L'Âme du poète

"Eurydicen !" toto referebant flumine ripae.

"Eurydice !" répercutaient les rives à travers tout le fleuve.

VIRGILE, Géorgiques

(Mort d'Orphée)

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L'Esprit souffle où Il veut ; et tu entends sa voix, 

Mais tu ne sais  d'où Il vient, ni où Il va.

Jean  III, 8    

 

 En l'écoutant, toi aussi tu peux créer...


   


(Iegor Reznikoff à l'abbaye du Thoronet)      

  

Musique

Mardi 7 octobre 2008 2 07 /10 /Oct /2008 14:45
Photo Sophie Spiteri (voir l'article de Presse ici)

     L'Orchestre Lyrique Régional d'Avignon-Provence (OLRAP), créé depuis 25 ans, participe tous les ans non seulement à toutes les créations du Théâtre Lyrique d'Avignon, mais aussi à une mission culturelle sous forme de tournées de concerts, en région PACA ou même vers le Mahgreb (voir article ici).

Auteur de la photo inconnu (voir site)


     Or depuis six mois, son existence est remise en question : à moins de réunir avant le 25 octobre 1 million d'euros, l'orchestre sera placé en liquidation judiciaire, et ses membres mis au chômage...

    Où donc va la culture dans ce pays, alors qu'Avignon en fut la capitale en 2000, et qu' il est question de désigner Marseille pour le même titre en 2013 ? Ne le sera-t-elle plus que pour le Rap ou la chanson ?

      En dernier recours, une pétition est lancée, destinée au Ministre de la Culture et au Maire d'Avignon, dans l'espoir qu'une levée de boucliers suffisamment massive dans l'opinion publique puisse infléchir leur décision.

Alors, SIGNEZ !!!

C'est  ici.

Merci pour eux... et pour nous.


Nota : plusieurs articles peuvent également être consultés ici, sur le blog de l'OLRAP.


Par Martine Maillard - Publié dans : Musique
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Mardi 5 août 2008 2 05 /08 /Août /2008 22:48
Le lac de Serre-Ponçon, dans les Hautes Alpes
(Photo prise par moi en août 2006)


    Voici une de mes oeuvres pianistiques préférées : tirée des "Harmonies poétiques et religieuses", de
Franz Liszt, la troisième de la série, elle en est aussi une des plus équilibrées et des plus achevées, si ce n'est la plus belle.
    Pour une âme mystique autant que romantique, Liszt évoque ici toute la splendeur d'un paysage qu'on imagine suisse, un immense panorama de montagnes baigné par le soleil, en une partition de 15 pages qui dure une quinzaine de minutes, et que je m'obstine depuis plusieurs années à toujours retravailler et toujours réapprendre par coeur, ce qui est une gageure surtout par rapport à la longueur du morceau, qui exige une certaine endurance et donc l'habitude de jouer plusieurs heures par jour.
    Pour vous la faire connaître, je l'ai trouvée sur Youtube, mais en deux parties, vu sa longueur. Vous en comprendrez cependant je pense la construction, de forme "lied" dirais-je, c'est-à-dire avec une première partie exposant le thème principal, en deux fois me corrigerez-vous séparées par un léger intermède, et se terminant sur une montée grandiose aboutissant à une jolie coda toute enguirlandée sur la gamme pentatonique, préfigurant déjà Debussy ou Maurice Ravel.
    Un nouvel intermède, très différent de style et comme destiné à "ramener sur terre" (observation des fleurs ? Des petits animaux ?) clôt la première moitié de l'enregistrement et la première vidéo, suivi d'un passage plus chanté (qui débute le second enregistrement), destiné à reconduire vers l'extase du premier thème... Et c'est la reprise, plus vibrante que jamais, consuisant à une coda si enguirlandée cette fois que c'est la partie sur laquelle je bute le plus. Une conclusion méditative clôt la pièce, comme on ferme un livre, les yeux, ou comme on joint les mains.

    J'ai admiré l'interprétation sublime d'
Alfred Brendel (qui m'a permis de découvrir cet oeuvre), celle un peu rapide de Philip Thomson aux éditions Naxos, mais il y en a bien d'autres plus récentes, et sur Youtube je suis agréablement surprise par celle de Nikolai Medtner, car finalement il ne force pas dans la virtuosité, il ne presse pas, et c'est sans doute tout à fait juste puisqu'il s'agit d'une oeuvre essentiellement contemplative.

