L'Âme du Poète

"Eurydicen !" toto referebant flumine ripae.

"Eurydice !" répercutaient les rives à travers tout le fleuve.

VIRGILE, Géorgiques

(Mort d'Orphée)

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L'Esprit souffle où Il veut ; et tu entends sa voix, 

Mais tu ne sais d'où Il vient, ni où Il va.

Saint-Jean  III, 8    

 

   

(Iegor Reznikoff à l'abbaye du Thoronet) 

        

 

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Jeudi 26 janvier 2006 4 26 /01 /2006 21:03


Oui j’irai dans la nuit des étoiles
Oui j’irai dans le soir des étoiles
Sans voiles
Au milieu des étoiles
Et pâle
A l’éclat des étoiles

Je courrai dans le froid des étoiles
Je courrai dans l’hiver des étoiles
Etrange
Dans la nuit des étoiles
Immense
Dans le soir des étoiles

Je fuirai dans les cris des étoiles
Je fuirai dans le chant des étoiles
Perdue
Dans le froid des étoiles
Menue
Dans l’hiver des étoiles

Je crierai dans le flot des étoiles
Je crierai dans le mer des étoiles
Pleurante
Dans les cris des étoiles
Mourante
Dans le chant des étoiles

Et la vie dans la nuit des étoiles
S’enfuira dans un envol d’étoiles
En gerbes
Comme un bouquet d’étoiles
En perles
Comme un essaim d’étoiles

Et l’amour dans le froid des étoiles
S’enfuira comme le flot d’ étoiles
En vagues
Comme une mer d’étoiles
En vagues
Et volutes d’étoiles

Je verrai s’évanouir les étoiles
Une à une je verrai les étoiles
Pâlir
Comme au matin l’Etoile
Mourir
Dans un souffle d’étoile

Je verrai s’effacer les étoiles
S’effacer comme on dissipe un voile
Brouillard
Qui s’envole en étoiles
Ou soir
Se fondant en étoiles

Plus de jour pour survivre aux étoiles
Quand seront disparues les étoiles
La Nuit
Sera l’unique étoile
La Nuit
Me tuera pauvre étoile

Je mourrai alors dans les étoiles
Je fuirai comme une brume un voile
Sans voile
Au milieu des étoiles
Et pâle
Tout comme les étoiles


Publié en 1974 aux éditions Saint-Germain-des-Prés
dans un ensemble intitulé "Pour Survivre"
Publié dans : Poèmes-délires - Par Martine Maillard
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Mercredi 25 janvier 2006 3 25 /01 /2006 17:51
    Un chien blanc et un chien noir, ça ne va pas fort ensemble... ; un chien et un chat, non plus... ; alors, un chien blanc et un chat noir !!! Et c'est là que nous voyons que, contrairement à nos souhaits, nos chers animaux ne sont pas moins racistes que nous ; c'est à nous de leur apprendre la tolérance !

        Voici une petite saynète à lire tout fort et avec le rythme...
    Elle met en scène un chien blanc  coursant un chat noir, lequel trouve refuge derrière une grille, laissant le chien pantois.



Chat… rogne !
Chat… pitre !
Chat… va chauffer !!!
Chat… perlipopette !
Chat… rrive !
Chat… loupé…
Ben… où est-il donc ce chat ? (teigne !)
Il est caché le chat…sœur-sachant-chasser-sans-son-chien (dans … les chardins !!!)

  

 
Publié dans : Poèmes-délires - Par Martine Maillard
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Mardi 24 janvier 2006 2 24 /01 /2006 22:50
    L'hiver m'épuise, je bâille de plus en plus... Je pense avoir des affinités avec les marmottes, qui hibernent ! Et cela me rappelle le dernier de ces "vilains" sonnets que j'ai écrits lors de mes pénibles études parisiennes, au sujet de ce cours de philosophie abhorré. L'amie Hélène qui y est citée n'a rien à voir avec Hélène Grimaud - dont j'aimerais vous reparler prochainement ! -, et elle s'acquittait stoïquement d'un exposé sur Platon bien étrange : n'avait-elle pas dessiné au tableau un chien en train d'aboyer, nous affirmant que ce n'était qu'une "idée de chien" ??


