L'Âme du poète

"Eurydicen !" toto referebant flumine ripae.

"Eurydice !" répercutaient les rives à travers tout le fleuve.

VIRGILE, Géorgiques

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L'Esprit souffle où Il veut ; et tu entends sa voix, 

Mais tu ne sais  d'où Il vient, ni où Il va.

Jean  III, 8    

 

 En l'écoutant, toi aussi tu peux créer...


   


(Iegor Reznikoff à l'abbaye du Thoronet)      

  

Voyages et promenades

Samedi 4 mars 2006 6 04 /03 /Mars /2006 18:31
    Voici la suite de ce merveilleux voyage, effectué je vous le rappelle dans ma jeunesse à l'occasion de l'exposition universelle de Montréal, en juillet 1967. La carte ci-après vous montre où nous sommes.

    Le samedi 22 juillet, nous quittions à regret Chicoutimi et son installation si confortable, sans savoir que nous allions trouver encore mieux à l’étape suivante… Sur le chemin de Jonquière, notre prochain arrêt, nous visitâmes la centrale hydraulique de Shipshaw, ce géant de l’électricité. Je ne m’y connais pas tellement en usines et en industries, mais l’extérieur comme l’intérieur de l’usine m’ont frappée.

La centrale de Shipshaw (carte postale achetée sur place)
cliquez pour agrandir

    Le paysage valait à lui seul un arrêt prolongé car il était admirable : l’œil se perdait au fond d’une gorge rocheuse où grondait une rivière tumultueuse pleine de rapides, ou bien se reposait sur l’immense houle verte des conifères. Après avoir traversé l’unique pont d’aluminium du monde, la centrale elle-même apparaissait, imposante : entre les deux murs du barrage, on pouvait rouler en car sur une large bande de terre sous laquelle l’eau était canalisée vers les turbines. L’ensemble, avec son immense lac artificiel, était vraiment saisissant, et ne nuisait pas le moins du monde à la beauté du paysage.

L'unique pont d'aluminium du monde (à l'époque)
Photo prise par moi, sans doute en roulant.

    C’est alors que nous quittâmes définitivement les régions boisées pour arriver dans les alentours du lac Saint-Jean. Je pensais auparavant, d’après la lecture de « Maria Chapdelaine », que la forêt y était très dense, mais en réalité, nous n’y avons trouvé que rase campagne, sans un arbre. Jonquière était une agréable petite ville perdue dans l’immensité de cette plaine, avec des maisons blanches aux toits bleus, bien isolées les unes des autres.
    Quant au centre où nous fûmes hébergés, il était tout simplement prestigieux. Il s’agissait d’un Centre de la Jeunesse et des Loisirs totalement moderne, comme on en trouvait encore assez peu au Canada, et certainement aucun en France. Je fus dès l’abord frappée par son étendue, par sa haute tour de plus de dix étages, pleine de chambres très confortables et judicieusement conditionnées, puis par le bâtiment presque circulaire qui ceinturait la tour et qui abritait les réfectoires, les salles de réunion, de théâtre, de conférences, de concerts, plus une chapelle, et même une magnifique piscine olympique comme je n’en avais encore jamais vu ! Toutes ces salles étaient conçues selon une architecture d’avant-garde, où le pratique était lié à l’agréable. Quant à la piscine, nous fîmes connaissance avec son eau limpide dès le soir… C’était une pure merveille : toute de mosaïque verte, de vastes dimensions, son eau claire et très profonde du côté des plongeoirs arrivait au ras du sol, si bien qu’on en pouvait sortir de n’importe quel endroit, par un simple rétablissement.

Le centre Jeunesse de Jonquières (carte achetée sur place)
cliquez pour agrandir


    Les deux nuits passées à Jonquière furent pour nous une détente vraiment délicieuse.

Par Martine Maillard - Publié dans : Voyages et promenades - Communauté : images du monde
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Mercredi 1 mars 2006 3 01 /03 /Mars /2006 14:51
    Après dix jours d'exploration du Québec "urbain", le moment est enfin venu pour nous de découvrir le merveilleux pays où Viviane a ses ancêtres... (voir carte ici)

Saguenay : Zoo sauvage de Saint-Félicien
(Vue récente extraite du site "Bonjour Québec")

    Après une bonne nuit en ville, nous regrimpâmes vaillamment la côte pour notre dernière demi-journée au camp. Avant de prendre congé, nous plantâmes quelques petits sapins (c'était rituel à Balcon-Vert). Puis nous nous élançâmes vers le nord, emportant des provisions pour pique-niquer dans le parc des Laurentides.
    Ce jour-là il faisait encore plus chaud et plus brumeux que la veille. Dans la réserve, les routes n'étaient pas goudronnées ; aussi le paysage nous parut-il moins avenant qu'il aurait dû l'être, tout englué qu'il était, écrasé dans un brouillard de chaleur et de poussière.

