Dimanche 12 mars 2006
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Treizième volet de mon Voyage à
travers le Québec, l'été 1967... Nous atteignons l'Atlantique ! (voir ici).
Les rives du Saint-Laurent vers la Gaspésie (cliquez pour
agrandir)
Le mercredi 26, nous prîmes la route de Gaspé, emportant notre pique-nique pour le repas de midi. Au fur
et à mesure de notre avancée, le paysage devenait de plus en plus joli : le Saint-Laurent était devenu si large que nous nous croyions à la mer, et la région redevenait accidentée, reprenait son
visage montagnard.
Quelques vues de
la "route de Gaspésie" (cartes postales de l'époque)
Elles peuvent à chaque fois être agrandies



Après quelques arrêts, dont un à Sainte-Anne-des-Monts vers 10 heures, nous nous installâmes pour
déjeuner dans une petite anse bordée d’une jolie plage et limitée par deux pointes. L’ambiance maritime se précisait de plus en plus et depuis quelques temps nous avions l’impression de suivre
une côte.
Nous parvînmes enfin à l’Océan à Cap-des-Rosiers et pûmes nous y baigner. Seulement l’eau était si froide1, que malgré le
temps resplendissant, peu d’entre nous s’y risquèrent.
Enfin ce fut Gaspé, capitale de la rayonnante province de Gaspésie. Nous dormîmes bien cette nuit-là, car la journée avait été bien remplie –
comme toutes celles de notre voyage d’ailleurs.
Le lendemain fut à marquer d’une pierre blanche dans l’ensemble de ce merveilleux voyage, car ce fut peut-être la journée la plus réussie, grâce à un temps idéal et à la beauté
des paysages que nous pûmes admirer. Nous devions nous rendre au Cap-Percé, l’un des sites les plus remarquables du Québec.
Cap Percé (toujours une carte postale, toujours affichable en plus grand)
Percé est un petit village au bord de l’Atlantique qui tire son nom d’un énorme rocher isolé troué
d’une large excavation, aussi grandiose par ses dimensions qu’étonnant par sa position.
Au large des côtes on aperçoit une grande île, l’île Bonaventure, qui sert de réserve à toutes sortes d’oiseaux de mer et
particulièrement à des colonies entières de Fous de Bassan.
Fous de Bassan sur l'Ile Bonaventure (carte postale)
cliquez pour agrandir
A notre arrivée, vers 10h30, nous cherchâmes d’abord une vedette pour nous emmener promener en mer autour de l’île. Cette excursion fut délicieuse : il faisait beau, chaud,
avec un léger vent frais, et l’île Bonaventure était superbe. Nous y admirâmes des milliers d’oiseaux, que les amateurs purent filmer tout à loisir et même de tout près, tant notre passage ne
sembla jamais les effaroucher. L’île semblait un véritable paradis, mais il était formellement interdit d’y aborder.
(Même
chose...)
A notre retour, on nous laissa libres jusqu’à 17 heures. Certains décidèrent de prendre part à une pêche à la morue. Pour moi, je préférai rester sur la plage. J’entrepris
d’abord avec quelques camarades une promenade autour du Rocher Percé : c’était une assez périlleuse aventure, mais nous ne nous en doutions alors pas.
Ci-dessus et ci-dessous, le Rocher Percé (même chose)

En effet, le rocher était relié à la terre par une assez large bande de sable et nous nous y élançâmes ; mais nous comprîmes la difficulté de notre entreprise lorsqu’il nous
fallut progresser le long de la paroi verticale, sur des roches très glissantes et exposées aux vagues qui venaient se briser sur nous. Nous nous réjouîmes de n’avoir pris ni appareils photos ni
bagage quel qu’il soit et nous concentrâmes sur notre marche précautionneuse, en serrant les dents dans l'eau glaciale alors que le soleil dardait ses rayons brûlants. Le plus difficile fut la
traversée du chenal d’eau passant sous le porche de la Roche Percée : l’eau, très claire, y était profonde de quelque quatre-vingts centimètres, ce qui nous empêchait de discerner clairement le
fond, de plus en plus glissant.
Le chenal du rocher percé, mais sans doute ici à marée basse (même chose que plus haut)
Lorsque nous sortîmes enfin triomphants de l’épreuve, nous n’eûmes pas le courage de terminer le tour du rocher, et revînmes sur nos pas : après tout, nous avions vu
l’essentiel, et comme bain de mer, cela nous suffisait largement !
Il était assez tard lorsque nous nous retrouvâmes près du village, et nous décidâmes d’aller acheter notre repas dans une épicerie. Je pensais m’offrir un pique-nique frugal,
mais le résultat fut navrant : les petits pains sous plastique étaient infects, le fromage était dur et desséché. Je terminai avec une noix de coco que je ne pus achever, à cause de son
énormité.
Nous nous promenâmes dans le village, fîmes quelques courses et bavardâmes jusqu’au moment du départ. Nous aurions voulu ne jamais quitter ce lieu… C’était une véritable
journée de vacances, et notre dernier jour en Gaspésie !
Coucher de soleil sur la Baie des chaleurs, près de Gaspé
C'est encore une carte postale (malheureusement ici assez abîmée, d'où mes retouches)
Je suppose que j'étais en panne de pellicules et ai dévalisé les boutiques, trouvant ces vues
largement plus belles que celles que j'aurais pu obtenir.
1 : La côte Est du Canada
est baignée d'eaux très froides à cause du passage du courant du Labrador (voir ici). C'est pourquoi aussi la morue y
prolifère.
Par Martine Maillard
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Publié dans : Voyages et promenades
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Vendredi 10 mars 2006
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16:45
Nous voici arrivés au lundi 24
juillet, aux deux tiers de ce merveilleux voyage effectué en 1967 à travers le Québec (voir
les modalités ici).
Nous roulions alors beaucoup, traversant en car d'immenses espaces encore inviolés. Et si le Québec me rappela parfois des paysages français, ce qui me frappa le plus par
contre, ce fut le gigantisme du territoire par rapport au "petit bocal" dans lequel par comparaison nous vivions.
Le lendemain lundi, nous abandonnâmes Jonquières et l’aimable région du
Saguenay, pour redescendre vers le Saint-Laurent que nous devions traverser à Saint-Siméon. C’est là que nous prîmes notre déjeuner, dans un restaurant
intitulé « Vénus »…
Carte postale de l'époque (cliquez pour agrandir)
Puis nous nous embarquâmes par un temps brumeux, frais, mais très beau, et touchâmes à la rive opposée après
une heure de traversée (le Saint-Laurent devient si large qu’on se croit à la mer !).
Un orignal dans le Saint-Laurent (même remarque)
C’est ce même jour que le Général de Gaulle se faisait acclamer à Québec :
nous écoutâmes avidement son discours à la radio du car.

