L'Âme du Poète

"Eurydicen !" toto referebant flumine ripae.

"Eurydice !" répercutaient les rives à travers tout le fleuve.

VIRGILE, Géorgiques

(Mort d'Orphée)

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L'Esprit souffle où Il veut ; et tu entends sa voix, 

Mais tu ne sais d'où Il vient, ni où Il va.

Saint-Jean  III, 8    

 

   

(Iegor Reznikoff à l'abbaye du Thoronet) 

        

 

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Dimanche 7 mars 2010 7 07 /03 /2010 21:19
      Décidément, cet hiver ne veut pas nous lâcher... Il nous a saisis par suprise à la mi-décembre, et nous trouvions cela normal ; mais nous voici à la mi-mars, et depuis trois mois pleins il ne cède pas !
        Pourtant le rayon de soleil de ces derniers jours avait ravi les tourterelles qui  commencent à se faire des bisous... mais il n'y a plus de soleil ; et mes petits oiseaux, s'ils sont dodus, c'est qu'ils s'acharnent sur les boules de graisse que je dois changer quasiment tous les deux jours !

   Je me souviendrai toujours de cette séquence du film "l'arbre aux sabots", où les enfants italiens avec leur grand-père parcourent les champs de Lombardie au mois de mars en tapant sur des casseroles et en scandant :

             
Frappez dur ! Frappez mou !
           On n'veut plus d'l'hiver chez nous !


     J'aimerais tant comme eux pouvoir chasser l'hiver ! Hélas, lui s'invite encore, de plein droit puisque l'équinoxe n'est pas encore venue ; et s'il était le seul indésirable de la conjoncture actuelle, ce ne serait pas si grave...

      Vendredi encore, le merle pataugeait comme un fou dans l'assiette d'eau consacrée aux oiseaux - et dans laquelle les tourterelles viennent boire si délicatement. Il s'éclaboussait si joyeusement que j'ai regretté d'arriver trop tard pour le photographier !
      Mais aujourd'hui, ô surprise, même en plein midi, personne ne buvait. Pourquoi ?
     L'eau était gelée, et l'assiette ne contenait qu'un bloc de glace.

     Puis le soleil s'est de nouveau caché, et de fins flocons ont commencé à tomber...

 

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Dimanche 7 mars 2010 7 07 /03 /2010 11:13
     Restos du coeur

     Alertée par Stellamaris, lui-même alerté par Pauley, je me joins à l'action proposée par Danone et Carrefour :
un article publié sur un blog = 10 repas offerts aux Restos du Coeur !!!

   Vous savez en effet qu'à ce jour, crise aidant, les restos du coeur sont débordés et ne peuvent plus faire face à la demande croissante. Si une modeste publication sur un blog peut les aider, alors unissons-nous et agissons !

     Je reprends ici l'article original publié par "CiTiZenEraSeD" sur son blog "dans ma co-mode" :

Mobilisez-vous et aidez-nous à offrir des repas aux Restos du Cœur !

 Pour que la collecte annuelle de denrées et l'opération promo-partage remportent un véritable succès, nous vous invitons à faire parler sur votre blog de l'opération Danone + Carrefour + Les Restos du Cœur

 1 article publié sur votre blog = 10 repas offerts

 - Vous rédigez un article présentant l'opération sur votre blog

- Vous envoyez le lien à l'adresse suivante : hub@lanetscouade.com

- Pour chaque article, Danone et Carrefour offriront 10 repas aux Restos du Cœur.

(1 blogueur parrainé = 10 repas offerts : vous pouvez parrainer jusqu'à 3 blogueurs et offrir ainsi 30 repas supplémentaires aux Restos du Cœur.)


Restos3

    Les blogueurs les plus mobilisés (publication d'un billet, intégration de la bannière, participation à la collecte…) rencontreront Olivier Berthe, le président des Restos du Cœur, le 15 avril 2010.


  Restos2

 

Vous pouvez télécharger le kit de campagne en cliquant sur ce lien.

 


Hélas, j'apprends que l'action est déjà terminée depuis hier soir !