Photo prise par moi je ne sais plus exactement où...

    Plus de prairies ici : les arbres étaient presque noirs, les montagnes sauvages, et tous les deux cents mètres on longeait ou on surplombait un joli lac aux contours capricieux. Notre seule déception fut de n'apercevoir aucun animal : ils devaient se terrer dans les endroits les plus frais de la forêt. Seuls, les moustiques et insectes de toutes sortes nous harcelèrent pendant notre repas au bord de l'eau.
    A la sortie du parc, nous n'étions plus loin de Chicoutimi : déjà, des étendues immenses de troncs flottants jonchaient et masquaient la surface des lacs. Nous approchions d'une zone industrielle : des cheminées fumaient et les brouillards s'épaississaient.

Photo prise par moi du côté de Chicoutimi : industrie du bois

    Et pourtant, ce que nous vîmes de Chicoutimi nous parut fort agréable : c'était encore une ville faite de pavillons, mais le style en était moins froid qu'à Montréal. Le site de la ville, joliment accidenté, était ceinturé de verdure. De plus, nous eûmes le luxe, oublié depuis notre départ, mais vite réappris, de trouver une chambre individuelle pour deux nuits. Nous goûtâmes également la douceur d'un bain rafraîchissant dans une belle piscine.

Vue actuelle de Chicoutimi extraite de ce site

    Le lendemain, la journée commença avec une conférence culturelle offerte par Monseigneur Tremblay (un homonyme de celui de la veille, ce nom étant extrêmement répandu au Canada) sur le Saguenay (à patronymes identiques, sujets identiques ! Retour aux "mêmes"...). Sans doute le sujet était-il passionnant et traité avec érudition, mais la chaleur et la fatigue des jours passés aidant, nous n'en tirâmes peut-être pas tout le bénéfice souhaité.
    L'après-midi nous fîmes une excursion très agréable à Sainte-Rose-du-Nord (voir carte ici). La joie qu'elle nous procura nous fit oublier la matinée un peu trop studieuse pour notre goût. La chaleur était extrême (le thermomètre du car non climatisé n'affichait-il pas 100 degrés ? Nous nous en ébahîmes, mais il s'agissait de degrés... Fahrenheit, ce qui équivalait à environ 40 de nos degrés Celsius) ; mais la luminosité cette fois bien vive nous dévoilait un paysage si vert et si magnifique, que nous étions ravis.


Sainte-Rose-du-Nord : photo actuelle tirée du site "travelblog"


    Le but de ce déplacement était une petite crique sur la Saguenay autour de laquelle s'avançaient régulièrement des pointes rocheuses. Le paysage y était extraordinairement varié : lorsque je dirigeais mon regards vers l'intérieur des terres, je me croyais en Suisse ; lorsque je regardais les caps rocheux, je m'imaginais en Bretagne ; mais lorsque je me promenai dans la forêt à flanc de colline, je me crus soudain de retour chez moi, à Fontainebleau, tant les rochers, les bouleaux, les pins et l'odeur de résine m'évoquaient ma forêt natale ! (Voir aussi ce site)
    Quelles belles randonnées l'on pouvait faire là ! C'était assez périlleux, mais c'en était encore plus passionnant...

    Après la promenade, nous nous étions tant échauffés que nous nous précipitâmes d'un commun accord vers le petit bar afin d'y déguster les délicieuses crèmes glacées dont les canadiens ont le secret.
    À notre retour enfin, après une séance de car des plus étouffantes, nous nous jetâmes avec soulagement dans l'eau de la piscine.

Un souvenir personnel de Chicoutimi... Qu'avais-je donc acheté ?
Etait-ce ce magnifique couteau à manche de corne
dont je découvris par la suite qu'il portait la mention "made in China" ?


Par Martine Maillard - Publié dans : Voyages et promenades - Communauté : images du monde
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Mardi 28 février 2006 2 28 /02 /Fév /2006 10:34
    Neuvième Jour de mon périple au Québec, il y a presque 40 ans... C'est enfin la "grande aventure" ! Après avoir visité Montréal et fait une petite incursion dans les Laurentides, après avoir suivi de Saint- Laurent et visité Québec, nous entrons dans l'arrière-pays, direction : Charlevoix, Saguenay...

