Inspiration

  
L'Esprit souffle où Il veut ; et tu entends sa voix, 

Mais tu ne sais d'où Il vient, ni où Il va.

Saint-Jean  III, 8    


   

(Iegor Reznikoff à l'abbaye du Thoronet) 

        


Jeudi 29 septembre 2005


Il pleut du tulle en voile de mariée

Depuis le ciel plombé sur les toits argentés ;
La lucarne pensive a fermé son volet ;
Fantômes sous l’averse on voit se profiler
Les squelettes crochus d’antennes de télé…

Vive l’eau qui ruisselle et lave le bitume,
Arrose les jardins et leurs arbres fruitiers !
Les immeubles grisâtres ont leurs carreaux de brume,
Et c’est l’été qui fond, brusquement épuisé…
Pauvre soir de septembre où le décor s’enfume…


Publié dans : Nostalgie - Par Martine Maillard
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Mercredi 28 septembre 2005



La roue tourne tandis que tourne la nuit,
A grand fracas tourne la terre à travers les siècles ;
Et ton cerceau est si frêle, petite fille,
Qu’il déplace les cercles des pôles
Et éblouit la neige de soleil…!


Publié dans : La remontée du fleuve - Par Martine Maillard
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Mardi 27 septembre 2005

(photographie d'Anne Geddes)

"J’ai une jolie petite fille qui ressemble à une fleur d’or, ma Cléis chérie ;
Je ne la donnerais pas pour toute la Lydie !" (Sappho, fr. 141)



Ce fut la rose d’or et le bouton nacré,
Et ce fut l’arc-en-ciel au milieu des nuées…

- Pour qui souriez-vous, pervenches du matin ?
- Nous nous mirons dans son regard…
Et l’ombre du printemps glissait sur ses paupières…
O chevelure ornée de genêts éclatants !

°

Son rêve n’est pas tien et tu la vois dormir,
Et tu la sais pleurer sur l’épaule attendrie,
Et tu l’écoutes vivre au plus profond des nuits.

Trois seuils de pourpre,
Une immense cathédrale,
- Peut-être la folie !
Auprès des lourdes portes,
Chassez, chassez la nuit…

Eaux dormantes où le ciel épand sa chevelure,
Eaux magiques où sommeille le cœur des printemps,
Vous bercerez sa nuit…

°

Petit ange dormeur, avez-vous vu la lune ?
Au lutin assoupi elle faisait des signes,
Et parmi l’envolée des anges et des lignes
Elle écoutait ton cœur…

Et l’horloge attentive au travers des étoiles
Coule nonchalamment ses oracles nocturnes ;
Tu sommeilles, entourée des astres et des voiles,
Rêvant de l’aube aveugle et de ses dragons d’or,
Et ton souffle ténu te porte au grand soleil…



Publié dans : La remontée du fleuve - Par Martine Maillard
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