Désolée, il ne nous reste plus que l'opération ci-dessous :



 Autre action de Danone et Carrefour :  l'opération "promo-partage"

     Pour 4 produits Danone achetés en promotion dans les magasins Carrefour (entre le 15 et le 25 mars) et Carrefour Market (entre le 17 et le 28 mars), 1 repas sera offert aux Restos du Cœur. Objectif : offrir 1 million de repas à l'association.


Espérons que ceci pourra encore être utile...

 



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Vendredi 5 mars 2010 5 05 /03 /2010 19:20
mésange


Petit oiseau dodu

Dans la lumière dorée

Du couchant

 

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Mardi 2 mars 2010 2 02 /03 /2010 00:00
        Depuis quelques temps, je prends des photos pour ce blog mais n'ai jamais le loisir de poster d'articles.
      J'ai donc un peu de retard sur l'actualité ; et pour comble, OB refusait hier soir de fonctionner. J'ai donc remis l'article à aujourd'hui ; mais aujourd'hui ce n'est guère mieux ! Une galère pour enregistrer une image, une galère pour ouvrir une page. Je désespère. Et comme depuis un mois je perds mon enthousiasme et ne réussis pas à récupérer de cet hiver particulièrement rigoureux...

        Enfin bon. C'est parti pour quelques images du "temps".
       Tout d'abord, une ballade au Parc Mitterand d'Issoudun, sur les bords de la Théols. C'était la semaine dernière.
        Quand les arbres sont dégarnis, on voit bien la "citadelle" de la vieille ville, la partie qu'on appelait autrefois "le château".
Issoudun-parc Mitterrand
Ceci est une "maison de maître" au bout des remparts.
(Vous pouvez agrandir l'image et la plupart des suivantes)

Issoudun-Mairie-Tour blanche
Et plus vers la droite, la mairie (à gauche) et la Tour Blanche (à droite).

Mais sur la rivière les canards se battent pour une cane.
Issoudun-canards au jardin
Pourtant, que vois-je un peu plus loin ?
Théols-cane endormie
Celle-ci dort tranquillement...

     Un temps de giboulées s'est installé. Des arcs-en-ciel apparaissent. J'ai juste le temps d'en saisir un morceau...

arc-en-ciel


      Puis c'est le 26 février, et je pars vers la Touraine. J'embourbe ma voiture pour photographier un arbre magnifique, puis son voisin...

arbre février
Regardez comme il s'ouvre en deux pour laisser croître... Le lierre ? Je ne sais pas, on dirait les branches sorties de son coeur.

arbre-en-février
Voici son voisin.
C'est toujours beau un arbre en hiver, mais il est vrai que le lierre ne lui fait certainement pas de bien.

Apparaît un nuage spectaculaire.
Annonce-t-il la tempête ?

Nuage 26fév10
Enfin, cette pleine lune qui nous a valu tant de misères, la vilaine...
Elle me regardait comme un Pierrot enfariné, mais mon appareil n'en a récupéré que ceci :

Pleine-lune
C'est pris dimanche soir en Berry.
Elle est un peu lugubre ainsi, n'est-ce pas ?

Il n'y avait pas de courant ; on a fêté les anniversaires à la bougie...

Anniversaires-2802 (5)

Anniversaires-2802 (8)
Enfin, vivement la relève ! Je ne suis plus bonne à rien...

Minéafév10
Ça y est ! Voilà le soleil !

     Et pour illustrer tout ceci, voici le second mouvement de la 2e symphonie d'Albert Roussel (il dure 8'11, moins long que celui précédemment posté). Notez que pour le trouver sur deezer, je dois taper "Charles Dutoit", et non "Albert Roussel" - génial, le référencement des disques de nos jours... Deux heures pour cet article , ça "bugue" sans arrêt.

    Le problème avec deezer, c'est que les informations sont incomplètes ; que l'on n'a pas la durée totale du morceau, que l'on ne sait pas où on en est, et surtout, que l'on ne peut pas reprendre où l'on veut ! Car ici, attention : si vous cliquez sur le disque affiché, vous risquez de faire "tout sauter" ! C'est ce qui vient de m'arriver... Ecoutez bien tout, cependant, ça en vaut la peine.

