Dimanche 18 février 2007
7
18
/02
/Fév
/2007
19:06
J'ai une amie qui crée des bijoux ; ils sont si variés et originaux qu'elle en fait même parfois des expositions, rien que pour le plaisir des yeux.
Je viens de découvrir qu'elle en expose certains sur un blog, depuis la Saint-Valentin : bonne idée, n'est-ce pas ?
Les bijoux de Lola - Le modèle "mille et une nuits"
Rendez-lui visite, en cliquant ici ou sur la photo !
Par Martine Maillard
-
Publié dans : Entre nous
9
Samedi 17 février 2007
6
17
/02
/Fév
/2007
17:28
Puisque je suis dans l'élan du "Ferré chante
Aragon", pourquoi ne pas citer cet autre poème d'amour - tiré cette fois du recueil "Elsa" ?
Ceci me ramène à nos querelles d'enfants, lorsqu'au lycée, je me heurtais
à une camarade pleine d'arrogance et de certitude qui clamait la supériorité indiscutable de Paul Eluard et de Pablo Picasso. Ne pouvais-je avoir l'autorisation de préférer une forme plus
"classique", un dessin moins agressif? J'étais aussitôt reléguée au rang de "petite fille à Maman", incapable de comprendre l'aspect révolutionnaire du génie. Oui, mademoiselle se disait
"communiste", mais après tout Aragon l'était bien aussi, communiste, et cependant ne négligeait ni le rythme ni la rime !
Il a marqué mes seize ans et est resté l'un de mes poètes préférés. Je n'ai jamais pu concevoir la poésie
sans un "souffle" traduit dans le rythme et plus ou moins dans la rime, à l'image de la scansion grecque, latine ou germanique que j'avais longtemps pratiquées. C'est pourquoi à ses côtés je
conserve en tête Paul Valéry et Guillaume Apollinaire, et pourquoi j'aime autant Edmond Rostand et Paul Claudel, que Victor Hugo et Racine...
Il y a trois poèmes d'amour dans "Ferré chante Aragon". En voici un second.
Ombre, mer et palmes.
JE T'AIME TANT
Mon sombre amour d'orange amère
Ma chanson d'écluse et de vent
Mon quartier d'ombre où vient rêvant
Mourir la mer
Mon doux mois d'août dont le ciel pleut
Des étoiles sur les monts calmes
Ma songerie aux murs de palme
Où l'air est bleu
Mes bras d'or mes faibles merveilles
Renaissent ma soif et ma faim
Collier collier des soirs sans fin
Où le cœur veille
Est-ce que qu'on sait ce que se passe
C'est peut-être bien ce tantôt
Que l'on jettera le manteau
Dessus ma face
Coupez ma gorge et les pivoines
Vite apportez mon vin mon sang
Pour lui plaire comme en passant
Font* les avoines
Il me reste si peu de temps
Pour aller au bout de moi-même
Et pour crier-dieu que je t'aime
Tant
Louis Aragon, extrait de "Elsa"
(1959)
Si ce n'est pas un beau poème
d'amour, ça ! Lorsqu'on aime, il semble que le monde entier s'incarne en l'être aimé, pour nous donner l'impression d'épouser la beauté même des choses...
J'avoue de plus que les textes choisis par Léo Ferré, comme l'interprétation qu'il en donne, me séduisent davantage que ceux chantés pas Jean Ferrat. Il y a chez ce dernier une
douceur de troubadour qui, non seulement ne m'attire guère, mais en plus, ne me paraît pas "coller" tout à fait avec le caractère passionné de notre grand poète...
Pour écouter un extrait de la chanson... Allez, cliquez ci-dessous !
* Note : Tous les textes transcrits sur le net indiquent "Font", mais à mon avis cela n'a aucun sens. Je regrette de n'avoir plus sous les yeux le disque avec le texte original, mais je suis à peu
près certaine que Ferré dit "Faux", ce qui correspond à une forme archaïque du verbe "faillir" à l'impératif, qui reprendrait
l'expression "coupez ma gorge" au sens de "fauchez les avoines".
Voici le passage en question :
Qu'en dites-vous ?
Réponse du 21 février : J'ai tout faux ! Le texte officiel est
"FONT"!
Pardon donc pour ces élucubrations et la mise en accusation abusive de contenu du
net...
Mes sources : "Aragon, l'oeuvre poétique", éditions "Livre Club Diderot" - tome XIII : "1957-1962"
- p. 43, Recueil intitulé "Elsa, poème" et p. 76-77 : "Chanson noire"
qui est le titre exact de cette oeuvre ici tronquée. Pour la lire en entier, cliquez
ici.
Par Martine Maillard
-
Publié dans : Citations
-
10
Mercredi 14 février 2007
3
14
/02
/Fév
/2007
17:59
Pour la Saint Valentin, je vous offre ce merveilleux poème d'amour écrit par Aragon pour Elsa Triolet, et que Léo
Ferré a immortalisé dans une émouvante chanson.
Suffit-il donc que tu paraisses
De l'air que te fait rattachant
Tes cheveux ce geste touchant
Que je renaisse et reconnaisse
Un monde habité par le chant
Elsa mon amour ma jeunesse
Ô forte et douce comme un vin
Pareille au soleil des fenêtres
Tu me rends la caresse d'être
Tu me rends la soif et la faim
De vivre encore et de connaître
Notre histoire jusqu'à la fin
C'est miracle que d'être ensemble
Que la lumière sur ta joue
Qu'autour de toi le vent se joue
Toujours si je te vois, je tremble
Comme à son premier rendez-vous
Un jeune homme qui me ressemble
Pour la première fois ta bouche
Pour la première fois ta voix
D'une aile à la cime des bois
L'arbre frémit jusqu'à la souche
C'est toujours la première fois
Quand ta robe en passant me touche
Ma vie en vérité commence
Le jour où je t'ai rencontrée
Toi dont les bras ont su barrer
Sa route atroce à ma démence
Et qui m'a montré la contrée
Que la bonté seule ensemence
Tu vins au coeur du désarroi
Pour chasser les mauvaises fièvres
Et j'ai flambé comme un genièvre
A la Noël entre tes doigts
Je suis né vraiment de ta lèvre
Ma vie est à partir de toi
Louis Aragon, Le Roman Inachevé.

Vous pouvez découvrir la chanson ici (plage 7 :
Elsa)
Par Martine Maillard
-
Publié dans : Citations
-
6