Mais tu ne sais d'où Il vient, ni où Il va.
Jean III, 8
En l'écoutant, toi aussi tu peux créer...
(Iegor Reznikoff à l'abbaye du
Thoronet)
"Eurydice !" répercutaient les rives à travers tout le fleuve.
VIRGILE, Géorgiques
(Mort d'Orphée)
Mais tu ne sais d'où Il vient, ni où Il va.
Jean III, 8
En l'écoutant, toi aussi tu peux créer...
(Iegor Reznikoff à l'abbaye du
Thoronet)
Ce mardi, la pluie étant tombée avec force dans la nuit, le ciel est demeuré brumeux ... Pourtant nous avons décidé d'aller visiter le Cirque de Mourèze, qui d'après la carte semblait intéressant.
La reproduction ci-dessous du secteur d'après Géoportail vous permettra de mieux situer les lieux, avec le tronçon d'autoroute de droite qui va vers Montpellier, et celui de gauche qui descend sur Béziers (cliquez sur l'image pour l'agrandir).
Nous avons en effet été stupéfaits du paysage qui s'est offert à nous, de ces énormes roches dressées en cheminées qui surplombaient les maisons
paisibles du petit village au caractère ancien.
Comment ce jardin "suspendu" avait-il pu aller se jucher au sommet de cette roche imposante et abrupte ? Perdus dans les bambous qui abondent en
cette région, nous revenons peu à peu dans le village.
Un petit coup d'oeil vers ses ruelles escarpées, totalement vides en cette journée grise...
Et finalement l'absence de touristes, même si elle nous permet de stationner n'importe où, fait que nous ne découvrons à aucun moment par où entrer
dans le site... et n'imaginons même pas que ce soit possible. (Pourtant si vous agrandissez cette image, vous verrez qu'à gauche il y a un écriteau portant l'indication : "Cirque"... Je viens
juste de m'en apercevoir !)
Nous suivons donc la route en nous arrêtant ici ou là.
La sortie du village vers Clermont l'Hérault.
Nous essayons de partir à pied, mais ça ne mène nulle part !
On en voit quand même d'assez extraordinaires, même si le temps rend la photo blafarde et les lointains fantômatiques.
Impressionnante tour fendue qui semble
s'ouvrir comme les cuisses d'une femme...
Toute une série de crêtes par-dessus
les tamaris.
Une route accidentée qui plonge dans un
désert de pierres.
Autre bastion propice à l'aventure
!
Et devant cette forteresse crénelée, le
vent souffle avec violence dans les saules.
Mais que vois-je en face de ce paysage, juste derrière moi ... ?
Un bouc, descendu brouter au bord de la
route !!
Il s'approche tranquillement. Je n'en
avais encore jamais vu !
Mais quand une voiture approche, il a
tôt fait d'escalader la paroi à pic. J'en suis stupéfaite.
Alors nous quittons les environs immédiats pour visiter un peu les environs,
et arrivons à la dalle paléontologique de la Lieude, qui décrit l'évolution géologique du terrain environnant. Cependant il fait si sombre que la plaque elle-même ne me paraît pas pouvoir être photographiée, et je me contente d'essayer de saisir, de loin, le château en ruines qui la surplombe : le château de Malavieille.
J'ai beaucoup de mal à le
saisir.
Quand on passe derrière on voit sur quel escarpement il a été construit, place forte indéniable.
Je me fais un malin plaisir à prendre les plus petites routes possibles et soudain, que rencontrons-nous dans un champ ?
Des lamas !! C'est vraiment la montagne ici... Dépaysement assuré...
Pour ceux qui voudraient mieux comprendre la formation du cirque de Mourèze et mieux le découvrir au grand soleil, voici deux sites que je vous recommande :
1) celui de Wikipédia, avec toute une collection de photographies superbes.
2) Celui du département, qui non seulement offre des explications plus accessibles que celles de Wikipedia avec de belles photos qu'évidemment il faut agrandir, mais encore propose une navigation vers toutes les curiosités des alentours.