Publié dans : Issoudun - Communauté : images du monde - Par Martine Maillard
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Jeudi 25 février 2010 4 25 /02 /2010 17:16
       Après l'Opéra baroque d'Henry Purcell Didon et Enée, puis la vaste fresque d'Hector Berlioz "les Troyens", les aventures d'Enée ont encore inspiré le compositeur du XXe siècle Albert Roussel, à travers l'argument de Joseph Weterings.

Vénus & Enée-Giovanni Battista Tiepolo
Vénus abandonnant Enée sur le rivage de Lybie
par Giovanni Battista Tiepolo


         Mais avant d'en parler, je me suis posé cette question : en quoi Enée peut-il être considéré comme le fondateur de Rome ? Et puisque je vous disais à la fin de mon second article sur Les Troyens que Didon mourait en prophétisant la prise de Carthage par les Romains, en quoi ceci se rapporte-t-il à Virgile, alors que dans l'Enéide la malheureuse Reine s'effondre sans un mot, sinon trois gémissements ?
       En voici donc l'explication : quoique voyant "plus large" dans son adaptation que Henry Purcell, Berlioz a utilisé un puissant raccourci afin de terminer sur la mort de Didon ; mais dans l'Enéide celle-ci ne se situe qu'au IVe chant de l'épopée, et au sixième le héros rencontre la Sybille de Cumes, redoutable prophétesse qui lui prédit son glorieux avenir... Les six derniers chants (il y en a douze en tout) décrivent donc par le menu l'arrivée d'Enée dans le Latium, puis les guerres qu'il doit affronter avant d'obtenir l'alliance du roi Latinus et d'épouser sa fille Lavinia. Pour ne pas avoir à étendre son oeuvre à l'infini, Berlioz avait dû mettre dans la bouche de Didon ce que plus tard dirait l'oracle, et ainsi laisser sous-entendre la fin de l'aventure. Voyez ici pourquoi Virgile imagina toute cette filiation, et en voici ci-dessous la généalogie, selon un article trouvé dans Wikipedia anglais (ici) :

Enée - arbre généalogique
  J'ai surligné en jaune les dieux intervenus dans cette famille, et le résultat est assez impressionnant ! Par ailleurs vous avez en vert Enée lui-même ainsi que les premiers Rois de Rome, tandis qu'en rose j'ai fait apparaître les personnages connus, soit dans l'histoire de Troie, soit dans l'histoire de Rome. (Vous pouvez cliquer sur le schéma pour l'agrandir).
         Il y a un petit souci avec "UCI", qui est une traduction de Google pour "ILUS". En effet j'avais utilisé la formule "traduire cette page" ! Et si vous recherchez le dit "Ilus", vous tombez à nouveau sur un site anglais "Greek Mythology Index, qui lorsqu'on en demande la traduction vous redonne "UCI" pour "Ilus" !! Bizarre (voyez , si le lien fonctionne, sinon refaites la manip). Il y en a bien deux en effet.
     
     Ayant voulu donner à son héros l'étoffe d'Ulysse, Virgile décida de le faire descendre aux enfers, avec l'aide de la Sybille (l'équivalent latin de la Pythie de Delphes). Ce passage étonnant, situé juste au centre du poème épique, sonne comme une transition entre le passé troyen d'Enée (que celui-ci avait évoqué devant Didon), et son destin futur de guerres et de conquêtes : en le conduisant parmi les ombres, celle-ci lui permet de découvrir non seulement son avenir, mais aussi sa descendance. Cependant il croise aussi son père, Anchise, d'anciens compagnons d'armes, et même Didon qui erre parmi le jardin des "morts par amour" et ne le reconnaît plus...

       C'est de cet épisode que s'inspira Joseph Weterings pour l'argument qu'utilisa Albert Roussel dans ce ballet intitulé Aeneas.

