Vendredi 24 février 2006
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11:35
Voici le septième volet de mon voyage au Canada, dont vous
trouverez la carte ici.
Le mardi eut lieu le dépôt d’une gerbe sur le Monument aux Morts, puis la
visite du Parlement. Nous suivions toutes ces cérémonies – qui étaient l’exacte préparation de ce que devait faire le Général De Gaulle une semaine plus tard – avec une telle dignité que le guide
du Parlement nous en félicita.

Dans l’après-midi, nous fîmes une petite excursion autour de Québec.
Nous admirâmes d’abord les chutes de Montmorency. Elles
étaient hautes, belles, grandioses, et lorsqu’on s’en approchait on se faisait tremper jusqu’aux os par la brume qui les environnait.

Puis nous partîmes vers l’île d’Orléans que nous avons gagnée par un pont. Là nos regards embrassèrent un vaste
panorama… D’abord ce fut une forêt bien canadienne qui s’offrit à nos yeux. Puis nous vîmes un vallonnement de champs cultivés bornés à l’horizon par quelques bosquets. Çà et là, quelques villas
évoquant toujours le style western… Si ce paysage me rappelait un peu notre pays, j’en ai cependant apprécié la couleur locale, qui cette fois ne me semblait plus receler de caractère américain
ni anglo-saxon.

On nous proposa bientôt une baignade dans le Saint-Laurent. Mais la plage me parut grise et peu engageante, et je
décidai de ne pas m’y risquer. Enfin nous nous rendîmes dans un restaurant de l’île pour dîner.
Le lendemain, nous étions tous fort tristes de quitter Québec...!
La plus vieille rue de Québec... (je n'ai pas retenu son nom)
Par Martine Maillard
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Publié dans : Voyages et promenades
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Lundi 20 février 2006
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18:44
Sixième jour de ce voyage dont vous trouvez la carte ici.
C’est le dimanche 16 juillet que nous prîmes joyeusement la route de Québec. Après un arrêt au Cap de La
Madeleine à neuf heures pour suivre la messe, nous parvînmes à l’Université Laval pour le repas, sous une pluie battante. Québec ne se mettait donc pas en frais pour nous ? Au contraire ! Le
déjeuner fut excellent et l’on nous conduisit dans un séminaire qui se trouvait tout près du château Frontenac : c’était vraiment "un morceau de chance",
comme on dit au Québec.
Alors nous commençâmes à nous éparpiller en ville. Je fus ravie de découvrir que les rues n’étaient plus bordées de pavillons identiques, mais d’une ligne de façades bien
sympathiques, comme en France. Immédiatement, on y était détendu, on s’y sentait à l’aise… Moi qui attendais tout de Québec, je découvrais réellement dans cette ville ce que j’avais espéré : un
caractère d’intimité, le sentiment d’être chez soi, en confiance.
Le Château Frontenac
La statue de Champlain (le fondateur de Québec) au fond, face au Saint-Laurent
Vue du Saint-Laurent depuis l'esplanade du Château
Frontenac
Tout le Vieux Québec était ainsi marqué du sceau français. J’admirai le château Frontenac, imposant, malgré ses briques rouges et son toit vert qui m’étonnèrent un peu –
surtout lorsque je les revis le soir sous la lumière crue des projecteurs. Je suivis la promenade des Gouverneurs et aboutis aux plaines d’Abraham. Puis j’allai photographier le Parlement. Tout
ces quartiers me ravirent.
Le Parlement de
Québec
Bientôt je débouchai sur des quartiers plus modernes et résidentiels. Mais ces rues-là me plurent aussi. En effet, au lieu de l’ennuyeuse uniformité que j’avais rencontrée
ailleurs, c’étaient la variété, la fantaisie, le bon goût qui régnaient là. Il faisait bon s’y promener.
Le lendemain, nous assistâmes à la relève de la Garde à la Citadelle. Et ce fut fort drôle, car pour un spectacle si anglais, il était commandé en français, et exécuté par
l’unique régiment de langue française du Canada. La séance dura trois quarts d’heure et fut suivie pour nous d'une visite partielle de la Citadelle.
