Inspiration
Mais tu ne sais d'où Il vient, ni où Il va.
Saint-Jean III, 8
(Iegor Reznikoff à l'abbaye du
Thoronet)
"Eurydice !" répercutaient les rives à travers tout le fleuve.
VIRGILE, Géorgiques
(Mort d'Orphée)
Mais tu ne sais d'où Il vient, ni où Il va.
Saint-Jean III, 8
(Iegor Reznikoff à l'abbaye du
Thoronet)
Pour répondre à ma question d'hier (sur laquelle vous avez été généralement peu loquaces !), cette ravissante photo a été prise à PORT-MOGUER, une plage particulièrement belle et préservée des environs de Plouha, dans les Côtes d'Armor : à marée haute le littoral dessine un bassin séduisant dans lequel il fait bon nager et même plonger. Mais évidemment il vaut mieux pour cela être suffisamment développé au plan musculaire et avoir une bonne expérience de la natation (allusion aux excentricités incroyables sans cesse tentées par l'aîné de mes petits-fils qui, malgré nos cris, était immédiatement suivi de son cadet).
Le bassin de
Port-Moguer à marée haute.
Et voici le même lieu photographié par moi-même sous un autre angle à partir de l'ancienne digue du port à marée moins haute (avec une vue vers le petit port pittoresque de la presqu'île de Gwin Segal, au fond) :
Vous remarquez qu'en Côtes d'Armor (et notamment en baie de Saint-Brieuc) il fait toujours chaud et doux, avec
des marées des plus agréables et un paysage prestigieux... les galets que vous voyez au niveau du port sont compensés sur le côté droit par une chaussée de béton (visible à l'image de l'article
précédent) qui mène à une magnifique plage de sable fin, ferme pour les châteaux à construire.
Enfin voici un plan vous permettant de situer ce petit paradis :
Pour terminer, je vous invite à relire le poème que j'ai écrit sur Port-Moguer il y a cinq ans, déjà : eh oui ! Ce blog a plus de cinq ans ! C'est ici.
Vous pouvez également trouver une autre allusion là... J'ai déjà tant parlé de cette région, et particulièrement de ce lieu sur ce blog ! Mais il y a toujours à en dire, et je n'ai pas dit mon dernier mot.
Chers amis,
Voici bien longtemps que je n'ai rien posté sur ce blog... Après le voyage (impossible de trouver un réseau internet, et pas de temps pour chercher un cyberespace !) réception de la famille, puis reprise de diverses tâches en retard...
Pour vous faire patienter, je vous donne un aperçu de ces quelques jours, avec cette question (à laquelle ceux qui me lisent couramment n'auront pas de mal à répondre !) : où cela peut-il bien être pris ? (cliquez pour agrandir).
Ils ne sont pas beaux, mes petits-fils ?
Mais quels intrépides ! Le grand s'est mis à escalader ces rochers, le petit a suivi malgré nos cris... Le grand a plongé dans le bassin pour le traverser de part en part, le petit a suivi en patouillant avec ses brassards. Et moi, je courais de l'un à l'autre pour veiller au grain, comme une grosse poule derrière ses petits poussins... De l'exercice !! Heureusement qu'ils sont gentils comme tout et d'une agilité incroyable. (à suivre...)
Je ne publie pas beaucoup... Langueur de l'été ? Je travaille dans mon jardin (beaucoup de feuilles à éliminer, rançon d'être bien ombragé), et je continue à lire la littérature de jeunesse. En ce moment c'est Anne-Laure Bondoux, une excellente écrivaine dont le discours est loin d'être facile et, du moins dans ce que j'ai lu jusqu'à présent, tourne toujours autour d'une réelle interrogation sur l'existence de la misère, notamment au Chili (voir Les Larmes de l'Assassin, roman qui se déroule en Patagonie, et La Tribu, récit qui semble débuter à Santiago et s'achever au Pérou sans que rien ne soit précisé). Ses activités de journaliste ont dû lui apporter beaucoup d'informations sur ces régions.
Actuellement je "dévore" Le Destin de Linus Hoppe, roman d'anticipation qui rappelle vaguement, en plus simple, "Le Meilleur des Mondes" d'Aldous Huxley (vous pouvez le feuilleter ici)... Linus, né dans une famille favorisée, est déçu à l'idée du destin tout tracé qui l'attend : grande école, belle carrière, vie protégée... Et décide de connaître la vie des miséreux qui travaillent sous terre pour éviter de polluer la surface. Hélas pour cela il doit passer outre la décision d'un ordinateur géant qui règle la vie de manière tyrannique, ce qui l'entraîne à une vie de paria, car il a dû soliciter l'aide d'autres rebelles, et comme eux il est recherché par la police qui a deviné la fraude.
