Dimanche 14 décembre 2008
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Autre poème sur la séparation, écrit à la même
époque que le précédent, et publié également dans le recueil "le Rossignol d'Argent" ( © éditions
Saint-Germain-des-Prés, Paris 1974).
Mon tombeau, c'est la nuit,
Cette obscurité trouble
Où rien ne se dessine
Que la mort...
...Mais un parfum surgit...
Une harmonie enfuie,
Ou bien... un regard bleu,
Un sourire ?
Quel est-il, d'où vient-il ?
(Peut-être qu'autrefois,
Dans une vie perdue,
Je l'aimais ?)
Mon tombeau, c'est le vent,
Cette affreuse tempête ;
Et peut-être la mer
Si glacée...
L'insoutenable absence
De mon soleil de paille,
De mon ciel d'hirondelle
Invisible !...
...Mais quel dieu intervient ?
Quel souffle du Levant
M'apporte ses aurores
Dans la nuit ?
Un souvenir peut-être...
Une chanson perdue...
Le cristal des feuillages
Dans les bois ?
(Peut-être la forêt
Agonisait aussi ;
Mais le Soleil pour moi
Respirait !)
L'absence se dessine
En filigranes d'or
Sous l'épaisse toison
D'araignée...
Tombeau des mille morts,
Et des lunes d'automne
Qu'emportent mes sanglots,
Ouvre-toi !!!
...Un chant s'y éparpille,
Une fleur s'y prosterne,
Les nuages ont fui :
Tu es là...
Par Martine Maillard
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Publié dans : Poèmes de détresse
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Mercredi 28 mars 2007
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Note : ce poème, écrit sous l'effet puissant de la représentation du "Parsifal" de Richard Wagner à Bayreuth en 1970, tire son titre d'un rapprochement entre la nationalité anglaise de
l'interprète féminine de Kundry - Gwyneth Jones - et de son rôle qui est celui d'une "folle"- folle parce qu'elle est ensorcelée et lutte contre la force qui la domine dans des hurlements qui
prennent au tripes -, mais aussi assez proche du thème "ophélien", car à la fin, déliée de sa faute par le courage de Parsifal, elle sombre dans une mort bienheureuse qui évoque, avec le fond
laiteux du décor, une sorte de dérive berçante.
Gwyneth Jones en Kundry à Bayreuth en 1970
(Photo dédicacée)
Le Jour finit
Ma Nuit s’enfuit
Ah fuir là-bas
Oh fuir
Loin des monstres sordides
Que l’aveugle clarté se déchaîne
Et que je croule
En vagué éclaboussée
De pierres silencieuses
O ma noire divinité glacée
Où es-tu mon Sourire
Je t’aime
Blanche colombe
Des soupirs effacés
Toi que mon ange ténébreux
A baptisée sans bruit
Entre mes cieux changeants
Rivière immaculée
Gerbe enflammée
Tu es ma griserie
Vertigineuse
Mon averse
D’ambre
Et d’or
Par Martine Maillard
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Publié dans : Poèmes de détresse
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Samedi 3 février 2007
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Où sont les roses mortes
Qui s’endormaient hier
On les a par la porte
Envoyées à la mer
Où est le cheval gris
Qui sautait la barrière
Il a fui dans la nuit
Vers une autre lumière
Où est la neige d’or
Qui scintillait aux brises
Elle a trouvé la mort
Parmi les aubes grises
Je cours ainsi qu’une étincelle
Vers un point qui m’est inconnu
Et ma trop blanche tourterelle
Agonise sous le ciel nu
Psyché passe avec sa bougie
Mais il fait nuit et elle a froid
Elle frissonne et la magie
La précipite avec sa croix
Qu’elle est lourde à porter la peine
Je crie vers mon Libérateur
Mais son âme est encore pleine
De mépris pour mon pauvre cœur
Je pleure des fleuves de flamme
Je donne des ruisseaux de sang
Ainsi se dépouille mon âme
En tremblant et en gémissant
Quand viendra donc la fin de ces tourments
Quand reverrai-je enfin mon ciel de fête
Quand viendra-t-Il si puissant si charmant
De son laurier recouronner ma tête
Je perds espoir au fond de mon abîme
Et mes appels me semblent par trop vains
Mes yeux levés fouillent parmi les cimes
Pour retrouver Celui dont ils ont faim
Tombe le ciel tombe la nuit
Tombent les cimes les montagnes
Tombe l’obstacle que je fuis
Et tous les arbres des campagnes
Meure mon rêve inoubliable
Meure ma mort de chaque jour
Meure ma peine inépuisable
Meurent mon cœur et mon amour
J’erre sans force et sans courage
Comme un vieux chien abandonné
Tout est gris sombre sous l’orage
Je n’ai plus rien j’ai tout donné
Poème de
jeunesse
Par Martine Maillard
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Publié dans : Poèmes de détresse
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