Samedi 30 septembre 2006
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Le rêve du poète
Ce sont ces feuilles mortes,
Et toutes ces étoiles,
Tous ces nuages
En couleurs dans sa tête
Un peu comme un appel
Du ciel taché d'ouate,
Un peu comme une écharpe
Qui vole au vent
Un peu comme la chanson
Du matelot qui part
En traversant les houles,
Sur l’écume des flots.
Le rêve du conteur
C’est un pays tout blanc
Un pays de chimère
Aux araignées gourmandes,
Aux sorcières déchues,
Où vient le bon Génie
Jouer du tambourin
Sur l’arrière-train des singes
Envolés dans les arbres ;
Ce sont des enfants-rois
Qui écoutent ravis
L’histoire d’une servante
Plus forte qu’une armée !
Quand le conte raconte
Le poète s’endort :
Tout devient plus aisé
Dans un nid de papier.
Tu souris au pommier
Que tes pas ont trouvé,
Et dans le vieux chaudron
T’attend le Fils du Roi.
Raconte-m’en toujours,
Je ne veux plus grandir…
En illustration sonore, écoutez ici "Pays lointains",
tiré des "Scènes d'enfants" de
Robert Schumann,
et joué au piano par Claudio Colombo
Par Martine Maillard
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Jeudi 17 août 2006
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21:52
(Steve Roach : Suspended Memories, Forgotten Gods - Hearts of
Space, 1993)
Dans la pénombre dorment les dieux
Accrochés aux parois des grottes secrètes
Ferme les yeux
Tu entendras leur souffle
Ferme les yeux
Tu percevras leurs voix
Distinctes dans la nuit
"Nous sommes là
Nous semblons dormir mais nous veillons
Nous t'entendons
Nous te voyons
N'aie peur de rien
Tout est silence et tout est nuit
Nulle part n'est ailleurs
Partout est ici
La Mort est la Vie
Et la Vie est Mort
Poursuis ta route
De gouffre en cime
Et de cime en gouffre
Lumière et Nuit
Enfer ou Joie
Tout est semblable
Poursuis ta route
Et tu seras un jour
Semblable à nous
Un dessin sur le mur
De la caverne..."
Forgotten Gods, début de la plage 6
Par Martine Maillard
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Mardi 10 janvier 2006
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19:04
Une image qu'on ne verra plus jamais : c'était dans les années 70, sous le métro parisien. A l'époque, les musiciens des rues n'étaient pas si nombreux, et quelques mordus de la musique classique pouvaient s'offrir le luxe de faire un petit stage dans les couloirs, où ça sonnait comme dans une cathédrale, pour voir si leur morceau était au point et en apprécier la qualité à l'intérêt manifesté par les passants.
Ces jeunes gens, élèves du Conservatoire National Supérieur de Paris, avaient coutume de descendre certains soirs dans la station Saint-Lazare ou dans les stations voisines ; ils ajoutaient un petit texte concernant la poésie et un vieux chapeau, pour le fun ; et souvent un important attroupement se faisait autour d'eux. C'est sûr : un hautbois avec un violoncelle, c'est déjà un "petit ensemble", et dans les ramifications du métro ça rendait un effet terrible !
Là, ils sont à la station "Opéra" (qui était alors en travaux pour devenir "Auber"). Un journaliste de la "Libre Belgique" qui passait par là a trouvé la situation si drôle qu'il leur a consacré un article dans le quotidien belge. D'ailleurs, voyez : le hautboïste avait même mis sa Lavallière, pour montrer qu'il ne faisait pas cela "en clochard", mais vraiment dans l'esprit d'offrir un concert aux usagers du métro, à leur retour du travail.
Ils jouaient du Heinichen, compositeur baroque allemand.
(voir ici, volume 2 piste 15)
Quelques pièces tombaient parfois dans le chapeau...
Elles servaient juste à payer la pizza du soir ; et si le patron de l'établissement était partant, le concert reprenait au restaurant et permettait d'assurer le dessert!
Ah ! Musique ! Tu es belle quand tu es libre ...
Par Martine Maillard
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