Et maintenant, un petit tour dans mon jardin d'été...
Les hortensias, toujours beaux.
Les dahlias, maintenant bien fleuris.
Avec les roses qui reprennent un nouveau souffle.
Petites roses mignonnes...
Chrysanthèmes d'été...
Et mon premier glaïeul fleuri
(j'ai fait exprès de les étager pour une floraison de fin juillet à mi-août).
Puis voici le second... Et les autres attendent.
A plus tard ! Je retourne à Linus Hoppe !
Et si d'aventure je n'écrivais plus rien, rendez-vous aux alentours du 30 juillet, car je pars jeudi pour une semaine et aurai probablement quelques souvenirs à rapporter !
Bises à tous.
Fin juin j'ai passé une semaine à Saint-Palais-sur-Mer, en Charente Maritime ; plus exactement juste au bord de la plage de Nauzan, à la limite de Vaux-sur-mer en direction de Royan.
Pas de touristes ! Et déjà du beau temps ! Le rêve !
En voici quelques traces... (Toutes les images peuvent être agrandies)
L'entrée de la plage. Personne... Pas de voiture... ni de barrières !
Vue de la plage déserte... Il faisait encore un peu frais.
Du même point vers la droite. Pas de régates ! Personne sur la plage ! (ou presque...)
Au loin, un bateau quitte l'estuaire de la Gironde, dont l'autre rive est visible à l'horizon.
Même vue moins zoomée. Oui, Saint-Palais regarde vers le sud, et on voit bien l'autre versant de l'estuaire, avec la pointe de Grave. C'est d'ailleurs sans doute ce qui y rend les flots si calmes, parce que l'endroit est abrité.
Le petit bateau s'éloigne
Vue vers le versant Vaux-sur-Mer. Ce jour-là il faisait déjà très chaud et la vue est prise tard le soir. La mer était à
son point le plus bas.
Vers le large, encore un gros bateau...
De l'autre côté, la pointe dont on fait le tour par une ravissante promenade de corniche.
En voici un aperçu, pris sous une chaleur accablante...
Laissons le bateau s'éloigner, et allons dîner sur la digue !
Bon appétit !
Comme vous l'avez peut-être remarqué, je suis férue de littérature jeunesse. Dans cette catégorie qui a pris une remarquable ampleur, il n'y a pas que des livres "faciles" pour amuser les enfants, et l'on peut tomber sur des auteurs de grande qualité. Ce sont évidemment eux qui retiennent mon attention, et c'est le cas de celui qui m'intéresse ici.
Il s'agit d'Eric Boisset, dont les premiers ouvrages, couronnés de prix ("Le grimoire d'Arkandias", Prix PEEP 1997 - Prix des Incorruptibles 1998, et "Nicostratos", Prix Jeunesse de Saint-Dié-des-Vosges 1998) présentent des qualités littéraires qu'hélas je n'ai pas retrouvées dans sa "trilogie des Charmettes", beaucoup plus convenue dans le style jeunesse.
Au moment de vous en parler, j'apprends qu'il fait actuellement l'objet d'une traducion cinématographique, ce qui est une preuve supplémentaire de sa qualité.
Publié pour la première fois en 1998, il a fait l'objet d'une réédition brochée en 2003 dont j'ai eu la chance de profiter (par la médiathèque locale, cherchez donc dans la médiathèque de votre ville !), mais se trouve plus aisément aujourd'hui en édition de poche dans la collection Tipik junior, chez Magnard.
Ce qui m'a d'emblée séduite, c'est que l'action se situe sur une île grecque de la mer Ionienne, proche de Céphalonique et non loin de Zante, dont le nom n'est pas mentionné mais dont la ville, Vathy, me permit d'identifier Ithaque - fait confirmé par la première ébauche de biographie imaginaire évoquée sur le site concernant Eric Boisset, ci-dessus en lien.
L'évocation de la vie sur l'île et de ses paysages est partout présente et envoûtante. Chaque élément, du chant des cigales aux caractères typés des personnages, est rapporté dans une grande richesse de style et un charme perpétuel. Le jeune héros, Yannis, fréquente un moine orthodoxe d'une grande culture et qui lui parle de littérature grecque avec une grande profondeur (on peut seulement déplorer que l'éditeur ait mal retranscrit les caractères grecs insérés dans le texte).
