Mais tu ne sais d'où Il vient, ni où Il va.
Jean III, 8
En l'écoutant, toi aussi tu peux créer...
(Iegor Reznikoff à l'abbaye du
Thoronet)
"Eurydice !" répercutaient les rives à travers tout le fleuve.
VIRGILE, Géorgiques
(Mort d'Orphée)
Mais tu ne sais d'où Il vient, ni où Il va.
Jean III, 8
En l'écoutant, toi aussi tu peux créer...
(Iegor Reznikoff à l'abbaye du
Thoronet)
Vase grec représentant des convives lors d'un banquet, avec une joueuse de flûte double.
Voici un charmant poème d'Anacréon (Poète Grec du VIe siècle av. JC), que j'ai traduit étant élève, à 16 ans en classe de première. Il s'agit d'une adaptation en vers réguliers et rimés, reproduisant le plus fidèlement possible le style du modèle. Ronsard a fait également une adaptation de ce poème dans ses Odes (II, 19), et vous en trouverez une traduction "fidèle" en ligne ici.
Vers l’heure de minuit, un jour,
Alors que l’Ourse fait son tour
Par la main du Bouvier guidée,
Et que la race fatiguée
Des mortels dort profondément,
Tout à coup Eros, m’éveillant,
Frappa le heurtoir de ma porte.
« Qui, dis-je, frappe de la sorte,
Chassant mes rêves sans douceur ? »
Mais il me dit : « Ne prends pas peur ;
Je suis un enfant, ouvre vite,
Qu’en ta demeure je m’abrite !
Dans la nuit noire j’ai erré,
Je suis trempé. » Je m’éclairai,
Émue au son de sa prière,
Et lui ouvris : à la lumière
M’apparut un petit enfant
Tout blond et délicat, portant
Un arc, des ailes et des flèches.
Je le guidai pour qu’il se sèche
Devant mon feu, et de mes mains
Lui épongeai ses cheveux fins,
Le frictionnai ; lorsque la pluie
Fut toute de son corps enfuie
Et qu’il fut réchauffé, soudain,
Il dit d’un petit air malin :
« Je veux essayer cet arc, donne :
La corde en est-elle encor bonne
Malgré l’averse de ce soir ?
Je vais le tendre un peu pour voir. »
L’arc se tendit, la flèche fine
Vola tout droit en ma poitrine
Et m’y causa un mal cuisant.
Mais lui bondissait en riant :
« Ah ! Le bon tour ! Je t’ai bien eue,
Ma flèche en ton cœur est venue !
Ma corde a l’air en bon état,
Mais c’est toi qui en souffriras ! »
Quand chaque jour, ami, de tes étables,
Tu offrirais trois cents beaux taurillons
Au grand Pluton, ce dieu impitoyable
Qui tient Tytios et le triple Géryon
Emprisonnés dans l'eau noire et amère,
Il ne faudra pas moins tous la passer,
Quelque travail que nous fassions sur terre,
Du roi puissant au plus humble berger.
En vain, de Mars évitons-nous les guerres
Et de la mer les grands flots déchaînés,
En vain, l'automne, essayons-nous de faire
Obstacle au vent nuisible à la santé.
Il faudra voir le Cocyte aux eaux lentes,
Ce fleuve noir, et du roi Danaüs
La race infâme et la peine accablante
Dont est puni l'orgueilleux Sisyphus ;
Quitter sa terre et une épouse chère ;
Et du verger que tu as cultivé,
Seul te suivra, toi son maître éphémère,
Le noir cyprès, funeste et détesté !
Un héritier répandra, moins timide,
Ton Cécubus conservé sous cent clés
Et baignera ton blanc dallage humide
D'un vin plus pur qu'aux plus beaux des banquets.
Adaptation en vers de Martine Maillard
Tous droits réservés
Aux éditions Stellamaris vient de paraître mon recueil
Renaître.
Vous pouvez le feuilleter et vous le procurer à cette page.

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Parvenue à son n°9, Shi-zen, ou "le féminin éthique et pas toc", est un magazine attrayant écrit par des femmes mais aussi par des hommes, pour des femmes mais aussi pour des hommes, dans une optique résolument écologique (imprimée sur papier recyclé bien sûr).
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