L'Âme du Poète

"Eurydicen !" toto referebant flumine ripae.

"Eurydice !" répercutaient les rives à travers tout le fleuve.

VIRGILE, Géorgiques

(Mort d'Orphée)

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L'Esprit souffle où Il veut ; et tu entends sa voix, 

Mais tu ne sais d'où Il vient, ni où Il va.

Saint-Jean  III, 8    

 

   

(Iegor Reznikoff à l'abbaye du Thoronet) 

        

 

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Samedi 22 mai 2010 6 22 /05 /2010 16:58

 

lilas 220510-01

 

 

 

Dans le soir

Les fleurs fanées du lilas

Presque inaccessibles

 

 

lilas 220510-02

 

 

  Il me rappelle ainsi un poème de Sappho, que j'ai traduit ici.

 

Publié dans : Haïkus et autres poèmes courts - Communauté : Terre de lumiére - Par Martine Maillard
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Vendredi 21 mai 2010 5 21 /05 /2010 22:16

Femme grecque parée pour la fête

Femme grecque parée pour un mariage.

 

      Sappho tenait une école pour jeunes filles, dans laquelle elle les instruisait de tout ce qu'il était nécessaire de savoir, dans la belle société raffinée de Mitylène au VIIe siècle avant notre ère, pour trouver un digne époux.

    Il serait erroné de s'imaginer que l'amour des femmes était au coeur de ce projet : ou alors il s'agirait d'une sorte de sacerdoce, afin d'offrir à chacune d'entre elles le meilleur moyen d'épanouir ses potentialités. D'ailleurs Sappho semble avoir eu dans sa ville une telle notoriété qu'il serait douteux d'imaginer qu'elle n'effectuait pas le travail demandé avec le plus grand sérieux.

      L'île de Lesbos à cette époque était un comptoir rapproché de l'Asie mineure et à ce titre vivait richement de marchés avec le Moyen-Orient. Aussi les jeunes filles fréquentant l'institut gouverné par Sappho y apprenaient-elles les manières du grand monde, d'abord la danse pour avoir un joli maintien, puis le chant pour posséder une voix mélodieuse, l'art de parler et de deviser avec intelligence, et éventuellement l'art de jouer d'un instrument pour être en mesure de charmer leur époux ; car leur but ultime était de trouver le meilleur parti possible.

 

     Ainsi la poétesse, décriée par la suite par les Romains trop pudiques qui s'offusquèrent de sa vie privée - pourtant demeurée privée - n'en avait pas moins écrit des centaines d' « épithalames », ou poèmes composés à l'occasion des noces de ses élèves quittant l'établissement (vous en avez un exemple ici).

 

    C'est parmi ceux-ci que l'on peut trouver aussi les quelques-uns qu'elle consacra à celles qui n'avaient pas trouvé d'époux - et que pourtant elle appréciait autant que les autres...

       Voici le plus complet, donc le plus agréable à relire. Je vous le communique dans le texte établi par Théodore Reinach pour "Les Belles Lettres", page 279 de l'édition de 1966 (fragment 112 du Livre IX, "Epithalames"). 

 

 

Texte Sappho

 

    Et voici la traduction que j'en ai établie en vers libres  :

 

Comme on voit le doux fruit rougir haut sur la branche,

  Si haut... les ramasseurs l'auraient-ils oublié ?

Mais non, ils n'ont pas pu tout simplement l'atteindre.

 


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Mercredi 19 mai 2010 3 19 /05 /2010 10:06

         Et voilà, le soleil revient, les lilas fanent (du travail à ébrancher) et les fleurs s'épanouissent.

           Commençons par les classiques :

Azalée-05-10

L'azalée...

Rhododendron-05-10

....et le rhododendron qui, plantés il y a deux ou trois ans, prennent chaque année de l'ampleur.

 

Fougère naissante-05-10

La jolie fougère qui démarre seulement.

Pensées-05-10

Les traditionnelles pensées !

Premières roses-05-10 Les premières roses, qui ont (comme le reste) une bonne dizaine de jours de retard par rapport à l'an passé (devinez pourquoi ?)

Arbuste fleuri-05-10 L'arbuste de plus en plus arrondi parce que je le taille de mieux en mieux. (Qui peut me dire ce que c'est ? Je l'ignore évidemment...)

Iris de Hollande-05-10   Et enfin, la nouveauté et la surprise de l'année : des iris de Hollande que j'ai plantés dans ce nouvel espace aménagé le long du muret qui borde la rue.

 

          Allons ! Je pars couper mes lilas...  1




    

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Mardi 18 mai 2010 2 18 /05 /2010 17:36

         Continuons à brosser une rétrospective de mes aventures en reculant dans le temps...


     Avant-hier, je me suis rendue à Fontainebleau pour assister à un concert donné en mémoire de mon père par son successeur au lycée François Ier de cette ville.


Annonce concert 16 mai 

 

        En effet, Jean-Jacques Prévost a pris la succession jusqu'en 2007 de mon père dans la section A3 musique qu'il avait créée aux tous débuts de son histoire (elle s'appelait alors A6). Et de même qu'Eric Lebrun, ancien élève de mon père, est venu lui rendre hommage en exécutant pour nous le Choral du Veilleur de Jean-Sébastien Bach aux grandes orgues de l'église  de Saint-Louis, de même Jean-Jacques Prévost, animateur d'une chorale remarquable (Laudate Dominum), a pu trouver parmi ses anciens élèves l'essentiel des musiciens qui constituent son orchestre dans cette majestueuse prestation, ainsi qu'au moins l'une des voix solistes.