    Je vous laisse l'écouter et l'apprécier à votre tour.



Par Martine Maillard - Publié dans : Musique - Communauté : Pensées d'ailleurs
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Jeudi 8 mai 2008 4 08 /05 /Mai /2008 14:50
    Malgré le titre, je ne vous offrirai ni un extrait du "Réveil des oiseaux" d'Olivier Messiaen (voir ici, pour en découvrir quelques passages à travers Amazon, ou ici, pour découvrir les talents d'ornithologue du grand musicien français et son application à traduire leurs chants sous forme mélodique et harmonique) ; ni l'écoute du "Chant des Oiseaux" de Clément Janequin (voir ici , et je vous invite vivement à visiter cette vidéo amusante), ni un rappel des chants d'oiseaux cités par Aristophane au Ve siècle avant J-C dans "les Oiseaux" (voir ici, le site est assez sympa ; et descendez au moins pour voir comme Aristophane imite le chant de la huppe : " Torotorotorotorotix. Kikkabau, kikkabau. Torotorotorotorolililix "! ) : on n'en finirait pas, en ce cas, de citer tous les oiseaux qui ont inspiré les musiciens et les poètes depuis toujours.

    Non, non, je voulais simplement vous dire que depuis bientôt un an que j'habite une petite maison au milieu de jardins, je goûte au bonheur de me réveiller le matin au chant d'oiseaux variés et inconnus...
    Oh ! J'en connaissais bien certains, mon grand-père m'avait appris à reconnaître leur chant grâce à des paroles :
    Par exemple, le pinson dit :

    - "Tuituituituituituitui Jean-Baptiste Trouilly" (il donne toujours son nom m'avait-il appris) ; mais parfois il dit aussi : "Espèce de p'tite souris !"

    Quant à la mésange charbonnière, elle dit : "P'tit têtu ! P'tit têtu !"

    A cela s'ajoutaient les roucoulades rêveuses du merle à la tombée du soir, ou les "tireli-tirli-tiliré" ravis de l'alouette, que mon père m'avait appris à écouter dans les champs, à partir de chanson françaises.

    Cela n'allait pas chercher bien loin... Sauf que le pinson, en pays d'oc, a l'accent du sud et chante :
    - "Tuituituituitui Jean-Baptiste Rouilly-ou..." Je l'avais remarqué lors d'un voyage.

    Et voilà que depuis quelques jours on est réveillés, sur le coup de sept heures, par des discussions à bâtons rompus depuis le grand poirier voisin :

    "Si vous voulez mon avis on aura une belle journée " (?)
    - "Sapristi de sapristi j'ai oublié mon bistouri"
(Tiens, le pinson ! Il a changé de ton aujourd'hui...)
    - "Je vous redirai ça cet après-midi" (?)
   Une grosse voix : "J'acco-ste ! J'acco-ste !" (Un pigeon en plein vol vers un toit !)
    - " Vous voulez vraiment faire vos courses avant le déjeuner ?" (?)

    ... Mais de qui émane donc ce sifflet mélodieux qui s'exprime avec les accents de la voix humaine - et qui plus est, avec l'accent français ! C'est si joli, et si volubile en même temps...

    Je croyais que c'était le verdier, qui vient souvent picorer nos graines devant la cuisine.

     Et la photo que j'en pus prendre, avec un appareil bien fruste, ne fut guère éclairante à ce sujet.

    Alors j'ai visité les pages d'internet consacrées au chant des oiseaux, et j'ai découvert qu'il s'agissait de... la fauvette à tête noire ! Eh oui, celle que Messiaen aimait tant, et qu'il évoque longuement dans son opéra "Saint-François d'Assise", parce qu'avec "sa calotte noire" elle lui faisait penser à un moine.


    En voici une photo, tirée cette fois d'un site (ici) .



    Dans le premier cas, il s'agit du chant du matin : plus discoureur. Dans le second cas, quelques trilles s'ajoutent : c'est le chant du midi, je l'ai découvert plus tard.


Par Martine Maillard - Publié dans : Musique - Communauté : L'art et la manière
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