Ci-dessous :
trois étapes de la relève de la Garde Québécoise (dont l'emblème est un bouc)
prises par mes soins
Relève de la Garde : phase
1
Relève de la Garde : phase
2
Relève de la Garde : phase 3
Vue de la relève de la Garde sur une carte postale d'époque
(cliquez pour l'agrandir)
Puis nous eûmes notre première réception à l’Hôtel de Ville avec un discours de Monsieur le Maire :
- Mes chers amis, vous êtes en quelque sorte les ambassadeurs de ce grand visiteur français qui va nous arriver bientôt...
Suivi de l’identique réponse de notre Pompon :
- Mais ce voyage, Monsieur le Maire, c’est un rêve qui se réalise !
Ensuite nous eûmes la fierté de signer le Livre d’Or de la Ville à tour de rôle (plus tard, nous prîmes l’habitude de ce geste qui nous avait semblé tout d’abord un si grand
honneur).
Le monument dédié à Monseigneur
Laval
Cette place est considérée comme l'apothéose des
travaux d'embellissement qui ont été réalisés pour fêter le tricentenaire de Québec, en 1908 : une année mémorable puisqu'elle coïncidait également avec le deuxième centenaire du décès de
Mgr François de Laval (1623-1708), fondateur de l'église du Canada.
Cet après-midi-là, nous pûmes nous promener encore dans la ville, et je ne m’en lassai pas. Le soir venu, nous eûmes un second feu de camp, extrêmement sympathique, organisé
par la Société Saint Jean-Baptiste.* Cette soirée, minutieusement préparée par nos amis, fut une parfaite réussite, certainement la plus chaleureuse de
tout notre voyage.
On nous proposa d’abord une heure de danses au son d’un orchestre ; puis l’on se réunit autour d'un feu, qui était cette fois exempt de moustiques. On chanta ; des canadiens,
puis des français exécutèrent des numéros humoristiques improvisés.
Enfin on organisa un « concours de chansons folkloriques » par équipes. A trois ou quatre équipiers (un groupe français, un groupe québécois, tandis que les autres
écoutaient), nous devions enchaîner des chansons toujours différentes, sachant que l’arbitre, Pomponnette, nous arrêtait aussitôt la première phrase chantée, et que nous ne devions pas hésiter
plus de cinq secondes quand arrivait notre tour – en alternant tantôt un canadien, tantôt un français.
Je m’étais inscrite dans l’équipe française, forte du seul moyen de se sortir d’une telle épreuve : je visualisais les pages de mon cahier de musique, où depuis des années
(c’était la mode à l’époque en France heureusement !) nous notions des chansons populaires apprises tout au long de l’année. Hélas, les canadiens étaient très forts ; bientôt, tous les membres de
mon équipe furent mis hors jeu, et je tins bon en visualisant les uns après les autres les cahiers de 3e, ceux de 4e, puis de 5e, puis de 6e, puis des livres de chansons enfantines, puis des
souvenirs liés à des régions visitées...
On loua mon cran et mon répertoire, on s’étonna de la longévité de ma prestation, et je fus heureuse de représenter ainsi mon pays… mais je fus battue ! Je fus battue par un
certain Claude Doré, le responsable de la Maison des Jeunes, qui devait avoir dans les 28 ans. Heureux gagnant, il me fit la bise et m’offrit son adresse.
Un correspondant à Québec ! J’étais aux anges… ! Et c'était un amour, que ce Claude Doré. S’il se reconnaît dans ces lignes je serai heureuse de lui rendre encore cet hommage :
car les lettres qu’il m’adressa par la suite furent des merveilles de poésie et de douceur, comme une petite provinciale guindée telle que j’étais n’en avait jamais reçu et n’en recevrait jamais
plus.
C’est avec le plus grand regret que nous nous séparâmes tard dans la nuit…
* Mes recherches sur la Société "Saint Jean-Baptiste" m'ont conduite aux sites suivants : avec celui-ci, on
comprendra l'importance de Jean-Baptiste pour les Québécois, et je réalise mieux pourquoi Claude Doré me parlait sans cesse dans ses lettres de Lys... D'après cet autre, j'ai tendance à imaginer qu'il s'agissait d'un groupement étudiant de l'Université Laval.