Si l'intrigue peut paraître simple (un enfant s'éprend d'un jeune pélican blanc et l'élève en secret), la magie liée à cet oiseau fabuleux dont de grands pans d'existence se situent en Égypte, aux bords du Nil, est d'autant plus prenante que là encore, l'auteur le décrit avec force détails, dans son aspect, son évolution, ses manières et ses habitudes. On sent une proximité extrême du narrrateur avec l'objet de son récit et on vibre avec lui tout au long de l'histoire, d'autant plus qu'il nous démontre, chose communément ignorée, que cet animal est largement aussi intelligent qu'un chien !
Quelques extraits du livre vous permettront d'en goûter quelques aspects.
Le premier
est pris à la page 45 de l'édition
brochée. Le jeune pélican, baptisé
par Yannis "Nicostratos" et caché par celui-ci dans un placard de sa chambre, n'a alors qu'environ deux mois ; c'est un oisillon incapable de voler mais déjà d'une certaine taille, puisqu'adulte
il atteindra 1m60 dressé sur ses pattes ! Il faut préciser aussi que Yannis vit seul avec son père veuf, et que celui-ci part pêcher le matin vers 5 heures.
Le lendemain matin, la faim réveilla Nicostratos de bonne heure. Il s'ébroua sur le ventre de Yannis et fit bouffer son duvet avant de se précipiter pataudement dans la cuisine. Une alléchante odeur de poisson tombait du garde-manger grillagé pendu au plafond. Mais comment faire pour atteindre le précieux mets ? C'était toute la question. Il commença par battre des ailes en sautillant sur place, dans l'espoir de s'envoler. Puis il tenta de grimper sur une chaise en s'aidant de son long bec et de ses pattes griffues. Enfin il se mit à danser sous la cage comme un Indien afin de faire pleuvoir la manne. Aucune de ces solutions n'ayant montré de réelle efficacité, il se rabattit sur la poubelle, dont il éparpilla rageusement le contenu sous la table. C'était un acte de vandalisme pur et simple, mais Yannis n'avait-il pas le toupet de dormir pendant qu'il mourait de faim ? Il revint trouver le jeune garçon dans la chambre et s'efforça de grimper sur le lit pour le réveiller. Mais c'était encore plus difficile que d'atteindre la cage ! Il se mit à japper avec colère en hérissant sa huppe. Puis il pinça les orteils du dormeur, qui ouvrit enfin les yeux...
D'autres passages, que je ne citerai pas car il faut un peu fouiller, montrent que même en littérature jeunesse le langage cru des pêcheurs d'Ithaque peut-être évoqué sans que les pures petites oreilles s'en aperçoivent...
Par contre voici un extrait d'une des nombreuses descriptions de la vie locale et du paysage (p. 132) :
Après le repas de midi, une grosse salade de tomates et de concombres salée, poivrée, parfumée d'une gousse d'ail et d'un rayon d'huile d'olive, plus quatre sardines grillées et une assiette de gros haricots blancs appelés gigantes, Yannis éprouva le besoin de faire la sieste. Il gagna sa chambre en se frottant les yeux et s'allongea tout nu sur son lit. Une intense lumière dorée pesait de l'autre côté du volet clos, mais la petite pièce chaulée de blanc avait su concerver une relative fraîcheur. Dehors, la brise de mer faisait crisser les herbes sèches et le chèvrefeuille lui-même languissait en jetant, de temps à autre, une bouffée parfumée. Toutes les odeurs du jardin et des collines s'exhalaient dans l'air sec qui vibrait aux stridulations des cigales comme du sable secoué dans un tamis. Au loin, une atmosphère laiteuse voilait la masse verte de l'île de Céphalonie.
Si l'argument annoncé du roman est l'amitié entre un garçonnet et un pélican, il est sous-tendu par toute une réflexion psychologique autour du deuil, et de la relation père-fils. En effet Démosthène, le père de Yannis, est devenu taciturne et irritable depuis la mort de sa femme, Cassandre, et son fils en souffre énormément. L'intrusion du pélican dans leur vie, qui apporte à Yannis la tendresse dont il manque cruellement, va éveiller la colère, puis la mansuétude du père et peu à peu rapprocher les deux personnages. Cependant il faudra pour cela un évènement dramatique dont je vous laisse la surprise.
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