Mais tu ne sais d'où Il vient, ni où Il va.
Jean III, 8
En l'écoutant, toi aussi tu peux créer...
(Iegor Reznikoff à l'abbaye du
Thoronet)
"Eurydice !" répercutaient les rives à travers tout le fleuve.
VIRGILE, Géorgiques
(Mort d'Orphée)
Mais tu ne sais d'où Il vient, ni où Il va.
Jean III, 8
En l'écoutant, toi aussi tu peux créer...
(Iegor Reznikoff à l'abbaye du
Thoronet)
Dimanche dernier à Issoudun, dans un vieux moulin réhabilité, on pouvait découvrir de curieux engins. L'auteur de l'exposition, un retraité, avait réussi à reconstituer des vieilles machines à faire du froid ! Voici son affiche :
Saviez-vous qu'avant les frigos on savait créer du froid, contrairement à ce que chantait Léo Ferré dans une chanson des années soixante (la "Chanson mécanisée" - mais peut-être à l'époque de Voltaire n'avait-on pas encore trouvé ça ?) :
« L'écrivain nommé Voltaire
N'avait pas de frigidaire
Ni même d'électricité
Quand il voulait de la glace
Il attendait qu'l'hiver passe
Avec son cheval glacé »
En voilà un, de "cheval glacé" : c'est un petit vélo (ici en miniature) de porteur de glace !
Eh bien oui, justement, avant que l'électricité n'apporte la touche finale aux moteurs destinés à créer du froid, on en fabriquait tout de même, avec d'autres combustibles : une manivelle, une lampe à pétrole... Et les brevets fleurissaient :
En effet, dans les hôpitaux, les restaurants, on avait besoin de glace ! Alors, voici à quoi ressemblaient les ustensiles grandeur nature :
Ici Monsieur Guyard présente lui-même l'engin qu'il a reconstitué. Dans la carafe, de la glace qu'il vient de produire en
agitant de l'eau.
La voici de plus près, cette "machine frigorifique de ménage" dessinée sur l'affiche en haut de
cet article.
Et en voici le schéma explicatif (cliquez pour agrandir)
Maintenant, voici celle qui était vendue dans les restaurants, d'après la seconde affiche.
De plus en plus fort ! Celle-ci produisait de la glace en plus grande quantité par centrifugation. En voici le schéma de
fonctionnement (vous pouvez toujours agrandir l'image évidemment) :
C'est déjà très fort ! J'avoue n'avoir pas les connaissances requises en physique et chimie pour bien suivre l'affaire...
La machine vue de dos.
Et attention, maintenant on va la mettre en route !
Désolée, c'est un peu long à charger et en plus wat nous ajoute sa publicité...
Mais voilà qu'en fond sonore nous percevons des effluves de Chopin ! Eh oui, je vais donc être obligée de vous montrer le drôle d'appareil présenté simultanément par un autre bricoleur: le « maestrophone Palliard »...
Ça lit les 78 tours ! Mais cette fois en le filmant j'ai eu le tort de tourner mon appareil alors vous allez vous tordre
le cou (ou basculer votre écran d'ordi)
En fait, ce n'est jamais qu'un bon vieux gramophone que l'exposant a monté différemment - alors qu'en principe tout le moteur est inclus dans une boîte....
En voici une image tirée du net, et voici le descriptif de l'appareil :
Mais le temps a passé et il fait beau dehors ! Sortons retrouver l'été !
(Une image pour Viviane : la boîte aux lettres japonaise)
Et voici enfin le troisième et dernier volet de cette évocation.
Votre enthousiasme rejoint mon empressement à tout photographier... Et d'ailleurs il était bon d'y revenir à divers moments de la journée, pour éviter les reflets qui transparaissaient parfois même avec le flash.
Cette fois je vous montrerai, un peu en vrac, des "perles" de cette exposition de Pierre-Stéphane Proust, perles allant de la lettre superbement ornée ou très originale, au souvenir du temps passé à travers quelques affiches datant du début du siècle.
Hélas, j'ai tellement d'images dans ma besace que je risque de ne plus savoir trop choisir...
Un joli "pli postal" (vous pouvez agrandir toutes ces photos, ou presque).
Une lettre vraiment, vraiment originale !
Celle-ci n'est pas mal non plus ; nous sommes dans les montgolfières...
Et maintenant... le pigeon voyageur
... pour en arriver aux avions primitifs.
Ce qui nous conduit à cette amusante gravure...
Le transtlantique allait-il en Guadeloupe ?
Ou ailleurs sous les cocotiers ?!
Enchaînons sur ce panneau, avec une belle lettre en bas.
Ou même jusqu'en Extrême-Orient ?
Attardons-nous un peu...
Mais celle-là n'est pas mal non plus !
Au passage, saluons le Bouddha...