Amis canadiens, si vous avez des précisions à m'apporter, n'hésitez pas ! Merci d'avance...
Par Martine Maillard
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Vendredi 17 février 2006
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15:55
Suite de ce voyage effectué à 16 ans, en juillet 1967, et dont vous trouvez la carte ici.
Le lendemain, il nous fallut nous relever à six heures ; nous avons dû nous y faire, c’était nécessaire... Ce fut alors la cérémonie que nous avons répétée tout au long du
voyage : plier les draps et les couvertures, reboucler les valises, les porter dans le car, faire la queue au self-service afin de prendre notre petit-déjeuner.
Partis à 8h30, nous fîmes la visite du Jardin Botanique, très intéressant, avant de nous lancer sur la route de Trois-Rivières, longeant le Saint-Laurent. A droite, nous avions
les eaux calmes du fleuve dont nous ne voyions pas la limite, enfoncée dans une vague brume, et de chaque côté de la route, presque continuellement, des villas du genre un peu « western », en
bois blanc, avec leur terrasse de plain-pied.
Nous arrivâmes à Trois-Rivières pour le déjeuner, que l’on nous servit dans un restaurant ; c’était fort agréable. Puis on nous conduisit
au Séminaire Saint-Antoine, situé à la limite de la ville, dans un immense espace vert. Là nous eûmes l’heureuse surprise de trouver des belles chambres claires, pimpantes et confortables.
Nous n’avons pas assez vu Trois-Rivières pour pouvoir porter un jugement valable sur cette ville. Mais elle me sembla au premier abord sans caractère, trop industrielle pour
être pittoresque. Par contre, sa piscine est magnifique : c’est la plus grande de l’Amérique.
La basilique Notre-Dame du Cap, à quelques kilomètres de
Trois-Rivières,
au Cap de la Madeleine (carte postale d'époque)
Après le dîner, que l’on prend toujours au Canada vers 18h30, une seconde soirée franco-canadienne était prévue. Elle eut lieu dans le parc
municipal.
Ce fut mon premier feu de camp. Avant cette cérémonie, Monsieur le Maire de Trois-Rivières nous fit une charmante allocution que nous écoutâmes d’un air fort sérieux tout en
pensant à autre chose ...
-Mes chers amis, vous êtes en quelque sorte les ambassadeurs de ce grand visiteur français qui va nous arriver bientôt… *.
La réponse notre animateur, que nous surnommions « Pompon », à sa demande d'ailleurs, nous réveilla un peu par son dynamisme :
-Mais ce voyage, Monsieur le Maire, c’est un rêve qui se réalise !
Le vin du Niagara, pourtant servi à faible dose, acheva de nous tirer de notre douce torpeur ; enfin nous chantâmes la Marseillaise, puis ce fut un va-et-vient de barques sur
le fleuve tout proche, et nous nous retrouvâmes bientôt, canadiens et français, tous réunis sur une petite île, en rond autour d’un feu qui commençait à flamber gaiement.
Un feu de camp au Québec (photo tirée de ce site)
On chanta ; les canadiens tentèrent de nous inculquer un petit répertoire, puis nous racontèrent des histoires [comme Russalka en connaît tant !] ; Pompon et « Pomponnette » (son épouse et notre animatrice) organisèrent des jeux, et tout se termina dans une farandole endiablée. Certains tombèrent même
à l’eau. D’autres comme moi, furent dévorés par les moustiques attirés par le feu [heureusement, il n'y avait pas de chikungunya !
]… Mais en fin de compte nous nous séparâmes heureux et bons amis vers 23 heures.
*
Allusion à la visite prévue du président Charles de Gaulle pour la semaine
suivante : en fait, nous découvrîmes que le Général allait effectuer exactement le même périple que nous à une semaine d'intervalle.
Par Martine Maillard
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Publié dans : Voyages et promenades
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