Dimanche 2 avril 2006
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18:22
Voici un sonnet de facture un peu spéciale (le mot "jardins" est ajouté au début du premier vers de chaque quatrain, et de celui des tercets), que j'ai écrit je crois en avril 1975, alors que je vivais à Paris.

Jardins ! Confiez votre secret au messager des fleurs !
Un habile ouvrier de nouveau vous façonne,
Et je vois éclater le bourgeon qui frissonne,
Livrant au frais soleil sa chétive pâleur.
Jardins ! Quel souffle merveilleux vous a gorgés d’odeurs ?
Un à un entrouverts, les pétales s’étonnent,
Et le muguet paraît, dont les clochettes sonnent,
Avec la primevère aux ardentes couleurs.
Jardins ! Jardins si doux ce soir, ô jardins de mes rêves,
Recevez ma prière, et ma plainte, et mes pleurs…
Oh ! Rendez-moi la vie et la force et la sève,
Que je rie avec vous de ce rire enjôleur,
Que je vive à jamais votre métamorphose !
Jardins transfigurés du miracle des roses…
Par Martine Maillard
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Publié dans : Sonnets
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Mercredi 22 février 2006
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Image tirée de ce site (cliquez pour l'agrandir)
Comme je regardais dans le miroir des ondes,
Je vis se dérouler des pays azurés,
Des îlots lumineux tout couverts de forêts,
Flottant nonchalamment parmi les mers profondes.
De blancs voiliers ancrés auprès des rives blondes
Semblaient dans leur sommeil aux grands oiseaux sacrés
Des cultes d’Orient, et les cieux adorés
Miraient à l’infini les splendeurs de ces mondes.
Et moi, je désirais la candeur des oiseaux,
La sereine harmonie ample et grave des eaux,
Le radieux éclat des Iles Délicieuses,
Et j’aspirais à fuir là-bas si ardemment
Que, glissant vers mon rêve imperceptiblement,
Je rejoignis dans l’eau l’image fallacieuse…
"Pour Survivre", 1969
Par Martine Maillard
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Publié dans : Sonnets
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Mercredi 1 février 2006
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23:04

C'est l'envol des corbeaux hors du fossé natal,
Fatigués de porter les misères humaines...
Sur la route déserte où nul ne se promène
Ils fuient l'auto qui passe en ouragan brutal.
Sur la chaussée tiédie ils ont pris leurs quartiers,
En meute vagabonde, en troupe jacassante ;
Nul ne vient déranger l'assemblée croassante
Qui part en nuée sombre au-devant des routiers.
Picorant dans les champs les fragiles semences
Ou dormant sous leur aile au fil de leurs errances,
Les voici de retour, ces corbeaux de l'hiver.
Quand se tait l'appel clair de la douce mésange,
Quand la grisaille tombe et que le froid dérange,
Ils sont les astres noirs de notre ciel couvert.
(Clin d'oeil à José Maria de Hérédia)
Par Martine Maillard
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Publié dans : Sonnets
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