Cependant ce n'est pas ici que nous trouverons la dalle paléontologique de la Lieude, mais sur un autre site départemental (découverte 34) : vous y verrez ce qu'elle signifie, mais aussi combien en prendre des photographies est peu attirant.
C'est sur le même site que vous trouverez de belles images
du château de Malavieille, avec quelques précisions sur son histoire.
Ce lundi, nous nous réveillons sous le soleil et par la fenêtre de ma chambre de mobil-home, je vois Fanny et Léon déjà occupés à prendre leur petit déjeuner.
Je sors les saluer et admirer dans la lumière du matin l'étang qui jouxte notre habitation.
Il s'agit du dernier d'une série d'étangs créés là à partir d'une dérivation de l'Hérault, à fin d'irrigation des terres locales. On s'y baigne si l'on veut, mais nous n'avons pas osé... (pour info, nous sommes là, cliquez sur "Nature, calme, pêche...").
Ils ont dans leur pré un drôle de copain... Je n'ai jamais pu le voir de près à
cause des clôtures électriques, mais si j'avais la verve de Stellamaris je lui aurais certainement consacré un petit poème. On
dirait une sorte de cabri, de bouquetin... Et justement, il y en a dans le coin, vous le verrez bientôt !
Mais bon, arrive l'après-midi et nous partons en promenade.
Manque de chance, le temps a passé à l'orage ; le mauvais temps annoncé par alerte "orange" à la météo est pour le soir ! Pour l'heure l'atmosphère reste douce et calme, quoique grise et cotonneuse, et mis à part quelques petites gouttes clairsemées nous n'avons guère à nous plaindre.
Nous allons donc à la découverte du lac du Salagou, une merveille géologique qui me laisse pantoise.
Le lac, artificiel, a été créé à partir de la rivière "Salagou" et repose sur un terrain particulièrement inhabituel, formé d'une terre rouge et sableuse avec par endroits des strates plus dures permettant une sorte de "sculpture" spectaculaire du paysage. Si vous visitez ici le site que lui consacre Wikipedia, non seulement vous en aurez quelques vues panoramiques ou par temps ensoleillé que je n'ai pas eu le loisir de prendre, mais en plus vous apprendrez que cette roche s'appelle "la ruffe", et est formée de sédiments argileux mêlés à de l'oxyde de fer (d'où l'étonnante couleur). En ce qui concerne les "empreintes fossiles datant du Permien" nous les verrons lors d'une promenade ultérieure...
Vous pourrez
agrandir mes photos généralement jusqu'à 1024 px, car j'ai jugé que pour cette fois cela en valait la peine.
Constatez sur cette vue la mollesse des courbes qui évoquent des dunes, avec des creux et des moutonnements presque sensuels. Une végétation pauvre croît sur ces étranges monticules, et leurs zones dénudées laissent paraître une multitude de petits cailloux dont vous verrez ci-dessous ce qu'il va advenir.
Eh
oui ! Les gens les ont utilisés pour signer leur passage de manière parfois très originale !
Stupéfaite
de l'aspect "sculpté" que prend la terre en cet endroit j'en ai pris quantité de vues diverses.
Ne dirait-on pas un peu l'une de ces "tourbières" que l'on rencontre en Islande ou au Canada ?
Cependant voici une nouvelle surprise : dans le lac lui-même apparaissent, sous forme d'îles ou de presqu'îles, des cônes montagneux parfaitement dessinés comme d'incroyables "chapeaux pointus". Cônes de lave paraît-il, souvenirs d'une lointaine activité volcanique - qui est à vrai dire à l'origine de la forte teneur en fer de ce sol (voir aussi ici).
Nous
approchons peu à peu de la plus éminente de ces crêtes.
Et nous la
contournons tandis que dans le lointain le regard plonge vers la vallée qu'a envahie le lac.
Encore une fois je ne
puis m'empêcher de m'arrêter pour vous montrer les sculptures curieusement taillées dans cette roche friable.
