L'Âme du poète

"Eurydicen !" toto referebant flumine ripae.

"Eurydice !" répercutaient les rives à travers tout le fleuve.

VIRGILE, Géorgiques

(Mort d'Orphée)

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L'Esprit souffle où Il veut ; et tu entends sa voix, 

Mais tu ne sais  d'où Il vient, ni où Il va.

Jean  III, 8    

 

 En l'écoutant, toi aussi tu peux créer...


   


(Iegor Reznikoff à l'abbaye du Thoronet)      

  
Samedi 27 janvier 2007 6 27 /01 /Jan /2007 17:43
        J'ai enfin retrouvé la chanson "la neige", chantée par Serge Reggiani.
    Elle fut écrite par Claude Nougaro en 1967, sur une musique de Daniel Goyonne (voir ici).


Claude Nougaro


    On en trouve un autre extrait musical à cette
adresse : mais il faut descendre la page vers "les titres de Claude Nougaro", et continuer de descendre jusqu'à l'année 1967 ; et là, en cliquant sur la petite flèche, on peut de nouveau apprécier, trop brièvement hélas, la délicatesse et la profondeur avec lesquelles l'immense artiste interprète cette merveilleuse chanson.
    En ce qui me concerne, je l'ai découverte sous un autre arrangement dans les années 70-80, avec Serge Reggiani en digne interprète des grands poètes.



La voici :


Note du 31/01/07 : La chanson originale de Claude Nougaro est téléchargeable sur le site de Virgin Mega pour 0€99 - ou l'ensemble de son disque "Toulouse" pour 6€99... C'est ce que je viens de faire. En effet le disque est ancien !
Par Martine Maillard - Publié dans : Citations
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Mercredi 24 janvier 2007 3 24 /01 /Jan /2007 19:38
    Je ne peux pas oublier ici la merveilleuse chanson de Claude Nougaro, que je possédais autrefois en vinyle interprétée par Serge Reggiani.


LA NEIGE


Oh la neige ! Regarde la neige qui tombe...
Cimetière enchanté fait de légères tombes
Elle tombe la neige, silencieusement
De toute sa blancheur d'un noir éblouissant
La neige...

Les yeux les mieux ouverts sont encore des paupières
Et Dieu pour le prouver fait pleuvoir sa lumière
Sa lumière glacée, ardente cependant
Coeur de braise tendu dans une main d'argent
La neige...

Elle vient de si haut, la chaste demoiselle
Que sa forme voilée d'étoiles se constelle
Elle vient de si haut, cette soeur des sapins
Cette bombe lactée que lancent les gamins
Elle vient de si haut, la liquide étincelle
Au sommet de la terre elle brille éternelle
Brandissant son flambeau sur le pic et le roc
Comme la liberté dans le port de New York
La neige...

Meneuse de revue aux Folies-Stalingrad
Descendant l'escalier des degrés centigrades
Empanachée de plumes, négresse en négatif
Elle dansait un ballet angélique, explosif
Pour le soldat givré, agrippé à son arme
Oeuf de sang congelé dans un cristal de larmes
Elle danse la neige dans la nuit de Noël
Autour d'un tank brûlé qu'elle a pris pour chapelle
La neige

Tout de suite moisson, tout de suite hécatombe
Oh la neige! Regarde la neige qui tombe...


    Malheureusement je n'ai pu en trouver en ligne qu'un très court extrait musical, à cette adresse.
Par Martine Maillard - Publié dans : Citations
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Mardi 23 janvier 2007 2 23 /01 /Jan /2007 18:26
    Je devais aller à Châteauroux aujourd'hui. Etant dans le premier département en alerte à partir du Nord comme de l'Ouest (l'Indre), je n'avais pas cru la menace de neige bien sérieuse, et surtout, je pensais que les choses seraient stabilisées dans la journée, et que dès midi les routes seraient largement dégagées - du moins les principales.



