Lundi 18 septembre 2006
1
18
/09
/Sep
/2006
19:22
Tandis que certains cherchaient le frais au Musée, d'autres ont découvert les charmes des vieilles demeures d'Issoudun ouvertes exceptionnellement au public dans le cadre d'expositions d'artistes locaux.
Robert Bichet, rencontré précédemment, était l'invité de Mme Aimont, dans une splendide demeure équipée d'un cloître.
(Photo Alain Bosquet)
L'artiste sous une série de quatre "poèmes illustrés" représentant chacun une saison.
(Photo Alain Bosquet)Cliquez sur la photo pour voir apparaître "l'automne" (Photo Martine Maillard)

Issoldunoise en méditation devant des arbres surgissant du chaos... (Photo A. B.)
Par Martine Maillard
-
Publié dans : Robert Bichet
1
Jeudi 31 août 2006
4
31
/08
/Août
/2006
09:59
Pour faire suite à
mon article du 29
juillet, voici la troisième version annoncée de cette série d'oeuvres sur le thème d'un quotidien étrange... Je vous rappelle que,
rattachées par leur titre à une lithographie du peintre Michel Salsmann, elles sont toutes trois inspirées d'un poème écrit par Robert Bichet sur l'île de
Naxos : "Escale"...
ESCALE
Les bateaux
se préparent lentement
Leurs antennes se tendent comme des doigts
La lune oublie d’éclairer cette nuit sans ombre
et le temps passe comme un chat silencieux
l’escale fugitive…
partir sans jamais arriver…
Tant d’espoirs foisonnant mais en vain…
Ce beau miroir d’argent
Ce ciel demi-ouvert
Et cette mort latente suspendue à son fil…
Ce pourrait être celui d’Ariane ou de Kronos
ou celui d’une attente mystérieuse.
Détestable araignée
tu tisses encore une histoire triste
et tes yeux de verre s’illuminent
comme ceux des cargos
qui vont bientôt partir
nonchalamment, paresseusement.
Et la nuit magicienne transportera leurs
rêves…
© ROBERT BICHET

A chaque fois l'artiste s'est
intéressé à un groupe précis de musiciens pour lesquels il a écrit une partition destinée à évoquer la fuite du temps au sein d'une journée très ordinaire.
La présente pièce fut écrite en
1990 pour la soprano dramatique Catherine Boni et son accompagnateur d'alors Jean-Paul Cristille. Une bande de sons y est ajoutée, comprenant des voix enregistrées, une partie de piano préenregistrée, ainsi que des
cris de mouettes et un départ de chalutier... La soprano, qui s'est vivement intéressée à la création de l'oeuvre, chante tantôt sur des extraits du poème (qui sera entièrement lu à la fin),
tantôt sur des onomatopées, y ajoutant même parfois des chuintements destinés à évoquer le bruit de la mer. Son oreille musicale est extrêmement sollicitée, car elle évolue sur des
mélodies complexes entièrement écrites tandis que le piano module de façon planante et répétitive, à l'image du flot étale d'une eau paisible.
Voici un extrait de l'oeuvre,
enregistré le 6 décembre 1991 lors du vernissage d'une exposition à Issoudun,
avec Catherine Boni, soprano et Robert Milardet, piano
Photo prise à la Maison du Berry d'Issoudun par
Michel Vasseur (Nouvelle République).
De gauche à droite : Robert Bichet, compositeur, Robert Milardet, pianiste
et Catherine Boni, cantatrice .
Au mur, des encres et des plis postaux de Robert Bichet.
Par Martine Maillard
-
Publié dans : Robert Bichet
-
2
Jeudi 24 août 2006
4
24
/08
/Août
/2006
21:17
Et si nous revenions un peu à Robert Bichet, que j'avais laissé en suspens ?
J'aimerais vous faire découvrir aujourd'hui ses acrostiches, qui sont pour lui un exercice très particulier. Il les appelle "Poèmes venus d'ailleurs", car il les utilise comme prétexte, un peu comme les "textes à contrainte" que d'autres pratiquent : le principe pour lui est de partir d'un prénom féminin, généralement entendu par hasard et dont la propriétaire ne lui est rien (à de rares exceptions près), et de laisser courir son imagination en se tenant de très près aux règles de la versification ; puis de faire oublier le prénom initial en omettant systématiquement les majuscules de début de vers (sauf la toute première). Le résultat, vous le verrez, est des plus fantastiques...
Ces Poèmes venus d'ailleurs ont été publiés en 1974 aux éditions Saint-Germain-des-Prés à Paris (aujourd'hui devenues Le Cherche-Midi éditeur), dans un recueil général intitulé Mes Saisons de Bracieux illustré d'encres de l'auteur et préfacé par moi-même, qui est aujourd'hui malheureusement épuisé mais s'est arraché à 90€ récemment dans une vente aux enchères à Paris (c'est vous dire combien vous devriez profiter de l'offre à 7€50 parue récemment sur ebay, pour le fascicule Parcours secret derrière Orion qui lui aussi contient quelques Nouveaux poèmes venus d'ailleurs ainsi que de très belles illustrations).
L'acrostiche proposée ici a été construite sur le prénom de... Tiens, eh bien vous trouverez bien vous-mêmes, n'est-ce pas ? Et comme elle fait déjà allusion à la grande constellation d'Orion, je vous donnerai en illustration l'aquarelle correspondante à Parcours secret derrière Orion...
Déplaçons les objets sur la ligne incertaine
orion dissimulé fera le transitoire ;
la courbe éparpillée fugitive et lointaine
ouvrira dans le ciel pour notre échappatoire...
retardons l'alambic sur l'ovale et le cercle
évaporés d'en bas pour l'hallucinatoire ;
saisons du sablier que l'illusoire encercle...
(Extrait de "Poèmes Venus d'ailleurs"
in "Mes saisons de Bracieux",
© Editions St-Germain-des-Prés, Paris 1974)
"Parcours secret derrière Orion", aquarelle originale de Robert Bichet :
elle a été réalisée d'après la forme rectangulaire de la superbe constellation d"hiver.
Par Martine Maillard
-
Publié dans : Robert Bichet
5