Et voilà de nouveau toute une série de "signatures" ! C'est assez joli tout de même.
Drôle de
paysage n'est-ce pas ? Ces petits cônes, ces replis, ces crevasses qui ressemblent à des poteries, et ces décorations "de perles" à perte de vue...
Une
route qui va jusqu'au bord... Là encore, un cône dressé ; et devant nous une vieille borne qui semble dater d'avant le lac, pour des routes qui n'existent plus puisqu'il ne subsiste que
l'étroite voie par laquelle nous sommes venus, aboutissant à un simple embarcadère en "cul de sac".
Sur notre droite pourtant, avant de repartir, saluons ce joli petit cône
surplombé d'une roche portant une croix.
Commençons à nous promener le long des gorges de l'Hérault...
Je ne vous dis pas le monde encore ce premier dimanche de septembre où il fait beau et chaud !
Nous filons donc sans demander notre reste sur la montagne, qui elle est déserte.
(cliquez sur les photos pour les agrandir).
J'adore ce paysage de maquis tout garni de rocailles... Nous arrivons au village de Causse-de-la-Selle, surprises d'y trouver un château.
J'aimerais vivre là ! Mais nous obliquons vers la gauche
pour ne pas rejoindre les routes larges des vallées, en espérant poursuivre par la montagne.
Nous rencontrons des vignes et des champs d'oliviers. Et moi qui avais tant entendu parler du grand âge des oliviers, je suis toute surprise de découvrir que dans les oliveraies ils semblent tout jeunes ! Sans doute est-ce préférable pour la production des olives.
Partout de magnifiques grappes noires, prêtes pour la cueillette... Nous goûterons ce vin, et serons surprises de la variété immense des productions (chaque viticulteur vend ses propres bouteilles ; sans parler de ceux qui gardent leur vin et ne le vendent pas !), autant que de la qualité de certains crus. A chaque repas, pendant une semaine, une bouteille de rosé différente et toujours issue des environs immédiats.
Mais impossible de revenir autrement que par les gorges. Bonne nouvelle ! Il va y avoir moins de monde et on va les voir dans l'autre sens. Seul hic : c'est septembre, et le soleil a déjà fâcheusement baissé.
C'est la redescente parmi les cailloutis, jusqu'à une sorte de barrage qui laisse apparaître un passage circulaire taillé par l'eau en pleine roche.
A partir de là nous nous engageons dans le défilé, et je peux m'arrêter pour photographier...
... Et je comprends pourquoi il y avait tant de voitures tout au long des gorges : les gens du coin s'arrêtent partout et descendent au fleuve de partout pour s'y baigner. Pourtant il y a un sacré dénivelé, mais bon, ils sont sportifs. Et même, regardez bien : ne voyez-vous pas un petit point dans le fleuve au fond à droite ? (Agrandissez).
Deuxième photo prise juste après et recadrée pour mieux voir : au fond, la route avec une voiture ; dans l'eau, un nageur dont le sillon atteste qu'il vient bien de l'endroit où il était sur la première photo (je l'ai indiqué avec une flèche) ; eh bien, ce nageur, je venais de le voir sauter de la roche de gauche, depuis l'endroit marqué d'une flèche ! Comment s'y rend-il ? Mystère ! En tous cas cela doit se faire couramment, si l'on en croit ce site.
L'ombre gagne dans les gorges... Nous rentrons. Mais reviendrons lors d'autres promenades !
Aux éditions Stellamaris vient de paraître mon recueil
Renaître.
Vous pouvez le feuilleter et vous le procurer à cette page.

Découvrez une revue jeune et pleine d'avenir ! (Cliquez sur l'image pour l'agrandir)
Parvenue à son n°9, Shi-zen, ou "le féminin éthique et pas toc", est un magazine attrayant écrit par des femmes mais aussi par des hommes, pour des femmes mais aussi pour des hommes, dans une optique résolument écologique (imprimée sur papier recyclé bien sûr).
Ici la couverture du dernier n° paru.
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