 

ConcertFBleau-160510-01

     Dans l'église comble, chacun a retenu son souffle de la première à la dernière seconde... Et ce n'est qu'après de nombreux rappels que nous pensâmes à prendre quelques photos durant l'exécution en bis du dernier verset du Credo :  

« Et exspecto resurrectionem mortuorum, et vitam venturi saeculi - Amen »

« Et j'attends la résurrection des morts, et la vie du monde à venir - Amen »

 

 

 

        Cette oeuvre magistrale d'une durée de deux heures est une des rares compositions du Maître de Leipzig sur un texte latin destiné à l'Eglise Catholique ; et si certains le trouvent plus convaincant dans ses cantates ou ses Passions, je trouve pour ma part beaucoup de points communs entre ces pages et celles du Magnificat, qui est sans nul doute l'un des chefs d'oeuvre du Kantor. Dans tout ce qui concerne la religion et la spiritualité, Bach conserve la même puissance incomparable.

 

ConcertFBleau-160510-02La première photographie était prise en "haute définition" ; celle-ci est prise au flash... Comparez. Les deux peuvent être agrandies (ainsi que la dernière ci-dessous) et si vous agrandissez, celle-ci sera de meilleure qualité quoique l'autre reflète mieux la véritable luminosité du lieu. Ainsi vous pourrez apercevoir à droite du mollet droit du chef d'orchestre, sous le pupitre, le hautbois d'amour dont je vous parle plus bas. 

 

      Voici l'un de mes passages préférés, le premier verset du Sanctus, interprété ici par "The Sixteen" sous la direction de Harry Christophers. 

            

            

« Sanctus, sanctus, sanctus, Dominus deus Sabaoth ! Pleni sunt caeli et terra gloria ejus »

« Saint, saint, saint, le Seigneur, Dieu de l'Univers ! Le ciel et la terre sont remplis de sa gloire »

           Malgré une interprétation que je trouve un peu sèche, je vais réutiliser le deezer pour vous faire entendre un passage plus lent, afin que vous ayez une idée de la diversité de l'oeuvre. Malheureusement je ne possède la messe en si mineur qu'en deux cassettes audio, il m'est donc plus facile de puiser dans les ressources du net (d'ailleurs le passage du "sanctus" ci-dessus est à cause de cela en mono) ; vous en goûterez tout de même la recherche harmonique... Il s'agit d'un verset tiré du Credo, le "et incarnatus est ".

« Et incarnatus est de Spiritu Sancto ex Maria Virgine, et homo factus est. »
« Par l'Esprit-Saint, il a pris chair de la Vierge Marie, et s'est fait homme. »

    C'est aussi l'un de mes passages préférés.
    Et comme je ne puis tout de même ignorer les nombreux airs interprétés par les solistes, et à chaque fois accompagnés d'un instrument mis en valeur (la flûte, le violon, le cor même dans un air de basse), je ne résiste plus au plaisir de vous faire découvrir cet air pour alto (ou contre-ténor) dans lequel l'instrument concertant est le hautbois d'amour... Un instrument magnifique maintenant trop oublié, l'intermédiaire entre le hautbois classique et son "grand-frère" le cor anglais.

 

 

Il s'agit d'un extrait du Gloria :

« Qui sedes ad dextram Patris, miserere nobis »

« Toi qui es assis à la droite du Père, prends pitié de nous »

 

Pour terminer, le salut des solistes et du chef :
ConcertFBleau-160510-03De gauche à droite : Emilie Rose Bry (soprano 1), Dominique Mc Cormick (soprano 2), Jean-Jacques Prévost (chef d'orchestre), Sophia Castiello (alto), Gil Chazallet (ténor), et Olivier Ayault (baryton).


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Mardi 18 mai 2010 2 18 /05 /2010 14:27

      Chers amis,

      Je vous ai abandonnés un moment mais reviens avec une cargaison d'idées d'articles. Sans parler des occasions que j'ai manquées, quand je suis en voiture et vois un truc génial mais n'ai pas l'appareil photos sur moi : par exemple ce dimanche, le Papy conduisant son caniche au marché à la brocante d'Aubigny-sur-Nère dans une poussette... Fallait voir les oreilles du caniche ravi voler au vent ! Et la semaine précédente, tout le troupeau de vaches brun clair couché au pied d'un arbre énorme, dans un pré cerné par des bosquets... Je vous en donne au moins une idée.


      Je débuterai aujourd'hui par la nouveauté du moment (et la facilité  pour moi) : en vous montrant le beau travail de Lyriann, peintre, poète, photographe, cinéaste, réalisateur et formateur !


      En effet, en vue d'un prochain festival, il a réalisé un reportage sur un peintre des environs de Cahors, Pierre d'Huparlac. Cet artiste originaire de Bordeaux aime à insérer de l'écrit dans ses toiles, sortes de grafitis sur des murs sombres d'où émergent des fenêtres de couleurs vives (voir également ici).


     Le film disponible par Dailymotion est un avant-goût, distinct mais évocateur, du court-métrage de 26 mn réalisé par Lyriann pour le représenter à l'oeuvre. De plus, la musique originale de Mick Byrds est absolument superbe.

(NB : Alain Subrebost, dont le nom est visible au départ, est celui qui dirige la société de production audiovisuelle du Périgord Noir, "Kodo Prod". Mais à la fin de la vidéo, vous verrez dans le générique les noms de ceux qui ont travaillé à sa réalisation).

 

 

 

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