Mais tu ne sais d'où Il vient, ni où Il va.
Jean III, 8
En l'écoutant, toi aussi tu peux créer...
(Iegor Reznikoff à l'abbaye du
Thoronet)
"Eurydice !" répercutaient les rives à travers tout le fleuve.
VIRGILE, Géorgiques
(Mort d'Orphée)
Mais tu ne sais d'où Il vient, ni où Il va.
Jean III, 8
En l'écoutant, toi aussi tu peux créer...
(Iegor Reznikoff à l'abbaye du
Thoronet)
Oui, il a enfin plu !
La chaussée est mouillée.
La citerne a remonté (mais ce n'est pas assez encore, il faut qu'elle soit pleine !... En effet une semaine de soleil suffit à la vider et ce qu'il manque là fait l'arrosage d'une journée).
Les fleurs ploient sous les eaux...
... et même, si je vous montre un endroit que je n'ai pas patiemment nettoyé, l'ondée n'a fait qu'achever les cadavres des roses desséchées.
Mais reprenons espoir, la terre est bien mouillée ; et pour l'occasion, voici la réédition d'un poème écrit en septembre 2009, dont l'actualité me paraît parfaite.
Bénédiction
Pluie bienfaisante
Sur la terre craquelée
Gercée
Presque morte de tant de soleil
Assoiffée de tant de chaleur
Pluie chaude aux larges gouttes
Tu épands ta vigueur
Sur les fleurs séchées
Sur les tiges figées
Et les feuilles s’étirent
Oubliant leurs compagnes
Déjà tombées
Et tordues sur le sol
Comme papier brûlé
C’est la première averse
Depuis quarante jours
La souffrance est montée
Montée jusqu’aux nuages
Et les a fait pleurer
Debussy - Jardins sous la pluie, tiré des Estampes pour piano (n°3), joué par Noël Lee.
Vous y entendrez notamment le thème repris avec humour de « Nous n'irons plus au bois, car (plaisantait Debussy) il fait un temps épouvantable ! ». Rions un peu...
Aujourd'hui la campagne est balayée d'un vent
Qui fait ployer les tiges et ride les étangs
J'avance emmitouflée et les doigts engourdis
Me croyant transportée jusqu'en Terre Adélie
J'ai serré l'anorak et le bonnet de laine
Et pourtant l'air glacé me transit jusqu'à l'aine
Où es-tu doux soleil que couvrent les nuées
Le blizzard t'a chassé même si Mars est né
Tu as lutté en vain contre la brume flasque
Mais sans s'en inquiéter mes deux chiens sont partis
Ils courent sans compter filant dans la bourrasque
Et reviennent bientôt plus chauds qu'en plein midi
Un hôte inhabituel est venu ce matin
Se joindre aux gais moineaux en bandes familières,
Dont la présence anime en joyeuses volières
Le carré de gazon vert de notre jardin.
Est-ce bergeronnette, est-ce chardonneret ?
Serait-ce une fauvette, ou bien une linotte ?
Le grain est abondant, tombé de notre hotte,
Et l'oiseau semble aimer ce repas sans apprêt.
Je connais le bouvreuil, le verdier, le pinson,
Le merle vient souvent comme la tourterelle ;
Mais ce joli minois m'amuse et m'interpelle
Sans me laisser son nom ni même sa chanson.
Tandis que les moineaux dans un envol massif
L'abandonnent, rêveur, au pied de ma fenêtre,
Je l'admire un instant sans rien laisser paraître.
Puis soudain il s'enfuit d'un bond définitif.
Aux éditions Stellamaris vient de paraître mon recueil
Renaître.
Vous pouvez le feuilleter et vous le procurer à cette page.

Découvrez une revue jeune et pleine d'avenir ! (Cliquez sur l'image pour l'agrandir)
Parvenue à son n°9, Shi-zen, ou "le féminin éthique et pas toc", est un magazine attrayant écrit par des femmes mais aussi par des hommes, pour des femmes mais aussi pour des hommes, dans une optique résolument écologique (imprimée sur papier recyclé bien sûr).
Ici la couverture du dernier n° paru.
Sur le site vous pouvez vous abonner, acheter les numéros en PDF ou en version papier (franco de port),
ou consulter en ligne des extraits de différents numéros.