Samedi 7 avril 2007
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L'esprit souffle au dessus de nous, mais pour l'instant il s'est
caché.
Emporté sur son char de feu, le soleil passe dans le ciel...

(cliquez sur l'image pour l'agrandir)
Espérons qu'il nous reviendra
Demain !
Par Martine Maillard
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Publié dans : Nostalgie
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Vendredi 6 avril 2007
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16:45
Habituellement, la semaine sainte est froide et sombre - surtout les derniers jours. Et si l'on sait qu'elle remémore le plus grand sacrifice de l'humanité, celui du Christ, qui malgré sa puissance, s'est laissé clouer sur une croix comme un vulgaire voleur pour pouvoir s'approcher des plus misérables d'entre nous, on comprend d'autant mieux qu'elle soit triste et difficile.
J'ai coutume alors d'écouter les Passions de Jean-Sébastien Bach, musique austère et inspirée (plus austère pour la Passion selon Saint-Matthieu, plus inspirée pour la Passion selon Saint-Jean), qui relatent les circonstances de la mort de Jésus, ou encore tout simplement les Leçons de Ténèbres de François Couperin, qui comme leur nom l'indique, nous enseignent à supporter la Nuit de l'Âme qui règne entre le vendredi saint à 15h et le dimanche de Pâques à 9h - heure de la découverte de la Résurrection.

Et pourtant, il est des années où il fait beau au Vendredi Saint ; très beau, même ! Et c'est une de ces années qu'a voulu évoquer Richard Wagner dans son opéra Parsifal, à travers cette page merveilleuse qu'on intitule "l'enchantement du Vendredi Saint" ( en Allemand "Karfreitagszauber").
Parsifal est un drame spirituel qui tire son inspiration en partie du "Perceval" de Chrétien de Troyes, et en partie du "Parzival" de Wolfram von Eschenbach, avec en prime des sources orientales : en effet "Kundry" (voir ici un article sur elle un peu complexe, car d'inspiration psychanalytique), qui s'avère être la réincarnation d'une pécheresse de l'époque du Christ (il est question d'Hérodiade...), lui explique son nom en l'appelant "Fal Parsi", c'est-à-dire "chaste fol".
Wagner imagine que le Graal, calice ayant contenu le sang du Christ et rapporté en Occident par Joseph d'Arimatie, aurait été conservé en grand secret par une congrégation de chevaliers très purs. Mais qu'un magicien Noir, représentant du Mal (Klingsor), tenterait de les corrompre en utilisant une pauvre femme qui pour son malheur, aurait ri en voyant passer Jésus portant sa croix, en marche vers son supplice. C'est ainsi qu'elle vit son propre enfer : elle est condamnée à renaître sans cesse, sous le nom de Kundry, pour séduire les gardiens du Graal et les conduire au péché de chair, qui les écartera à tout jamais du service auquel ils se sont voués.
Parsifal est l'élu appelé à sauver la congrégation. Résistant aux charmes de Kundry, il détruit le malfaisant Klingsor et, après des années d'errances dans le désert, revient au château du Graal, par un matin de printemps tout éblouissant de lumière, rapportant la lance sacrée que Klingsor avait dérobée, et avec elle la promesse de Rédemption pour les chevaliers épuisés par la privation de la lumière spirituelle dont ils ont besoin.

« Quel jour est-on ? demande -t-il.
Jamais je n'ai vu la prairie aussi verte,
Ni couverte de si belles fleurs !
- Pas même en ce jardin magique
Où je me suis perdu, là-bas... -
Ces fleurs-là sont pourtant si douces et si tendres,
Qu'on croirait même qu'elles attendent le Pardon... »
Et se disant, il se tourne affectueusement vers Kundry qui, redevenue l'humble servante des chevaliers, se prosterne devant lui dans l'attente de sa délivrance.
« Nous sommes le Vendredi Saint », lui répond le vieux Gurnemanz, qui est le seul à l'avoir reconnu après tant d'années.
A la surprise effarée de Parsifal, qui pense que c'est le jour de la plus grande souffrance et du plus grand malheur, il explique : « Aujourd'hui en fait, la Nature rend grâce au Seigneur qui avec tant de compassion a su lui apporter le Salut ; c'est pourquoi les fleurs n'ont jamais tant brillé, et la plaine ne s'est jamais tant parée : toutes le remercient ainsi pour son immense sacrifice, car elles se savent aujourd'hui pardonnées. » Alors Parsifal, comprenant la supplique de Kundry, la baptise, et la libère de la malédiction qui pesait sur elle. C'est cette scène qui m'avait tant marquée, lors de mon voyage à Bayreuth en 1970 lorsque j'ai écrit pour elle ce poème.
Malheureusement - et c'est le plus triste : non seulement je n'ai pas pu prendre personnellement de photo de la merveilleuse journée d'aujourd'hui, mais en plus je n'ai pas le disque de Parsifal ! Je pensais en trouver l'extrait sur le net, mais non... Je vous ferai donc écouter ce passage une autre fois.
Cepndant vous en avez un aperçu ici, disque 4, plage 6 (très court)
Parsifal :"Wie dünkt mich doch die Aue heut' so schön"
("Que la prairie me semble belle, aujourd'hui !")
...Et là, disque 4, plages 8 et 9
(Même chose, puis réponse de Gurnemanz :
"Tu vois, il n'en est pas comme tu le crois : aujourd'hui chaque créature se réjouit..."
Par Martine Maillard
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Publié dans : Musique
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Mercredi 4 avril 2007
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21:19
Russalka nous fait souvent voyager dans des univers musicaux, et récemment m'a conduite plusieurs fois sur Youtube, où l'on peut profiter de véritables reportages sur des concerts.
C'est donc à elle que je dois d'avoir déniché ce merveilleux enregistrement de la "Vocalise" de Rachmaninov, que j'ai connue à l'origine jouée au violoncelle, et qui là est interprétée vocalement par la cantatrice américaine Cynthia Haymon.
L'intensité dramatique qu'elle apporte à cette oeuvre n'était toutefois pas forcément partagée par le compositeur lui-même, plus pudique dans ses propres interprétations qu'on pourrait le croire. Dans cet autre enregistrement réalisé en 1958, avec un accompagnement orchestral sous la baguette du grand chef Léopold Stokowski, Anna Moffo témoigne d'un ressenti tout à fait différent, plus intime et en même temps plus profond, puisqu'en exécutant fidèlement toutes les reprises, elle rend l'écoute deux fois plus longue.
Cette "vocalise", qui exprime sans dire, sans paroles, comme une plainte déchirante peu à peu étouffée dans l'acceptation, reflète bien notre état d'esprit en ces journées difficiles et combien perturbées que nous vivons actuellement. Je ne sais pas ce que vous en pensez ?
En tous cas, dites-moi quelle est la version que vous préférez... Je crois qu'en fin de compte, en ce qui me concerne, c'est la seconde.
Par Martine Maillard
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Publié dans : Musique
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