Le Général de Gaulle aux Chenaux, près de Québec
Nous fûmes donc installés, ce soir-là, à Rivière-du-Loup, dans un
établissement bien agréable puisque nous y avions des chambres individuelles.
Et ce n’est que le mardi matin que l’on nous présenta les principales curiosités de la
ville : les chutes de la Rivière du Loup, hautes et grandioses, puis un camp de Jeunes nommé « Saint-Modeste »,
situé dans un très beau cadre.

Différentes
vues des chutes de la Rivière du Loup
Nous vîmes aussi un
élevage de truites et des champs de tourbe.

La photo n'est peut-être pas idéalement prise,
mais en fait il s'agit de murets érigés à l'aide de briquettes de tourbe,
entre lesquels poussent les mauvaises herbes...
Après le repas de midi, nous
partîmes pour Rimouski, sous un orage spectaculaire. Dans la soirée, malgré la pluie qui s’atténuait peu à peu, je sortis me promener en ville, mais n'y
rencontrai rien de bien extraordinaire... Comme nous voyagions toujours pendant la journée, nous ne trouvions jamais la possibilité de flâner pour acheter des souvenirs, les magasins étant
toujours fermés à notre arrivée ; et pourtant je tenais à en rapporter à ma famille !

J'y ai tout de même trouvé ce joli petit canoë indien.
Sur l'étiquette, sous la feuille d'érable stylisée, on peut lire : 1867-1967
(centenaire de la naissance de la fédération canadienne, et de l'appellation de "Québec" pour la province actuelle). L'image peut
être agrandie.
Par Martine Maillard
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Mardi 7 mars 2006
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16:04
Lors de mon merveilleux voyage au Québec, effectué à l'âge de 16 ans l'été
1967 (grâce à un concours jeunesse organisé par le TCF à l'occasion de l'exposition universelle de Montréal et du voyage du Président De Gaulle dans ce même pays), j'ai rédigé un journal de bord
dont voici la suite. Nous allons aujourd'hui effectuer le tour du Lac Saint-Jean.
Dans l’après-midi du jour de notre arrivée à Jonquière, nous devions rencontrer les canadiens du Centre.
Mais en fait, ils n’étaient que trois qui nous ont tenu une sorte de conférence dans un amphithéâtre. Evidemment, nous étions invités à leur répondre, à discuter avec eux et à leur exposer nos
points de vue ; mais n’étant pas très au fait de ce dont ils parlaient (l’éducation, les organisations culturelles) j’ai préféré m’esquiver et laisser la discussion à d’autres, plus qualifiés que
moi.
Le tour du Lac Saint-Jean était prévu pour le dimanche 23 juillet. Mais la journée fut grise et maussade et notre randonnée y perdit un
peu de ses attraits. Nous fûmes accueillis par trois municipalités, de façon toujours aussi charmante et suivant le rituel auquel nous commencions à être habitués : discours (que nous
connaissions par cœur, à quelques variantes près), signature du Livre d’Or, dégustation de rafraîchissements divers. Les trois villes portaient les noms de Roberval, Dolbeau et Alma.
Le lac Saint-Jean près d'Alma
Pour le déjeuner, nous dégustâmes pour la seule fois de tout notre périple une spécialité locale : des fèves au lard ! Ce fut pour nous
un honneur et une grande joie.
Au début de l’après-midi, après quelques divertissements, chants et danses, nous reprîmes la route et traversâmes un village indien.
Nous en fûmes assez déçus, car au lieu des tipis espérés, nous ne vîmes que des petites maisons de bois assez ordinaires et des gens qui y vivaient comme tout un chacun… Cependant leur méfiance à
notre égard nous alerta quelque peu, et leur trouvant un teint plutôt basané nous convînmes bientôt qu’ils étaient relativement typés.
Vers Péribonka, le paysage devint de plus en plus ingrat, le temps de plus en plus gris, si bien que lorsque nous parvînmes au Musée
Maria Chapdelaine, je n’eus plus envie de visiter l’humble maisonnette… Sans doute ai-je eu tort.
Rapides de la rivière Mistassini
La région de la rivière Mistassini nous parut belle et verdoyante, accidentée comme dans le Saguenay.
(Idem)
Nous arrivâmes à Alma où nous dînâmes. Après la réception, les discours, le Livre d’Or et la coupe de vin, nous pûmes discuter par
groupes avec des canadiens. Pour clore la soirée, nous nous rendîmes à la Maison des Jeunes et de la Culture où nous passâmes un agréable moment avec nos hôtes.
Par Martine Maillard
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Publié dans : Voyages et promenades
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