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L'âme du poète



"Eurydicen !" toto referebant flumine ripae.

"Eurydice !" répercutaient les rives à travers tout le fleuve.

VIRGILE, Géorgiques

(Mort d'Orphée)

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  • : L'espace d'un instant.
  • valentina
  • : Ce site est destiné à partager avec vous des moments de poésie, de musique et d'art en général. A travers des images de nature, de voyages, des moments de contemplation, qu'ils soient dûs à ma propre inspiration ou à celle d'autres artistes, je vous propose quelques instants d'échange et de ressourcement.
  • : 01/05/2005
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L'Esprit souffle où Il veut ; et tu entends sa voix, 

Mais tu ne sais d'où Il vient, ni où Il va.

Jean  III, 8    

 

   


(Iegor Reznikoff à l'abbaye du Thoronet)        

 

 

Mardi 31 mai 2005

Vole, vaisseau d'acier au vent vigoureux du large

Que tu effleures de tes trompes enfumées !

Va ! Les mouettes blanches te font cortège,

La mer étale à tes flancs ses mousses d'écume,

Et tu vogues vaillamment vers l'étincellement

Du soleil levant.

 

 *

 

Le bleu intense

Et les abîmes mouvants de la mer...

Le bleu pâli

Et les scintillements lointains du ciel...

Le vent léger

Et les espaces soyeux de l'air...

 

Çà et là,

Des îles brunes s'élèvent

Sur le miroir d'argent,

Langues de terre montagneuses et coniques

Issues du brouillard d'or.

 

Mardi 31 mai 2005

Apollôn, île de Naxos : la grève par grosse mer


Cette nuit la mer a grondé sans relâche,

Roulé et brassé ses galets comme une lionne sa proie ;

Par bonds féroces elle a cent fois heurté la côte,

Pour s'épanouir en gerbes d'écume salée,

Toujours plus haut, toujours plus loin.

Le vent soufflait et les barques dansaient,

Fermement amarrées à la digue ;

Cependant nous dormions,

Bercés par la clameur profonde

Du ressac mugissant,

A l'abri des arbustes

Sous un talus de pierres...

 

Ce matin elle gronde et explose encore,

Et les galets scintillent

Sous ses griffes luisantes.

Lorsque je suis allée vers elle,

Elle m'a tirée si violemment,

Puis rejetée d'un flot brutal,

Qu'on eût dit un cheval rétif

Désarçonnant son cavalier.

Roulée à terre, battue des vagues,

Je dus m'écarter promptement...

Mais qu'importait ! J'entrai ailleurs

Et, calculant l'assaut des vagues,

Je plongeai tout à coup et traversai la barre.

                                              

Je ressurgis enfin au sein d'une eau troublée,

Mouvante et animée,

Pressante, comme vivante...

Progressant vigoureusement,

Je me sentis portée comme un bouchon léger,

Ballottée, haut et bas, par les houles énormes,

Enserrée par l'écume,

Inondée de fraîches coulées ;
Et soudain je parvins dans des flots plus tranquilles,

Plus profonds et plus bleus,

Où je pus m'arrêter...

 

O cœur immense de la terre !

Je m'étais redressée au centre de la baie,

Et là je respirais,

Paisible entre les bras de l'eau,

Dans un décor sublime :

Autour de moi

Un gigantesque cirque de montagnes

Étincelait dans le soleil levant...


 

 


Apollôn, île de Naxos : même grève en sens opposé

Vendredi 27 mai 2005


Ce soir
Les martinets pépient très haut
Il y a fête dans le ciel
Bleu très bleu
Jusqu’aux plus lointains horizons

Les toits armés de leurs fourches graciles
Masquent la mer avec ses dunes
On entend le ressac
Et le vent nous apporte ses effluves herbeux
Ses odeurs de mouettes
Piaillardes

On se marie quelque part
Loin très loin dans le ciel
J’ai même vu la lune souriant dans son coin
Elle s’est endimanchée
Toute vêtue de blanc

Allez ce n’est pas pour demain
La fin du monde
Allez nous en aurons encore
De jolis jours à vivre

Voyez les millions de paillettes
Dont s’allume le soir
Sentez l’odeur si fraîche diffusée par la nuit
Elle est belle la Terre
Elle nous aime encore
Elle a toujours voulu
Que nous soyons heureux

O mère bienveillante
C’est ta fête ce soir
Tous les oiseaux le savent
Et le vent et les fleurs
Et même les toitures
Avec leurs araignées
Tous te célèbrent et se pressent en ton sein

 

(Veille de la fête des Mères)

par Martine Maillard publié dans : Poèmes mystiques
 

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NB : Vous pouvez consulter les archives de ce blog, créé en mai 2005, en cliquant en haut à gauche de cette page sur "Poésie éternelle".

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