Mardi 27 décembre 2005
2
27
/12
/Déc
/2005
16:13
Ils avaient dîné très tard.
Des lustres, les chandelles s’affaissaient en pleurant...
Les lampions rougeoyants souriaient un peu ivres,
Noyés dans le brouillard tiède.
Sur eux le Songe se fermait
Comme un grand coquillage…
Aveugles, ils s’endormirent,
Vaincus par l’éternel sourire des soleils
Qui glissent à rebours des cercles enchantés,
Etourdis par les pleurs intermittents des astres
Cloués à leur abîme.
Et lorsqu’ils s’éveillèrent,
Ils étaient seuls !
Seuls…
Ils se regardaient
A travers l’ombre hostile,
Balbutiant des mots
Qui n’avaient plus de sens…
Etrangers,
Eperdus,
Ils se cherchaient,
Mais ne se trouvaient plus !
© Editions Saint-Germain-des-Prés, Paris 1973
(« Le Rossignol d’Argent»)
Par Martine Maillard
-
Publié dans : Poèmes d'amour
4
Lundi 7 novembre 2005
1
07
/11
/Nov
/2005
00:00
Premier croissant
avec Vénus à Super Lioran, le 5 nov 05 (Photo Martine Maillard)
O toi qui sanglotais dans la nuit
A la clarté pâle de la lune
Près du bosquet désert
Ne pleure plus je t’en prie
Puisque je t’aime
La nuit nous prêtera ses filets immenses d’étoiles
Pour que nous pêchions des bonheurs aux chemins rafraîchis
Et l’éveil nous éblouira de rayons
La lune n’est qu’un miroir glauque et trompeur
Ce n’est pas elle qui te regarde
Mais toi seule qui mires en elle ton visage en larmes
Ne pleure plus je t’en prie
Puisque je t’aime
Les arbres qui frémissent
Au vent tiède de la nuit
Ne sont que les épaves d’un naufrage ancien
Ils sont peuplés d’épines
Et ne berceront jamais ton sommeil
De leurs branches protectrices
Car que tu marches
Ou que tu t’allonges dans la poussière
Toujours la nuit sera froide et hostile
Mais si je t’aime
Alors elle sera douce
Alors elle s’ouvrira comme un bouquet d’odeurs
Et nous marcherons à la limite de l’aurore
A la limite du jour naissant
Vers d’autres horizons
Vers d’autres fenêtres
O donne-moi la main
Puisque je t’ai tendu la mienne
Pour t’emmener très loin
1977
Par Martine Maillard
-
Publié dans : Poèmes d'amour
-
5
Samedi 22 octobre 2005
6
22
/10
/Oct
/2005
00:00
Les sources du désert sont rouges
Comme ma vie qui bat pour toi
Je te construirai des châteaux de sable illuminés
Des lèvres de corail qui chanteront la nuit
Des ailes froissées de plumes dans la brusque envolée
Tu changes l'espace en rivière
Et le temps en lumière
Et dans le scintillement de mon cœur
Qui tourne et tourne devant toi
Se pailletant comme un soleil
Tu es le paysage infini
Surgi des eaux de l'inconnu
Je t'offrirai les roses que tu aimes
De la mer et des îles et des terres lointaines
Je te revêtirai de parures de mai
Afin que tu renaisses aux moissons de l'été
Et que fonde le marbre blond
Dont tu dissimulais ta vie
Comme une cathédrale sur ses trésors enfouis
Par Martine Maillard
-
Publié dans : Poèmes d'amour
5