Mardi 22 novembre 2005
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"Sainte Cécile jouant de la Basse de Viole" par Le
Dominiquin
En ce beau jour de la Sainte Cécile j'achèverai ma petite série sur Ropartz (voir les deux autres articles dans la catégorie "citations") en vous vantant une pièce qu'il écrivit durant son long séjour à Nancy, pour les enfants alsaciens : "le Miracle de
Saint-Nicolas". Charmante pièce pour voix d'enfants et récitant, elle convient bien sûr plus au 6 décembre qu'au 22 novembre... Mais impossible de trouver le moindre "Ode à Sainte-Cécile" en
fichier midi ! (Quant aux musiques de Ropartz, ou même de César Franck en mp3, ce n'est même pas la peine... Ce qui en existe est trop caricatural)
Découvrez donc ce joli conte de Noël en cliquant ici sur les plages 5 à 23 (ou
ici) ...Vu la multiplicité des extraits, l'oeuvre est retranscrite presque entière. Le style, un peu académique, rappelle celui de la jolie
"crèche" de Gabriel Pierné intitulée "Les Enfants à Bethléem".
Guy Ropartz dans sa maison de
Nancy
Pour ceux qui ne "capteraient" pas les
extraits distillés par les maisons de disques, voici tout de même un fichier mp3 - le moins mauvais, mais tout de même un peu laborieux : en effet, il s'agit du Prélude du Drame Lyrique
"le
Pays", oeuvre intense et bien entendu, symphonique ; mais ici retranscrite pour le piano quatre mains, ce qui hélas lui fait perdre toute sa tonalité émotionnelle.
Pour comprendre l'argument de ce prélude, voici le sujet du drame : Tual, pêcheur breton parti pour l'Islande, a été recueilli après un naufrage par une famille islandaise, Jörgen, le
père (un trappeur) et Kaethe, sa fille, qui l'ont soigné et remis sur pied... Tombé amoureux de Kaethe, Tual lui promet de l'épouser et même lui fait concevoir un enfant. Hélas, au
printemps suivant, les pêcheurs bretons reviennent, et Tual a le mal du pays. C'est plus fort que lui, il veut courir les retrouver, malgré les avertissements de Kaethe qui lui rappelle
que pour rejoindre la côte il doit traverser la tourbière mortelle (le "Hrafuaga") dont elle l'a tiré et qui, au dégel, risque de l'engloutir. Hélas, Tual se précipite, oubliant la
promesse solennelle de fidélité qu'il a prononcée devant le monstre, et meurt englouti dans le marécage
brusquement réveillé...
L'oeuvre s'ouvre sur le thème menaçant de la tourbière ; puis vers le milieu, vous entendez, sous forme d'une complainte qui sera entonnée par Tual au second acte, le thème du "Pays
natal"... Et le prélude s'achève sur le retour tragique de la menace, alternant avec l'évocation de l'amour de Kaethe. C'est une forme très classique en trois parties qui rappelle celle
de l'Ouverture du Vaisseau Fantôme de Richard Wagner.
Par Martine Maillard
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Publié dans : Musique
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Vendredi 18 novembre 2005
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22:00
Je ne saurai en ces jours de fin novembre 2005 passer sous silence un musicien français du 20e siècle que j'affectionne particulièrement, et ce pour plusieurs raisons :
- La première, c'est que j'ai eu l'honneur de connaître longuement sa fille Gaud, et donc d'avoir toutes sortes d'échos sur lui, presque comme si je l'avais rencontré...
- La seconde, c'est que je connais parfaitement sa région, en Bretagne (voir "souvenirs de
Bretagne"), ce qui renforce ce sentiment de connivence.
- La troisième, c'est qu'il s'est éteint le 22 novembre 1955, jour exact de la Sainte Cécile - qui était également le prénom de son épouse - , et que nous fêtons cette année le
cinquantenaire d'une si étonnante disparition.
