Mais tu ne sais d'où Il vient, ni où Il va.
Jean III, 8
En l'écoutant, toi aussi tu peux créer...
(Iegor Reznikoff à l'abbaye du
Thoronet)
"Eurydice !" répercutaient les rives à travers tout le fleuve.
VIRGILE, Géorgiques
(Mort d'Orphée)
Mais tu ne sais d'où Il vient, ni où Il va.
Jean III, 8
En l'écoutant, toi aussi tu peux créer...
(Iegor Reznikoff à l'abbaye du
Thoronet)
Tournez hélices
L’avion décolle
Le moulin tourne
Le chariot roule
Sur hautes tiges
Dégingandées
Les éoliennes
Virent au vent
Échevelées
Désorientées
Elles en perdent
La tête
(réédition)
Au soleil d'automne
Comme ils rient mes chrysanthèmes,
Clignant des pompons !
Ce dimanche 13 novembre est consacré "journée de la gentillesse". Belle attention sur laquelle se ruent, comme à leur habitude, tous les commerçants de tous bords - à commencer par la société "dromacarte" qui propose une petite série de ses meilleures créations ...
Mais aussi, comment parler de gentillesse ?! "Si tout le monde était gentil, il n'y aurait plus de problèmes" pense-t-on parfois ; mais pourquoi y a-t-il des "méchants" ? Et n'y a-t-il pas, comme dans tous les domaines sur cette terre, une limite au-delà de laquelle "trop" de gentillesse nuit ?
Lame n°XV du Tarot Zen de Rajneesh, "le Conditionnement", modifiée par mes soins
Jusqu'à l'âge de 45 ans environ, j'ai toujours été "gentille" ; et pourtant, paradoxalement, les gens étaient "méchants" avec moi. Mes profs se moquaient de moi ; mes jurys d'examen étaient injustes à mon égard ; les gens dans la rue m'agressaient ; les élèves de mes classes se rebellaient contre moi ; mes chefs d'établissement, loin de me soutenir, m'écrasaient ; et les inspecteurs me traitaient comme une gamine... !
Prendre des tranquillisants ne servait à rien, et même les médecins n'avaient pas de
solution.
Ce fut lorsque j'eus la chance de rencontrer des stages d'évolution spirituelle,
paradoxalement, que je rencontrai enfin des personnes qui me dirent : "Toi, tu as besoin d'exprimer la colère". - Comment ça, la colère ?? Mais je suis gentille, moi ! Je ne me suis jamais
fâchée ! Je ne sais même pas ce que c'est ! - "Justement !"
Quand on a toute son enfance entendu dire : "Sois gentille avec Maman !" "Sois gentille avec ton petit frère !" "Sois gentille avec ta maîtresse !" Ou encore : "Tu ne vas pas nous faire une crise d'adolescence comme le fils untel, toi n'est-ce pas ? - Oh, non ! Je suis gentille moi" et que finalement on se retrouve avec tout le monde à dos, parce qu'on n'est pas transparent tout de même, et correspondre totalement au projet d'autrui n'est pas possible, en effet, il faut commencer à se poser quelques questions sur la gentillesse.
Le premier stage me mit face à des partenaires que je devais croiser en exprimant ce qui me venait spontanément à l'esprit en les voyant... Je ne trouvai rien d'autre à dire qu'un timide : "Tu as l'air gentille !" à quoi il me fut répondu par un sarcastique : "Tu devrais te méfier des apparences !!"
La suite fut plus périlleuse : il me fallut me bagarrer, contre tous ceux qui tentèrent de
me dissuader de suivre cette voie, voie de perdition sans aucun doute puisqu'il s'agissait à l'évidence "d'une secte" ! Et ce fut le début d'une longue rééducation à ce que je n'avais pas fait
enfant : basculer dans le camp des "méchants".
Après trois stages où j'appris à hurler, à crier, à me déchaîner, à me bagarrer, à invectiver... Miracle ! Ma vie bascula : tout le monde devint gentil avec moi !
Gravure de Gustave Doré pour la Fable de La Fontaine - modifiée par mes soins
J'avais simplement découvert la manière d'élever la voix, de regarder en face, de me
tenir plus ferme... Et de faire ce que j'avais décidé.
C'est ce que d'autres appelleraient "apprendre à dire non" ; mais pas vraiment : il n'y a pas forcément à dire non, il y a simplement à s'imposer, ou même, à SE POSER. A montrer que l'on est là, de chair et d'os, que l'on existe, et qu'on ne se laissera pas marcher dessus.
Il est évident que la douceur, la courtoisie, sont des qualités fondamentales pour vivre en société, car elles reflètent simplement le respect de l'autre ; la patience aussi est un élément fondamental qui nous fait souvent défaut. Mais parler de "gentillesse" peut prêter à confusion : une personne qui s'efface sans cesse agace ; elle peut passer pour faible, voire molle. Ainsi, de même que le corps humain est bâti autour de la charpente du squelette, et protégé par la peau, de même notre gentillesse doit s'appuyer sur une solide fermeté intérieure et s'enrober d'une protection suffisante.
Que serait le Bisou, sans la peau qui le diffuse, et sans les dents cachées derrière les
lèvres ?
Je vous souhaite à tous une belle journée de la gentillesse, pleine de douceur et de convivialité ! (Quand le soleil est là, tout va... et il est "gentil" avec nous lui, pour le moment...)
Aux éditions Stellamaris vient de paraître mon recueil
Renaître.
Vous pouvez le feuilleter et vous le procurer à cette page.

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Parvenue à son n°9, Shi-zen, ou "le féminin éthique et pas toc", est un magazine attrayant écrit par des femmes mais aussi par des hommes, pour des femmes mais aussi pour des hommes, dans une optique résolument écologique (imprimée sur papier recyclé bien sûr).
Ici la couverture du dernier n° paru.
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