(Cette carte, retouchée par endroits pour la visibilité, est tirée d'un site touristique canadien.
Vous pouvez cliquer dessus pour la voir entière)

    Le mercredi 19 juillet, chassant la mélancolie du départ, nous ne tardâmes pas à chanter gaiement. Le paysage se transformait de plus en plus devant nos yeux, et avec l'intensité de la lumière, la chaleur montait. Nous fîmes halte devant la Basilique Sainte-Anne de Beaupré, haut-lieu de pèlerinage du Québec. L'église, quoique majestueuse, me sembla assez banale, sans beauté particulière ; les offices s'y succédaient et l'on y voyait, comme à Lourdes, beaucoup de malades et d'infirmes.


    Bientôt, nous commençâmes à nous éloigner des rives du Saint-Laurent pour nous retrouver dans des régions de collines boisées et de vertes prairies ; le relief n'y était pas très accidenté, mais de plus en plus, nous avions l'impression d'être en montagne, à cause de la végétation de conifères qui prenait peu à peu l'avantage, des prés que l'on ne cultivait plus, et des jolis petits chalets qui embellissaient le paysage. Vers midi, nous parvînmes à Baie-Saint-Paul, une adorable petite plaine qui s'achevait au loin sur les bords de la Saguenay.

Baie-Saint-Paul, carte postale d'époque
(cliquez dessus pour l'agrandir)

    Nous nous trouvions aux pieds d'une rude pente à gravir : en haut nous attendait le Balcon-Vert, camp de vacances pour jeunes. Malgré la chaleur accablante, le paysage me rappelait vivement celui des Alpes Bavaroises, où j'avais passé un été quelques années plus tôt ; cependant, lorsque nous fûmes arrivés en haut, épuisés, essoufflés et sans forces, nous apprîmes que nous n'étions qu'à deux cents mètres d'altitude ! Nous venions tout juste de grimper ces deux cents mètres...

Baie-Saint-Paul vue du Balcon Vert (image récente tirée de ce site)

    Le Balcon-Vert était une sorte de village bâti sur un replat de prairie vert tendre. Environné d'une épaisse forêt, il consistait en trois maisons principales (la villa des moniteurs avec quelques chambres, le réfectoire, et la salle des fêtes), et un grands nombre de petites cabanes rustiques et charmantes qui remplaçaient agréablement le classique dortoir.
    Nous avions si chaud que nous aurions souhaité nous mettre à l'aise sur le champ, mais il nous fallut d'abord déguster dans le réfectoire étouffant un repas brûlant et poivré ; puis nous fîmes la vaisselle dans de l'eau bouillante... Voilà qui réchauffe !
    Malgré cette surabondance de calories, j'étais heureuse de me trouver dans un tel cadre, car j'avais l'impression que l'air y était bon et vivifiant.
Comme il n'y avait pas assez de place pour tout le monde, nous redescendîmes, nous les filles, nous installer dans un confortable Motel de Baie-Saint-Paul. Puis il nous fallut remonter... et l'après-midi se termina agréablement, soit à nous baigner dans la piscine, soit à jouer au ballon sur la pelouse. D'autres préférèrent explorer la forêt ou les prairies avoisinantes. Le site était enchanteur, la vue magnifique, et nous aurions bien voulu passer un plus long séjour à Balcon-Vert.

(Idem que l'image ci-dessus)

    La nuit tombée, nous eûmes encore une sympathique veillée franco-canadienne agrémentée de chants, danses et jeux. Cette soirée fut surtout française, car le Canada n'était représenté cette fois-ci que par le moniteur de l'établissement. Pour clore cette journée, un religieux, le Père Tremblay, nous parla du Saguenay, cette région dans laquelle nous allions nous enfoncer dès le lendemain.

Par Martine Maillard - Publié dans : Voyages et promenades - Communauté : images du monde
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Mon dernier recueil

Editions Stellamaris

  Aux éditions Stellamaris vient de paraître

Instants Secrets.

Couverture réduiteVous pouvez le feuilleter et vous le procurer à cette page.

Musique pour la Pentecôte

Premier choeur : "O ewiges Feuer" (O feu éternel) tiré de la cantate n°34 de J.S. Bach.

Interprète : Karl Richter.

Instants Secrets

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Mes précédents recueils

Rossignol d'Argent-Martine Maillard   Le Rossignol d'Argent, publié en 1974 aux Editions Saint-Germain des Prés (Paris), collection Miroir Oblique. Epuisé chez l'éditeur mais exemplaires neufs disponibles sur ebay (ici) ou sur priceminister ().

Renaitre       Renaître, publié au printemps 2011 aux éditions Stellamaris (voir ici).

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