Je prends donc un peu d'avance pour vous le
présenter, et j'ai nommé
Joseph-Guy Ropartz
l'auteur du drame
lyrique "le Pays", sur un livret de Charles Le
Goffic, mais aussi de cinq symphonies, de messes et d'un requiem, de mélodies et de magnifiques pièces de musique de chambre, comme le ravissant "Prélude, Marine et Chansons"
...
Guy Ropartz assis sur les rochers de
Bréhec... Photo © D.R. - © Abeille Musique, 2001
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(avec l'aimable autorisation de l'éditeur...)
Né à Guingamp le 15 juin 1864, puis ayant fait ses études musicales à Paris en particulier avec César Franck qu'il admirait particulièrement, malgré une longue carrière de directeur de
Conservatoire à Nancy, Guy Ropartz (comme il se fit appeler par la suite) ne cessa jamais d'affectionner par-dessus tout sa région de Lanloup. Entre Saint-Quay-Portrieux et Paimpol, il y
possédait un manoir où il termina sa vie, après le décès de sa femme, soutenu par sa fille aînée Gaud. Marcheur infatigable, il parcourait les sentiers douaniers des bords de mer qu'il a
si bien chantés dans son drame, "Le Pays", tableau déchirant de la nostalgie ressentie par le pêcheur paimpolais exilé en Islande.
Manoir de Lanloup, habitation de Guy Ropartz, photo Jean Maillard
Demain, à
travers la rubrique "citations", je reviendrai sur la vocation première du jeune "Joseph-Guy", qui était la poésie. En effet, en véritable "Gémeaux" qu'il était, à l'instar de Robert
Schumann, il hésita d'abord entre la création littéraire et la création musicale - et comme vous le verrez, ses compositions poétiques sont magnifiques...
Ecoutez ci-après quelques extraits de Prélude, Marine et Chansons,
pour deux violons, violoncelle, flûte et harpe.
Pour découvrir ce charmant quintette très debussyste,
cliquez successivement sur les plages 5, 6 et
7.
Par Martine Maillard
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Publié dans : Musique
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Mardi 15 novembre 2005
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Tu es le théâtre ô mon Sphinx endormi
Sous tes voiles veillent mille dragons cachés
Dans les labyrinthes de ton corps accroupi
Sous tes paupières obstinément baissées
Tu me dérobes ton regard de feu
Et je te cherche sans jamais te trouver
Par les voies sans issue les portes closes
Les entrées interdites les escaliers de coulisses
Dans les logettes réservées
Les vestiaires d'artistes
Sur les passerelles qui surplombent la scène
Les tours de lumière
Je te cherche en vain
Et je te trouve enfin toute de blanc vêtue
Seule sous la porte cochère
Qui regardes pleuvoir la nuit
Douce et abandonnée
Tu as fui ce soir-là tu t'es fondue dans l'air
Et depuis tu n'es plus qu'un fantôme irréel
Aux apparitions insaisissables
Et dont la voix me déchire
(1974)
Le Palais Garnier à Paris, seul Opéra de cette ville dans les années 70, à l'époque où étudiant moi-même le chant je me glissai furtivement par l'entrée des artistes un bel après-midi pour le visiter intégralement, et même entendre derrière une porte une cantatrice répéter Carmen...
Mais en réalité, celle dont j'évoque le souvenir "sous une porte cochère", et "dont la voix me déchire", ne chantait pas Carmen, mais Parsifal de Wagner, et aussi Sieglinde dans La Walkyrie, et bien d'autres rôles à Bayreuth (la ville de Richard Wagner) sous la direction de Pierre Boulez en 1969. C'est une des plus grandes, des plus belles, et des plus généreuses cantatrices de notre siècle... : Gwyneth Jones.
Gwyneth Jones dans Sieglinde à Bayreuth en 1969
Par Martine Maillard
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Publié dans : Musique
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