Dimanche 4 juin 2006
7
04
/06
/Juin
/2006
20:36
Le compositeur
Ivan Wyschnegradsky et son piano à 1/4 de tons,
créé sur ses plans en Allemagne par Foerster en 1927
Aujourd'hui, je vais vous parler d'un musicien d'origine russe, que j'ai
découvert au hasard d'une émission de France Musique, en 1979, peu après sa disparition : Ivan Wyschnegradsky.
Né à Saint-Pétersbourg en 1893 et petit-fils d'un mathématicien
célèbre, Ivan Wyschnegradsky, parallèlement à ses études de
mathématiques, a suivi des cours de composition musicale au Conservatoire de Saint-Pétersbourg, de 1911 à 1915, auprès de Nicolas Sokolov, un élève de Scriabine.
C'est en 1916, à l'âge de 23 ans, qu'il composa "la journée de Brahma", une oeuvre majestueuse influencée par l'hindouisme et la philosophie nietzschéenne alors très à la
mode.
Emigré à Paris en 1919 après des études de droit et une profession de foi communiste, il se
passionna pour la recherche musicale, focalisé sur une nouvelle conception de pianos accordés par 1/4 de tons. Il rencontra les grands musiciens français Olivier Messiaen et Henri Dutilleux, et obtint bientôt de
faire exécuter en concert, puis enregistrer sa Symphonie pour Quatre Pianos à quarts de tons "Ainsi parlait Zarathoustra".
En 1939, il reprit sa grande oeuvre de jeunesse "la journée de Brahma", et la
renomma "la journée de l'Existence". C'est elle que je vous propose de découvrir, car en plus d'un grand orchestre
avec chœur mixte "ad libitum" (ici le choeur n'est pas intégré), elle inclut un texte écrit par le compositeur
et lu par un récitant, dont je vous donnerai ici des extraits en plusieurs fois (trois ou quatre
articles).
Ivan Wyschnegradsky à la fin de sa vie
En 1942, Wyschnegradsky fut arrêté par les allemands, ainsi que son épouse, Lucille
Markoff-Gayden, de nationalité américaine. Il contracta la
tuberculose, mais fut la libéré, soigné, et se fit connaître davantage après la guerre, aussi bien en France qu'en Belgique ou au Canada.
C'est le 21 janvier 1978, que le chef d'orchestre Alexandre Myrat donna en création à Radio-France sa "Journée de l'Existence", avec Mario
Haniotis comme récitant et l'Orchestre Philharmonique de Radio-France. Wyschnegradsky était présent, mais bien malade il mourra peu après, en septembre 1979, à
Paris.
C'est cette grande création, diffusée sur France Musique peu après, que j'ai enregistrée. C'est sans doute la plus belle
oeuvre de Wyschnegradsky, sinon la plus originale (les oeuvres pour pianos à 1/4 de tons sonnent assez bizarrement à l'oreille !)
Présentation de l'oeuvre
D'après la cosmogonie hindoue (voir Wikipédia, la mesure védique du temps, et ici, la mesure du temps dans
l'hindouisme) Brahma crée l'univers chacun de ses jours puis le réintègre en lui chacune de ses nuits, sous forme de potentialité. En
somme, en utilisant le vocabulaire de la cosmologie actuelle, chaque jour de Brahma commence par un "Big Bang" et se termine par un "Big Crunch". Mais, à la fin du cycle de vie de Brahma, l'univers se résorbera dans l'ineffable esprit du monde et un nouveau dieu créateur recommencera un cycle de
création.
La Journée de l'Existence : 1ère partie
Texte et musique, Ivan Wyschnegradsky.
Orchestre Philharmonique de Radio-France, dirigé par Alexandre Myrat avec Mario Haniotis, récitant.
Nota bene : Les découpages et titres de parties sont de moi !
"L'Aube de la Vie"
=============
[Des ténèbres de la nuit de
l’Existence,
L’aube apparaît.
C’est le flambeau divin de la Conscience,
L’Esprit qui s’éveille du sommeil éternel
Pour suivre son chemin prédestiné,
Et dans une croissance créatrice,
Créant des mondes, irradiant la vie,
Dans la création des formes et des mondes,
Se manifester toujours plus pleinement
;]
Et à la fin, quand sera clos le Cercle de l’Etre,
Dans un réveil éclatant, dans une manifestation parfaite,
Connaître soi-même et son chemin,
Des ténèbres du Rien vers la lumière du Tout.
Par Martine Maillard
-
Publié dans : Citations
-
9
Mercredi 24 mai 2006
3
24
/05
/Mai
/2006
14:59
Après "le Spectre de la Rose", voici "Villanelle", poème de Théophile Gautier, musique d'Hector Berlioz, tirée du recueil "les Nuits d'Eté".
Quand viendra la saison nouvelle,
Quand auront disparu les froids,
Tous les deux nous irons, ma belle,
Pour cueillir le muguet aux bois.
Sous nos pieds égrenant les perles,
Que l'on voit au matin trembler,
Nous irons écouter les merles
Siffler.
Le printemps est venu, ma belle,
C'est le mois des amants béni ;
Et l'oiseau, satinant son aile,
Dit des vers au rebord du nid.
Oh ! viens donc, sur ce banc de
mousse
Pour parler de nos beaux amours,
Et dis-moi de ta voix si douce :
"Toujours !"
Loin, bien loin, égarant nos courses,
Faisant fuir le lapin caché,
Et le daim au miroir des sources
Admirant son grand bois penché,
Puis chez nous, tout heureux, tout
aises,
Au panier enlaçant nos doigts,
Revenons, rapportant des fraises
Des bois.
Sans la musique de Berlioz, je n'aurais jamais découvert ce
poème : tant il est vrai que la poésie est faite pour être chantée, sinon dite, comme l'a si bien proclamé Ferré, et comme l'ont illustré tant de chanteurs contemporains autres que lui (je n'ose
citer de noms, tant je risquerais d'en oublier...).
Ce qui me plaît le plus dans l'interprétation qu'en a donné Berlioz, c'est la pirouette qui est exprimée à chaque fin de strophe sur le
rejet : "Siffler"... "Toujours"... "Des bois"...
Une ritournelle des plus gaies, dont vous aurez un aperçu à cette page
(disque 2, plage 7).
Par Martine Maillard
-
Publié dans : Citations
10
Vendredi 21 avril 2006
5
21
/04
/Avr
/2006
14:16
Portrait de Guillaume Apollinaire
jeune
Voici la musique accompagnant les "Sept épées" - début- (voir mon article précédent )
avec la strophe qui précède.
Les sept épées hors du fourreau
Sept épées de mélancolie
Sans morfil ô claires douleurs
Sont dans mon coeur et la folie
Veut raisonner pour mon malheur
Comment voulez-vous que j'oublie
- LES SEPT ÉPÉES -
La première est toute d'argent
Et son nom tremblant c'est Pâline
Sa lame un ciel d'hiver neigeant
Son destin sanglant gibeline
Vulcain mourut en la forgeant
(...)
(Orchestre et choeur féminin de l'ORTF, dir. Pierre-Michel Leconte, avec Jean Négroni, récitant, et Camille Maurane, baryton, enregistrement de 1966, sur une musique
de Jacques Castérède)
Par Martine Maillard
-
Publié dans : Citations
6