Albert-Roussel.jpg
Albert Roussel
       C'est une oeuvre de commande, et sans doute sa dernière oeuvre, qu'Albert Roussel (1867-1937) composa pour la clôture de la 3e session d'enseignement musical et dramatique de l'exposition de 1935.
       Conçue sous forme de ballet (on connaît le talent du compositeur pour le ballet, notamment à travers "le Festin de l'Araignée", qui le fit découvrir du grand public, et "Bacchus et Ariane", autre sujet mythologique), cette oeuvre austère et profonde a des relents d'initiation.

         En effet on y voit Enée entrer dans la grotte où l'attend la Sybille, et qui est l'antichambre des Enfers. Quelques ombres viennent virevolter autour de lui, puis il demeure un temps indéfini dans les ténèbres, jusqu'à ce qu'apparaisse la prophétesse, majestueuse et impressionnante.
       Alors lui sont imposées trois épreuves :
         - Tout d'abord il est confronté aux plaisirs du monde, auxquels il doit renoncer.
         - Puis Didon lui apparaît, qui l'appelle en vain, tandis que dans le lointain des voix lancinantes se font entendre : "il faut brûler Carthage !"
        - Enfin, ses camarades de guerre, ses anciens compagnons morts durant le voyage le supplient de ne pas les abandonner.
        Enée sort vainqueur de ces épreuves, et on entend une voix proclamer :
  "Aeneas s'est dépouillé de sa personnalité d'autrefois. Il vit à présent dans son oeuvre. Il vit dans Rome !"
         Alors retentit un hymne à la gloire du peuple Romain.
  
         Cette oeuvre aux accents vigoureux et précis, comme toujours chez Albert Roussel, comprend des choeurs (choeur des ombres, choeur des soldats, hymne final), mais s'accompagne aussi, du moins à l'entrée, de fanfares de cuivres qui ne laisse pas de me rappeler l'initiation de Tamino dans La Flûte Enchantée de Mozart. Y a-t-il là une relation avec la Franc-Maçonnerie ? Je n'en sais rien et il n'en est question nulle part...
         Quoi qu'il en soit, ce sera pour l'auteur une sorte de testament puisque, succombant deux années plus tard à une crise cardiaque, Albert Roussel vit à présent pour nous dans son oeuvre.

        En voici donc des extraits, parmi lesquels vous verrez apparaître la délicieuse sensibilité de cet homme qui, sous des dehors virils (n'avait-il pas été officier de marine ?), cachait une profonde tendresse (orphelin de ses deux parents dès l'âge de sept ans, il avait appris à discipliner ses sentiments).
           
Ci-dessus l'entrée d'Enée dans la grotte sombre et silencieuse (2'35).
(Belle opportunité, le deezer offre juste des extraits du disque que je possède, et donc que je voulais vous présenter !)

Le passage intitulé "les Joies funestes", autrement dit : première épreuve (6'57).

Deuxième épreuve : "les Amours tragiques", avec le souvenir de Didon. On retrouvera ici le même solo de violon alto que dans "Bacchus et Ariane", sorte de signature roussellienne du désespoir amoureux (3'47).

Entre chaque épreuve on entend cette fanfare, intitulée "interlude", comme une page qui se tourne avec des variantes (cela rappelle un peu les passages d'un tableau à l'autre, dans "Les tableaux d'une exposition" de Moussorgsky) (0'58).

Enfin Enée est vainqueur et voici sa danse de joie (03'01) :

Puis retentit l'Hymne final, splendide dans sa rigueur hiératique (on dirait un colonne de marbre qui jaillit vers son chapiteau !). Cette plage suit immédiatement la précédente et une transition précède l'éclosion de l'hymne (5'53).


      Merci au partenariat avec Deezer qui m'a permis de vous passer des extraits entiers sans avoir à les calibrer, puis héberger, enfin insérer avec le dewplayer ! Voici le disque en question, dont la couverture représente un ange à cause de l'autre oeuvre enregistrée : le Psaume 80. Le ballet Aeneas entier dure 38', il est ici assorti du Psaume et de deux oeuvres courtes.

Disque Aeneas  
Direction : Bramwell Tovey
EuropachorAkademie
Orchestre Philharmonique du Luxembourg
(Benjamin Butterfield est le ténor qui intervient dans le Psaume 80)

Publié dans : Musique - Communauté : Partage - Par Martine Maillard
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