Dimanche 15 janvier 2006
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12:55
En 1970, j'étais pensionnaire dans un lycée austère où la philosophie ne me semblait plus avoir aucun sens. M'inspirant d'un poème d'Agrippa d'Aubigné (1552-1630) étudié en classe de lettres (heureusement plus intéressante), je commis alors ce vilain pamphlet :
Sainte Contradiction, levier de la Raison,
Guéris en me blessant mon angoisse profonde ;
Et grâce à la Praxis, d'où je pars et me fonde,
Trouve des connexions, de subtiles liaisons.
La Théorie est vide et nous la haïssons :
Plus de spéculations arides sur le monde !
L'étude structurale est beaucoup plus féconde :
Tuons le dogmatisme, amis, et "scientisons" !
Les systèmes figés de la métaphysique
Sont à l'entendement comme un soporifique...
Moi, je veux progresser par les contradictions.
Etudions désormais la gnoséologie,
Ne nous adonnons qu'à la méthodologie,
Puisque nous respectons enfin l'Evolution !

(dessin humoristique extrait d'un site dédié à un organisme suisse d'amélioration de la vie sociale et culturelle (le GWA) ; il s'agit là d'un colloque qui eut lieu en mars 2003. En haut il est écrit : "méthodes de participation", et à gauche le personnage qui tire de l'eau remarque : "il ne vient rien !")
Par Martine Maillard
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Vendredi 2 décembre 2005
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19:06
Extrait du tableau "Le Printemps", de Botticelli : les
trois Grâces.
Jeunes filles de marbre, où la blanche froideur
Allie à la beauté des formes gracieuses
La noble pureté de vierges silencieuses,
Elles sont à la fois élégance et grandeur.
Mais que font-elles donc là, si mystérieuses,
Depuis les temps lointains où l’âme du sculpteur
A soufflé un rayon léger sur leur pâleur ?
Elles parlent tout bas de choses merveilleuses…
Elles parlent des mains, des gestes et des yeux,
Un langage oublié qui n’existe qu’aux cieux
Et que nos sens grossiers ne savent plus comprendre.
Oh ! Qu’un sculpteur divin me modèle le cœur
Dans un marbre aussi pur que celui des trois sœurs !
Peut-être je pourrai alors le réapprendre !
Jean-Sébastien Bach : 2e prélude du Clavecin bien tempéré
(ut mineur)
On m'a fait sauter mon lecteur de musique... Peut-être pourrez-vous le rattraper là.
Par Martine Maillard
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Mercredi 2 novembre 2005
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00:00
Cette reprise un peu tristounette me donne envie de vous livrer quelques sonnets "grinçants" que j'écrivis à une période peu sympathique de ma vie, lorsque j'étais le cancre d'un grand lycée de Paris où je ne me sentais pas du tout à ma place...
C'est une basse-cour caquetante d'ennui :
On se rase, on rigole, on se barbe et se marre...
Tandis que l'une pleure et que l'autre en a marre,
Notre coq de village a sa huppe qui luit.
« Ce qu'on s'amuse ici ! » dit-elle dans le bruit ;
Mais en guise d'amphi, nous n'avons qu'un théâtre
Qui s'emplit de pantins gigotants et hilares...
Les poules ont des dents et la raison s'enfuit.
Ah ! Comme il est vivant, comme il est « folklorique »,
Le dernier samedi, notre cours de latin !
Dans les bouquins crasseux, la vieille rhétorique,
Nous l'avons reléguée en des recoins lointains :
Nous rêvons à demain, suivant d'un regard pâle
Les nuages fuyant au ciel, pressés et sales...
Je regrette de n'avoir pas d'image à associer : en effet je n'ai guère conservé de photos de l'époque. Certains d'entre vous reconnaîtront un vocabulaire un peu dépassé aujourd'hui, comme l'adjectif "folklorique", qui fit fureur à une certaine époque, alors qu'aujourd'hui on dirait ... "top", peut-être ; d'autres se souviendront sans peine de la chanson potache qui commence par "dans un amphithéâtre"...
Ce poème, problablement écrit la veille du départ en vacances de Noël, paraît un peu s'accorder avec la météo du jour.
Heureusement que tout cela a bien changé !
Ça ira mieux demain...
Par Martine Maillard
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Publié dans : Sonnets
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