L'Âme du poète

"Eurydicen !" toto referebant flumine ripae.

"Eurydice !" répercutaient les rives à travers tout le fleuve.

VIRGILE, Géorgiques

(Mort d'Orphée)

Syndication

  • Flux RSS des articles

Recherche

Présentation

  
L'Esprit souffle où Il veut ; et tu entends sa voix, 

Mais tu ne sais  d'où Il vient, ni où Il va.

Jean  III, 8    

 

 En l'écoutant, toi aussi tu peux créer...


   


(Iegor Reznikoff à l'abbaye du Thoronet)      

  

Citations

Vendredi 24 septembre 2010 5 24 /09 /Sep /2010 10:43

PJ Toulet

 

       Plus je relis Paul-Jean Toulet, et plus j'ai du mal à choisir ce que je veux vous en offrir...

     Il y a tant d'humour dans certains de ses poèmes qu'il serait dommage de les négliger ! Cependant je reste sur le nostalgique encore aujourd'hui, avec la dernière des "Contrerimes".

    On y sent une oeuvre de la maturité, empreinte de ce désenchantement face à l'amour qui traverse toute la pensée de son auteur. D'une simple petite touche la mort est évoquée, et c'est dans un murmure que le poète avoue l'insomnie et la peur.

    Les expressions aussi élégantes qu'elliptiques apportent musique et rythme à cette confidence en clair-obscur ; une pointe d'hermétisme rapproche un peu ces quatrains de certaines oeuvres d'Apollinaire ("La Chanson du Mal-Aimé", "Le Bestiaire d'Orphée") : on est en plein 1900, l'époque de Toulouse-Lautrec ; mais dans le sud ! Car toujours cette lumière de l'Espagne s'y devine en filigrane.

 

     Mais c'est dans le mystère que disparaît le poète ; comme l'on sort de scène, à petits pas. Il continue de vous parler, comme il l'a toujours fait. Et c'est peut-être là le secret du style si poignant propre à Toulet : toujours il vous parle, jamais il ne parle de lui.

    Il semble s'en aller dans un fondu au noir, et ses propos flottent encore derrière lui, comme chuchotés...

 

 

 

 

La vie est plus vaine une image

Que l’ombre sur le mur.

Pourtant l’hiéroglyphe obscur

Qu’y trace ton passage

 

M’enchante, et ton rire pareil

Au vif éclat des armes ;

Et jusqu’à ces menteuses larmes

Qui miraient le soleil.

 

Mourir non plus n’est ombre vaine.

La nuit, quand tu as peur,

N’écoute pas battre ton cœur :

C’est une étrange peine.

 

 

Paul-Jean Toulet,

Contrerimes, n°70 (la dernière)

 

 

  

Par Valentine - Publié dans : Citations - Communauté : L'âme du poète
Donnez-moi votre impression ! - Voir les 7 petits mots
Mardi 21 septembre 2010 2 21 /09 /Sep /2010 14:09

     Pour vous faire mieux connaître ce grand poète béarnais, en voici un second poème, parmi ses plus connus puisqu'il a inspiré le titre d'un roman à Raphaëlle Billetdoux  (voir ici) ainsi que celui bien évidemment de la biographie du poète lui-même (ici).

 

PJ-Toulet-copie-1.jpg

 

     Celui-ci est tiré du recueil "Chansons", la première de ce qu'il nomme "Romances sans musique".

 

 

En Arles

 

 

Dans Arle, où sont les Aliscamps,

Quand l’ombre est rouge, sous les roses,

Et clair le temps,

 

Prends garde à la douceur des choses.

Lorsque tu sens battre sans cause

Ton cœur trop lourd ;

 

Et que se taisent les colombes :

Parle tout bas, si c’est d’amour,

Au bord des tombes.

 

 

    0n y retrouve ce goût pour la confidence qui fait de ce dandy un tendre sous son ironie mordante à la Sacha Guitry.

     En complément je vous invite à lire ce qu'en dit ici Frédéric Martinez, son biographe.

      Il émane un charme envoûtant de son écriture sobre, qui me rappelle un peu les gymnopédies d'Eric Satie, dans leur mystérieuse simplicité.


Par Valentine - Publié dans : Citations - Communauté : L'âme du poète
Donnez-moi votre impression ! - Voir les 5 petits mots
Samedi 18 septembre 2010 6 18 /09 /Sep /2010 10:24

      A l'instar de Marlou et comme je l'ai déjà fait, je vous cite un petit poème de quelqu'un d'autre...

     Ils sont généralement beaucoup plus géniaux que les miens.

 

      Et celui-ci est de Paul-Jean Toulet, extrait de son recueil "Contrerimes".

 

Lucifer.jpg(image empruntée ici)

 

 

J’ai vu le Diable, l’autre nuit ;

Et, dessous sa pelure,

Il n’est pas aisé de conclure

S’il faut dire : Elle, ou : Lui.

 

Sa gorge, — avait l’air sous la faille,

De trembler de désir :

Tel, aux mains près de le saisir,

Un bel oiseau défaille.

 

Telle, à la soif, dans Blidah bleu,

S’offre la pomme douce ;

Ou bien l’orange, sous la mousse,

Lorsque tout bas il pleut.

 

— « Ah ! » dit Satan, et le silence

Frémissait à sa voix,

« Ils ne tombent pas tous, tu vois,

Les fruits de la Science ».

 

 

        J'adore l'ambiguïté voulue de ses propos, leur douceur vénéneuse...

Par Valentine - Publié dans : Citations - Communauté : L'âme du poète
Donnez-moi votre impression ! - Voir les 7 petits mots

Mes textes sur internet

Pour lire ou télécharger mes poésies, récits et nouvelles, cliquez sur le lien ci-dessous

Mes oeuvres sur In Libro Veritas

Mes textes sur papier

Editions Stellamaris

  Aux éditions Stellamaris vient de paraître mon recueil

Renaître.

RenaitreVous pouvez le feuilleter et vous le procurer à cette page.

Le petit train

Le Petit Train du Paysan, 4e partie de la Bachianas Brasileiras n°2 de Villa-Lobos.

Dérives rêvées

  • Ch-teauPentec-te09-04.jpg
  • Ch-teauPentec-te09-09.jpg
  • tempete-PointeduRaz.jpg
  • Rouen-déc09-cathédrale-10
  • Issoudun-château d eau
  • Issoudun-PontStPaterne-fév12

Une revue à découvrir

couv-Shizen9.jpg
   Découvrez une revue jeune et pleine d'avenir ! (Cliquez sur l'image pour l'agrandir)

    Parvenue à son n°9, Shi-zen, ou "le féminin éthique et pas toc", est un magazine attrayant écrit par des femmes mais aussi par des hommes, pour des femmes mais aussi pour des hommes, dans une optique résolument écologique (imprimée sur papier recyclé bien sûr).

    Ici la couverture du dernier n° paru.
   Sur le site vous pouvez vous abonner, acheter les numéros en PDF ou en version papier (franco de port), ou consulter en ligne des extraits de différents numéros.

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés