L'Âme du poète

"Eurydicen !" toto referebant flumine ripae.

"Eurydice !" répercutaient les rives à travers tout le fleuve.

VIRGILE, Géorgiques

(Mort d'Orphée)

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L'Esprit souffle où Il veut ; et tu entends sa voix, 

Mais tu ne sais  d'où Il vient, ni où Il va.

Jean  III, 8    

 

 En l'écoutant, toi aussi tu peux créer...


   


(Iegor Reznikoff à l'abbaye du Thoronet)      

  

Poèmes mystiques

Mercredi 15 avril 2009 3 15 /04 /Avr /2009 00:00

 



Le bois est plein d’oiseaux chanteurs,
Les bosquets sont nappés d’argent,
La nuit s’éclaire de la couleur des lampes ;
Le vent remue les branches comme on presse un aimé :
Il passe, effleure les cheveux des arbres
Qui se dressent, puis retombent,
Et il les prend encore,
Comme pour les pétrir
De son Amour impérieux et doux.

Je le respire avec délices :
Il est tendre et sucré, et parfumé et pénétrant,
Et meilleur à mon cœur
Que l’ambroisie la plus divine ;
Il m’emplit
De son Souffle ineffable.

Je respire l’oiseau et je respire l’arbre,
Je respire la terre et ses cheveux d’argent,
Je respire le monde qui dort, et la nuit
Qui descend, et bien plus,
Et bien plus que cela…

Je respire les roses, et les fleurs alanguies,
Et les cœurs des humains qui sont comme des fleurs,
Et leurs âmes qui sont ainsi que des pétales,
À s’exhaler la nuit en senteurs enivrées,
Et à s’ouvrir si lentement tout une vie,
Mais bien plus que cela.

Je respire la Vie ainsi qu’une senteur
Douce et puissante issue de l’Univers,
Je respire l’Amour qui revêt toute chose
Du manteau blanc des noces,
Je respire la Force et la Joie d’être là,
La Volonté de Vivre, et vivre uniquement
Toute l’éternité !

O Souffle frémissant,
Léger danseur,
Amoureux tournoyant et compagnon du ciel,
C’est l’été !
L’été premier du monde peut-être ?
Or la nuit est sans tache,
Et bientôt elle scintillera de tout son éclat !

… Mes yeux se sont ouverts ainsi que des fenêtres
Et mon front s’est paré d’un astre fixe et pur ;
La nuit tout embaumée immense me pénètre,
Et mon œil transparent devient l’unique Azur

Où se logent enfin les animaux couplés,
Nouvelle Arche divine offerte pour survivre !
O mon unique Amour… Soleil renouvelé,
J’attends que Ton Vouloir lumineux me délivre...



Par Martine Maillard - Publié dans : Poèmes mystiques - Communauté : Terre de lumiére
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Samedi 18 octobre 2008 6 18 /10 /Oct /2008 22:18
     L'Aile qui emporte, l'Ame qui inspire... L'infiniment grand, l'infiniment petit ; l'infiniment élevé, l'infiniment profond ; l'infiniment extérieur, l'infiniment intérieur ; l'Eternel Masculin, l'Eternel Féminin... Dans l'immensité, c'est le féminin qui ici encore appelle au dépassement de soi, à la conquête d'un nouvel espace et de nouvelles forces.
      C'est ainsi que s'exprimait Goethe à la fin du second Faust : "L'Eternel féminin nous tire en avant", alors qu'il avait débuté le premier avec cette affirmation : "Au commencement était le Verbe" - donc le Masculin.
    C'est revenir à ce que disait Jean Ferrat derrière Louis Aragon : "La Femme est l'avenir de l'Homme."

       En fait il s'agit d'une nouvelle gestation ; il s'agit de remettre au monde une nouvelle humanité.


(Nuage stellaire dans la Nébuleuse d'Orion)




           Puisque la vie n'est qu'un bruissement d'aile
           Du premier jusqu'au dernier jour,
           Puisque mûrir c'est n'avoir plus que d'Elle
           En guise d'Amour,

           Je veux périr
           Sans coup férir,
           Je veux transir

           Dans l'œuf qui vire...

          C'est là que fuit l'abîme
          Dont la nichée s'exhume
          Comme une fraîche couvée,
          Dans sa dentelle de larmes arrosée.


          Oh ! Que naisse d'un flot limpide
          L'unique fleur du Jour,
          Celle dont le pétale
          Sort de ma peau, de mon ventre et de mes reins !


          L'âcre et douce mystérieuse envolée,
          Issue de l'ignorance au lointain fabuleux,
          La seule peine infinie qui vaille
          Qu'un souffle m'ait jamais traversée !


Par Martine Maillard - Publié dans : Poèmes mystiques - Communauté : Terre de lumiére
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Dimanche 20 juillet 2008 7 20 /07 /Juil /2008 22:55
(Image tirée du site "lexilogos")

   
   
        Ce soir
        Les martinets pépient très haut
        Il y a fête dans le ciel
        Bleu très bleu
        Jusqu'aux plus lointains horizons

        Les toits armés de leurs fourches graciles
        Masquent la mer avec ses dunes
        On entend le ressac
        Et le vent nous apporte ses effluves herbeux
        Ses odeurs de mouettes
        Piaillardes


        On se marie quelque part
        Loin très loin dans le ciel
        J'ai même vu la lune souriant dans son coin
        Elle s'est endimanchée
        Toute vêtue de blanc


        Allez ce n'est pas pour demain
        La fin du monde
        Allez nous en aurons encore
        De jolis jours à vivre


        Voyez les millions de paillettes
        Dont s'allume le soir
        Sentez l'odeur si fraîche diffusée par la nuit
        Elle est belle la Terre
        Elle nous aime encore
        Elle a toujours voulu
        Que nous soyons heureux


        O mère bienveillante
        C'est ta fête ce soir
        Tous les oiseaux le savent
        Et le vent et les fleurs
        Et même les toitures
        Avec leurs araignées
        Tous te célèbrent et se pressent en ton sein

 

Par Martine Maillard - Publié dans : Poèmes mystiques - Communauté : Pensées d'ailleurs
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  Aux éditions Stellamaris vient de paraître mon recueil

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Le Petit Train du Paysan, 4e partie de la Bachianas Brasileiras n°2 de Villa-Lobos.

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