    C'est exactement le contraire qui s'est passé ! Pour un trajet de 30 km en plaine qui habituellement me prend 1/2 heure, j'ai mis une heure : la route était encombrée de camions roulant au ralenti, et dès l'entrée de Châteauroux, c'était une valse effarante de glissades sur le verglas, à cause des carrefours et changements de directions : aucune intervention apparente des services publics ! Chaque fois qu'il fallait s'arrêter ou virer, on partait en tête à queue ou on dégringolait sur le trottoir...
    Par contre j'ai regretté de n'avoir pas pris mon appareil photo, tant le paysage, pris sous un fin grésil immuable durant des heures et qui gelait dès l'arrivée au sol, était devenu ravissant, blanc et embrumé. Je me garai sur le trottoir du boulevard où avait lieu ma réunion, ce qui ressemblait un peu à ceci :



    J'étais déçue de n'avoir pas trouvé de place dans la cour du bâtiment, mais vers midi je ne pus que m'en féliciter ! Mes camarades, patinant désespérément sur le macadam, ne purent plus ressortir !! Je n'en croyais pas mes yeux : c'était un jour à garnir ses pneus de chaînes.  Je n'avais jamais vu ce temps-là qu'en montagne.
Comme bien d'autres, je me  hâtai de repartir.
    Hélas, ce fut bien pire encore que pour venir. J'ai rarement eu aussi peur.
    Les rues de  Châteauroux, enneigées sur plusieurs centimètres, étaient à peine praticables, et il y roulait pourtant du monde : comme moi sans doute, c'étaient des gens qui cherchaient à regagner leur domicile, et qui pestaient que rien ne fût dégagé. Le pire : les feux rouges n'étaient plus visibles, la neige s'étant déposée dans le rond, avant de geler purement et simplement, les obturant complètement.
    J'ai suivi les conseils, et pris la direction des grands axes : rocades, bretelles d'autoroutes... Qu'avais-je fait là !!! Pour remonter de ma bretelle vers ma nationale 151 (c'est la partie que vous voyez en bleu et blanc à droite de Déols, sur la carte ci-dessus), il y avait une jolie petite côte, qui virait vers un rond-point : pas déneigée du tout !!! Entièrement blanche et verglacée !! Et derrière moi, une voiture (ça m'a rassurée : je n'étais pas la seule "folle à lier") ; sur le rond-point, une voiture (heureusement, très, très prudente)... Dieu entendit ma prière sans aucun doute, car avec un léger élan, une accélération constante, et la chance que personne ne soit sur le rond-point quand j'ai débouché (j'avais bien observé d'en bas avant de me lancer), j'ai réussi à prendre position sur la route.
    Le retour a été extrêmement éprouvant : 1h1/2 pour parcourir ces 30 kms cette fois, à cause de la traversée de la zone habitée qui était encore très chargée en véhicules, alors que la route, à force de neige et de vent glacé, était devenue, totalement blanche, blanche comme une patinoire ; et que le grésil tombant toujours, ou encore les paquets de neige glissés de mon toit, avaient gelé et raidi mes essuie-glace au point que parfois ils ne balayaient plus du tout.
    Ma grosse terreur, c'étaient les côtes : rester bloquée dans une montée ! Risquer de redescendre en arrière ! Heureusement, il y en eut peu ; et le reste de sablage du matin avait un peu assuré le socle de la chaussée.
    Dernière épreuve : à l'entrée d'Issoudun. Un camion bloquait la chaussée en sens inverse au bas de la descente ; et voici que me voyant arriver doucement et prudemment, un poids lourd décida de s'engager face à moi pour doubler son congénère !! Bien que roulant à 20 à l'heure, j'ai voulu stopper, pour la première fois depuis Châteauroux... et paf ! Je suis partie m'encastrer dans la congère à droite de la chaussée ! Comme je l'ai maudit !! Lui, un poids lourd, vouloir s'engager sur cette route complètement impraticable, et en plus, en coupant la route aux véhicules arrivant en sens inverse !
    Heureusement j'ai réussi à reculer pour me dégager ; et alors, j'ai découvert une file incroyable de voitures bloquées derrière ces poids lourds qui se sont mises toutes à filer vers Châteauroux, profitant de mon arrêt providentiel... quelle folie ! Mais peut-être ces gens rentraient-ils chez eux, eux aussi ...?

    Avec quel bonheur ai-je trouvé à me garer devant chez moi ! (Malgré la hauteur de neige qui jusque là m'avait totalement dissuadée du moindre arrêt).
    Voici l'aspect qu'avaient pris ma rue et ma maison à mon arrivée :





    Le journal télévisé avait parlé de l'A20 près de Limoges (mais aussi  près de Châteauroux il me semble), et il avait montré des images de la Haute-Vienne et de l'Auvergne : mais c'était strictement pareil à Issoudun !!
    D'ailleurs ma Vierge de Paris, qui m'a si bien protégée, est comme ensevelie dans un igloo ce soir... c'est hallucinant.


Combien cela fait-il de centimètres ?
Eh oui, l'hiver est bien là...

Par Martine Maillard - Publié dans : Issoudun
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