Un chien aboie au tableau noir ;
Hélène parle des Essences ;
Mais si nous avons l'existence,
Comment pouvons-nous le savoir ?

C'est dans un sombre désespoir
Que le cours de philo nous lance,
Car ce que le grand Platon pense,
Nous ne pouvons le recevoir.

Nous dissertons ontologie
Mais notre esprit, pauvre bougie,
Vacille, fumeux et mourant...

Adieu, Vérité éternelle :
Que l'Intelligence étincelle
Bien loin de nos corps transparents !
Publié dans : Poèmes-délires - Par Martine Maillard
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Lundi 23 janvier 2006 1 23 /01 /2006 21:48

Neige à Condé (36) en 1998
(clique sur l'image pour l'afficher pleine page)


Hiver
Aux perles d’or entre les doigts des arbres
Aux journées pâles où s’allonge le ciel
Aux heures miellées sous la vitre embuée

Hiver qui passes en écorchant nos vies
Qui siffles à nos oreilles et souffles à nos cheveux
Hiver de feu pour notre nez rougi
Et nos mains grelottantes
Paré d’espace quand s’étoile la nuit

Hiver plombé comme un chapeau de brume
Sur les toits enfumés
Qui retiens en tes serres les trésors non éclos

Hiver cercueil où rêvent les troncs noirs
Et qui pèses en silence sur la terre endormie

Je t’aime de très loin
Quand je suis bien au chaud

Tu brilles comme un cristal
Et comme lui tu coupes
Tu as la beauté dévorante
Des chevaliers vainqueurs

Mais où tu es passé
Les plaines refleurissent infiniment plus belles

Publié dans : Poèmes actuels - Par Martine Maillard
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Dimanche 22 janvier 2006 7 22 /01 /2006 10:00
    22 janvier ! Jour de la Saint-Vincent, mais aussi jour anniversaire de notre plus grand compositeur vivant, Henri Dutilleux.


    Agé aujourd’hui de 90 ans, il ne s’est jamais départi d’une grande simplicité et d’une indéfectible gentillesse. Très exigeant envers lui-même, il écrit très peu (surtout sur commande), mais à l’instar d’un Maurice Ravel, soigne tant ses oeuvres qu’il produit presque toujours des chef-d’œuvres.
    Qu’il s’agisse du merveilleux concerto pour violoncelle et orchestre intitulé « Tout un monde lointain », dédié à Mstislav Rostropovich, ou des superbes « Métaboles » pour orchestre dédiées au chef d’orchestre George Szell, on est ébloui par la richesse de l’orchestration, par la subtilité de la recherche mélodique, par l’amour du détail et la sensibilité débordante de ses oeuvres.
     N'a-t-il pas consacré une oeuvre musicale ("Timbres, Espace, Mouvement") au tableau de Van Gogh "La Nuit Etoilée" ? Ceci traduit un esprit contemplatif et épris d'absolu, ce qui ne l'empêche pas de faire preuve simultanément d'une énergie débordante, qui par les rythmes ou la force des associations instrumentales dégage vigueur et joie de vivre.

    Si vous craignez un peu la « musique contemporaine », sachez que Dutilleux est un puriste de la tradition, qui a suivi d’abord les influences des grands impressionnistes et n’a jamais donné dans les « modes ». Véritable joaillier du son il se rapprocherait plutôt d’un Prokofiev ou d’un Stravinsky, notamment dans son ballet « Le Loup », conte fantastique si tendre dans la plainte exprimée au basson du loup amoureux pourchassé.
    Mais si je devais me limiter à l'essentiel, je vous recommanderais surtout de découvrir ses deux symphonies, qui s’achèvent dans un chatoiement de rêve absolument vertigineux… A écouter le soir devant les étoiles !

    Trouvez ici sa biographie sur Radio France ; et ici un site dédié à ses 90 ans.
   Vous pouvez aussi écouter ici des extraits de sa première symphonie, ou de "Timbre, espace, mouvement".

       Bon anniversaire, Monsieur Dutilleux !      

Publié dans : Musique - Par Martine Maillard
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