Mais quelle drôle de lettre de Malaisie, aussi !
Des jonques d'on ne sait où...
Et tant qu'on y est, embarquons-nous pour le cosmos... C'est le rêve du 3e millénaire ! Et regardez où le cosmonaute du timbre poste la
lettre ?!
Le rêve de la Lune et du Soleil, c'est à Plazac que ça se tient... Le "Chant des
Toiles", vous connaissez ? (Voyez surtout leurs magnifiques cartes postales)...
Pour tout dire, ils ne sont pas loin du centre bouddhiste Dhagpo, et peignent des toiles flamboyantes de spiritualité (notamment Johfra, néerlandais actuellement décédé).
Et par association d'idées, nous arrivons au désert !
Un petit tour par Alexandrie, chez Marlou...
Je ne puis tout mettre, mais cette carte vaut le coup d'oeil.
En Afrique aussi, il y a des dromadaires, et qui transportent des colis !
Cette lettre est absolument stupéfiante... On se demande si elle a circulé, et n'est pas plutôt une reconstitution façon Jules Verne et siècle dernier (voir les vieux timbres qui l'ornent, en haut). De plus l'adresse portée sur le colis fait même songer à Voltaire !
Je pense que c'est une destination de rêve...
Et là, par l'intermédiaire de Pierre-Stéphane, il semble qu'une école africaine ait correspondu avec une école du Calvados. Avouez que ce
"taxi-brousse" est vraiment très réussi ! Il me rappelle des souvenirs...
Bon, je crois que j'ai fait le tour. Je vous laisse rêver sur ce joli Taxi-Brousse originaire du Gabon et qui lui aussi transporte des lettres...
Pour progresser dans cette étonnante exposition (voir l'article précédent), je vous propose aujourd'hui les citations indiquées au bas de chacun des grands panneaux présentant des lettres ornementées.
Commençons par celle-ci, en rapport avec le sujet de l'exposition :
Nous l'accompagnerons bien sûr de l'illustration qui lui correspond. Et comme l'autre jour, notez que je me suis efforcée de ne pas utiliser le flash pour éviter les reflets dans les vitres, mais que cela a entraîné, tantôt un léger flou dans l'image, tantôt d'autres reflets plus discrets de la pièce environnante et de ma propre image...
Continuons avec une citation de Marcel Proust, homonyme du créateur de cette exposition, Pierre-Stéphane.
... Allez, je vous ajoute également les deux lettres dont on n'aperçoit ici qu'une partie - adressées à notre collectionneur.
Joli, n'est-ce pas ?
Un peu bougée, hélas... Passons à la citation suivante, de Jules Verne, grand amateur de voyages !!
Ah ! Ah ! Nous abordons la banquise dont je vous précise les motifs.
Admirable lettre postée à bord du navire menant aux îles Kerguelen, et dont le motif s'inspire du timbre central, avec l'adresse autour.... !
Crépusculine constatera que ce monsieur est lui aussi, normand...
Une jolie goélette de l'époque de Jules Verne complète le tableau.
Et passons à la citation suivante, d'un certain Peyron qui m'est
inconnu.
Nous voici en plein surréalisme, avec un facteur volant qui sème ses lettres ! Regardons la lettre de plus près, nous verrons que l'astucieux dessinateur a mis ses coordonnées sur le dos du facteur.
Pour ces deux photographies j'ai préféré le flash, qui n'enlève cependant pas totalement les reflets.
Voulez-vous mieux voir les autres enveloppes ?
Je vous ai agrandi celle-ci, du moins. La Tour Eiffel en vaut la peine !
Une autre citation ?
Ça se corse ! Nous arrivons en Amérique ! Mais seules quelques gravures illustrent ce tableau, nous passons donc à un autre.
Les îles ? De mieux en mieux !
Mais pour clore le chapitre d'aujourd'hui, je garde mon préféré ....
Et sur ce tableau final, que voyons-nous ?
Une merveille, n'est-ce pas, que cet éventail en forme de lettre ? On se demande comment la poste a réussi à le transporter... Et je soupçonne l'expéditeur de l'avoir emportée lui-même après affranchissement.
Terminons avec cet hommage à l'aviateur que fut notre cher Saint-Ex.
(à suivre...
La prochaine fois : pays lointains, temps passé et temps futur)
Aux éditions Stellamaris vient de paraître mon recueil
Renaître.
Vous pouvez le feuilleter et vous le procurer à cette page.

Découvrez une revue jeune et pleine d'avenir ! (Cliquez sur l'image pour l'agrandir)
Parvenue à son n°9, Shi-zen, ou "le féminin éthique et pas toc", est un magazine attrayant écrit par des femmes mais aussi par des hommes, pour des femmes mais aussi pour des hommes, dans une optique résolument écologique (imprimée sur papier recyclé bien sûr).
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