Lundi 15 janvier 2007
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Je vous ai parlé autrefois de mon ancien lycée : le Lycée François Couperin, à
Fontainebleau.
Je viens d'en retrouver une photo, qui date de l'été 1966 ; j'avais 15 ans et j'allais entrer
en première, dans de nouveaux bâtiments qui venaient d'être construits en dehors de la ville.
Ce porche est devenu celui de l'Ecole des Mines.
Cette même année, au mois de
janvier précédent, j'avais écrit (en m'amusant) ce poème décrivant les affres de mes études de seconde, et mon aspiration à étudier le chant.
Tandis que je râbachais dans ma chambre ma composition d'histoire, mon père, au rez-de-chaussée, diffusait à pleins tubes le Don Giovanni de Mozart. J'en ai fait deux
sonnets, puis des paroles fantaisistes sur l'air entendu.
- I -
Composition d’histoire ! Et me voici lancée
Au pied de plus de cent pages de révisions ;
Dieu ! Que je n’aime pas cette composition !
Il faut s’y résigner : c’est ainsi au lycée.
D’abord, le Montagnards : Robespierre est athée ;
Le Directoire vient après la Convention ;
Puis c’est le Consulat ; enfin Napoléon.
Ce n’est pas rien, et je n’en ai aucune idée…
Pourquoi nous obliger à savoir tout cela ?
C’est triste d’étudier ce qui ne vous plaît pas.
Bien sûr, je ne hais pas Bonaparte et l’Histoire,
Mais c’est si fastidieux d’apprendre tout par cœur
Et de perdre son temps aux dates des victoires,
Quand on a tel désir d’une autre étude ailleurs !
- II -
Mais voici qu’un accord magistral et tragique
Vient troubler mon esprit dans sa méditation.
Arrachée aussitôt, ma légère attention
Tout entière s’enfuit, s’attache à la musique.
A présent, c’est fini, plus de faits historiques :
J’ai déjà reconnu Don Juan et ses passions,
Mon âme est à Mozart, à son exaltation,
Je ne m’occupe plus des hommes politiques.
Mon cœur bat, retrouvant des passages si beaux,
En découvrant plus loin encore des nouveaux :
Sans cette histoire-là, je serais si heureuse !
Une voix féminine est en train de chanter ;
Et je ne sais pourquoi, à force d’écouter,
Je crois bien que j’en suis retombée amoureuse…
(Ce que disait la voix )
« L’Histoire m’énerve !
C’est trop difficile !
Abandonnons-la,
Et chantons, et chantons
Notre ivresse…
Don Giovanni m’exalte ;
A bas, Napoléon !
A moi, Don Juan ! »
(Grand air de Donna Anna "Or sai chi l'Onore",
interprété par Joan Sutherland avec le
London Philharmonia orchestra sous la direction de
Carlo Maria Giulini)

Edda Moser dans le rôle de Donna Anna
(Martine Maillard,
Composé à Fontainebleau, le 29/01/1966)
Par Martine Maillard
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Jeudi 28 décembre 2006
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Nous voici transformés en fumées
N'apparaissant qu'à peine en quelques heures de jour
Soufflés par le brouillard
Comme de vieux fantômes
Gelés...

Tiens, je me suis caché !
Mais tu me vois quand même,
Avec mon shampoing blanc
Sur la tête...

Par terre, il y a tant de filets tissés
Que des sorcières sûrement rôdent dans les parages
Avec leurs doigts fourchus,
Et je ne voudrais pas tomber entre leurs pattes
Comme lui...

Devenu balai de mégère,
Ou bien... toboggan d'escargots,
Piste pour écureuils ?
Oh, il fait bien froid dans le bois
Pour s'amuser ainsi...
Il doit s'être endormi.

Oui, nous sommes les arbres
Tout habillés de givre,
Habillés de la brume qui erre un peu hagarde,
Qui titube et s'attarde
Comme une pauvre vieille avec son vieux fagot
Sur son dos...
Déjà tombe la nuit, et pourtant
Tu n'as pas vu naître le jour
Véritablement
Depuis un long moment...
Par Martine Maillard
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Vendredi 1 septembre 2006
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Le Lac de Serre-Ponçon près d'Embrun (Hautes-Alpes)
cliquez sur l'image pour l'agrandir
Comme un morceau d'azur tombé entre les monts,
Le lac de Serre-Ponçon miroite au grand soleil ;
L'été n'est pas si loin, oublions la rentrée !
Les berges accueillantes ne s'offrent plus qu'à nous...
Entre les vaguelettes on se coule en maillot
Dans une eau adoucie par la chaleur ambiante ;
Trois brasses, et c'est le large ébloui de lumière.
De la petite crique ombragée de pinèdes
On se croit envolé sur une île de rêve...
Ah ! Les beaux souvenirs ne sont pas inutiles !
J'aime vivre l'instant, mais en rétrospective :
Je le veux enrichi d'un passé sélectif,
Avec tout le médiocre enlevé de ma tête.
(Même chose)
Par Martine Maillard
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