et Persée, tu vois même Ophiucus !
Et les sons qui jaillissent
Créent la route limpide...

Toi qui viens de Jadis, frappe à la porte offerte ;
Laisse-toi aspirer par ses scintillements :
C'est ainsi que t'appelle l'Ange dans son Cristal.

En Lui, glisse ébloui... et laisse-Le chanter !


 
Par Martine Maillard - Publié dans : Poèmes mystiques
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