Jeudi 2 mars 2006
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Pour faire une parenthèse
humoristique à mon voyage à travers le Québec, voici un poème délicieux extrait d'un recueil de Denise Miège-Simansky, que je viens de découvrir. Il est édité
au "Dé Bleu", une maison vendéenne, et admirablement illustré d'aquarelles de Marina Damestoy.
Ne mangez pas les chiens chauds
en sandwich à la moutarde
Ne mangez pas les chiens chauds
N’écrivez pas aux chats-mots
qui s’en vont dans le désert
comme bouteille à la mer
N’écrivez pas aux chats-mots
Mais dansez avec les ours
mais hurlez avec les loups
excités comme des puces
chantez avec le coucou
Chantez avec le coucou
apprenez tous les langages
et ne mettez pas en cage
ce qui vit tout comme vous.
Denise Miège-Simansky
Je
n'ai pas résisté à vous livrer ce poème au moment où mes souvenirs canadiens affluent, avec les expressions savoureuses chères aux québécois si amoureux du français à l'époque !
(A dire avec l'accent, en chantant et en parlant un peu du nez)
- "Çà c'est un morceau d'chance !"
puis : - "Je m'loue un chàr et j'vais faire un tour !"
et : - "Voulez-vous un chien chaud ?"...
Par Martine Maillard
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Jeudi 16 février 2006
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15:11
Durant les vacances, je me
délecte de littérature jeunesse...
Eh ! oui ! Je n'ai pas la force de concentration de
certains, qui lisent Pierre Lévy... C'est peut-être dû à mon éloignement des grandes villes ou à une "mauvaise passe", mais peu de littérature m'intéresse actuellement, à part
vos blogs, Hélène Grimaud, et quelques ouvrages (parfois de poésie...) écrits pour la
jeunesse.
En voici deux que je vous recommande (ou éventuellement pour vos enfants ou petit-enfants !) :
Alain Grousset, que j'ai eu la chance de rencontrer plusieurs fois, se passionne pour la science-fiction, mais s'inspire très souvent de la société du moyen-âge pour dériver imperceptiblement
du connu vers l'inattendu, vers un mode totalement inédit dont il a l'art d'imaginer constamment de nouvelles formes...
Extrêmement actif et d'une imagination fertile, il s'associe parfois à d'autres auteurs pour des séries un peu "faciles" (par exemple avec Danielle Martinigol pour la série
"Kerri et Mégane", sous le pseudonyme de Kim Aldany) ; mais dans "La Citadelle du Vertige" ou "les Chasse-Marée", qu'il a écrits seul, la trame est plus fouillée, et on peut même déceler un
message, une intention dans l'écriture.
"Les Passe-Vents" est son dernier livre : touché par la mode portée actuellement aux planches de surf et par celle, dans le cinéma, de faire "voler" les gens, il y a imaginé un
monde cerné par un immense gouffre de vents furieux, tellement furieux qu'on pourrait même "surfer" dessus. C'est ainsi qu'un jeune garçon, victime de la violence d'un riche seigneur avide de
pouvoir, va réussir à s'échapper puis à sauver son pays. C'est un hymne à la liberté, à la tolérance, et au progrès mis à la disposition de tous.
Béatrice Egémar m'était
totalement inconnue jusqu'à ce jour. Je découvre avec intérêt ce petit roman bien documenté, qui m'apprend toutes sortes de choses sur la vie en Egypte à l'époque des Ramsès, sur les habitations,
l'aspect des villes, les occupations des hommes, la physionomie des temples et des tombeaux. Bien sûr, elle n'est pas la seule à avoir produit des livres sur la question : Alain Surget, Odile
Weulersse y excellent déjà ! Mais si l'on en croit le paragraphe qui lui est dédié sur la couverture, elle aurait rêvé de devenir égyptologue, et ses livres nous le
prouvent.
Par Martine Maillard
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Vendredi 27 janvier 2006
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Comme il n'est pas permis de recopier des pages entières d'un livre, je note ici quelques simples citations de ce dernier livre d'Hélène Grimaud qui fait mes délices (Robert Laffont, 2005).
"Il y a quelque chose de sorcier chez les petites filles : cette façon d'être feuille et fleur, ce frémissement à la vie. On les sent si proches du secret qu'on les sait complices avec la mort, elles l'invitent dans leur voile de communiantes, leurs dînettes de cérémonie et l'ourlet de leurs robes." (p.92)
"Etre libre, c'est faire du corps une puissance qui ne se réduit pas à son organisme, c'est faire de la pensée une puissance qui ne se réduit pas à la seule conscience. Appelons la pensée l'âme et concluons : l'âme doit vivre avec le corps et le corps avec l'âme ; autant dire, l'âme doit vivre la vie, sa vie, ici et maintenant, comme le corps doit vivre l'âme, son âme, ici et maintenant.
"J'ai eu la grande prétention de vous suggérer d'expérimenter la musique. Peut-être ces petites précisions (...) vous éclaireront-elles sur ce que j'entendais par là, et au-delà du fait, que bien évidemment, expérimenter la musique, c'est d'abord (...) que vous deveniez la vie continuée de la musique." (p.80)
"Et si, ces dernières années, je m'étais limitée à n'être le médium que de la musique ? (...) Et si j'avais sacrifié trop de ma liberté - mais sur quel autel - et qu'alors, les ailes rognées, elle ne permette plus ni à mon âme de vivre ma vie, ni à mon corps de vivre son âme." (p.99-100)
"Rien n'est jamais acquis, rien ne nous est dû, et plus la relation avec l'autre est une relation rare - et quelle merveille, quelle rareté, quel privilège que cette relation avec le loup -, plus elle est fragile, incontrôlable.
"J'ai appris à garder la plus grande vigilance, à être intensément, de toutes mes fibres, de tous mes neurones, dans la relation du moment, comme si elle pouvait m'échapper à tout instant. Et ce qui vaut avec les loups vaut avec la musique."(p.114)
"L'amour est partout où est l'art. L'art déploie l'amour. (...) L'art tutoie l'âme car c'est à l'âme qu'il s'adresse."(p.139)

Par Martine Maillard
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