Jeudi 26 mars 2009
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"Le Bateau Ivre" Peinture d'Arlette Art, tiré de ce site.
Je descends du sommeil des étoiles prochaines
Elles tournent pareilles
au feu de mes décombres
Eclaboussées d'ailleurs oubliées des serpents
Pauvres comme la nuit des rêves engloutis
La chaleur des tes yeux était comme un navire
Et j'avais pris la mer vers tes contrées
sauvages
Mon épave abîmée
abandonnée des voiles
Où
as-tu donc perdu ta flambée d'étincelles
Le brasier t'a quittée tu n'es plus qu'un
reflet
Ton image dans l'eau
peu à peu disparaît
Tu
t'enfonces enchaînée aux bras gluants des algues
Et mes larmes en tombant effacent ton image
Je suis liée au ciel par mes bras écartés
Et la barque poursuit son chemin
extasié
Vers les bords
chatoyants des horizons cachés
Silencieuse parmi les retombées d'azur
Par Martine Maillard
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Publié dans : Le Passage
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Lundi 29 octobre 2007
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Ce poème, tiré du recueil
"Le Passage", est composé à la façon des Choeurs du théâtre antique, sur une forme en trois parties : la
strophe, l'antistrophe, et l'épode - les deux premières se répondant, la troisième concluant (voir ici).
Les "Choeurs", dans le théâtre grec,
intervenaient pour ponctuer l'action tragique d'épisodes méditatifs, sous forme de poèmes assez longs (plus longs que celui-ci, les séquences se répétant plusieurs fois) ; ils étaient chantés et
dansés sous forme d'évolutions lentes sur la scène, et commentaient la situation ou les sentiments des personnages.
Lorsque j'ai écrit ce texte, j'étais plongée dans l'étude de la prosodie et de la musique des passages chantés du théâtre d'Euripide, et forcément, il en est resté quelque
chose... Mais son contenu, par contre, n'a pas de rapport direct avec cette lecture. Il rappelle plutôt le Petrouchka de Stravinski, dont je vous livre un extrait
ci-dessous.
(image empruntée à ce site - sans aucune allusion)
Le jour de ton départ
J'aurai presque oublié
Avec quelques étoiles
Avec quelques sanglots
Le soleil déchiré sera le rideau rouge
De mon théâtre ouvert
Je serai le Pierrot
Désarticulé sur la scène
Et par les bois lointains dont tu hantes les ombres
Passera comme la mort
Un grand oiseau d'automne
O chante avec la nuit
Toi dont le souffle est semblable au reflux
Des immenses marées
*
Lorsque tu t'en iras
Avec tes traînées d'astres
Le cœur s'arrêtera de battre au firmament
Les ondes répandues sècheront au soleil
Les bois se figeront à la glace d'hiver
Et je serai ce cri
Inarticulé sur la scène
Et par les soirs lointains où tu m'étais promise
Le désert sans limite
S'étendra comme un voile
O chante pour ma nef
Toi dont le souffle est le seul qui m'anime
Au théâtre bouffon
De la mer insensible
*
La plus brillante étoile
Aussitôt née s'éteint
Le bateau fait naufrage
Le pantin agonise
Le théâtre s'écroule
Et il ne reste plus qu'une fumée bleuâtre
Toi qui t'enfuis bien loin
Vers le ciel des vivants
Et moi je suis Pierrot
Qui ne respire plus
Sur la
scène inventée
Petrouchka, ballet d'Igor Stravinski
extrait du second tableau
Par Martine Maillard
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Publié dans : Le Passage
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Dimanche 10 décembre 2006
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23:20
Par Martine Maillard
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Publié dans : Le Passage
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