L'Âme du poète

"Eurydicen !" toto referebant flumine ripae.

"Eurydice !" répercutaient les rives à travers tout le fleuve.

VIRGILE, Géorgiques

(Mort d'Orphée)

Pour la Terre

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Dérives rêvées

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L'Esprit souffle où Il veut ; et tu entends sa voix, 

Mais tu ne sais  d'où Il vient, ni où Il va.

Jean  III, 8    

 

 En l'écoutant, toi aussi tu peux créer...


   


(Iegor Reznikoff à l'abbaye du Thoronet)      

  

Citations

Dimanche 8 janvier 2006 7 08 /01 /Jan /2006 17:37
    Je m'enchante chaque jour de la lecture de "Leçons particulières" d'Hélène Grimaud, qui est à la fois un livre merveilleusement écrit et une mine d'enseignements sur la vie, de leçons de Bonheur.
     Voici un petit récit qu'elle rapporte, au sujet du trésor que l'on porte en soi...


    "
Dans la ville de Niamey, au Niger, vivait un paysan très pauvre. Il n'avait pour tout bien qu'une humble maison basse couleur de terre ensoleillée. Devant cette maison était un champ de cailloux, au bout de ce champ, une source et un figuier. C'était là tout son bien. Un jour, endormi, il se vit cheminant dans une cité vaste et magnifique. Il parvint bientôt, dans la lumière de ce rêve, au bord d'un fleuve que traversait un pont de pierre. Là était, au pied de la première borne, un coffre ouvert débordant de pièces d'or et de pierres précieuses. Il entendit alors une voix qui lui disait : " Tu es ici dans la grande cité du Caire, en Egypte. Ces biens te sont promis." A cet instant précis il s'éveilla au pied de son figuier où le sommeil de la sieste l'avait surpris. Frappé par son songe, notre pauvre paysan ferma aussitôt sa maison, fit son sac et décida de partir pour l'Egypte et le Caire, entr'aperçus en rêve.
    "Son voyage fut long et périlleux. Mille fois, il faillit mourir ; il fut battu, volé, malade, mais jamais il ne renonça :  ce qu'il avait pressenti,  ce que le rêve avait enseigné devait être et serait. Il parvint enfin, au bout d'un long mois, au Caire. Son coeur battait la chamade, son contentement était au-delà de tout ce qu'il avait enduré pour arriver : la ville lui apparaissait exactement comme dans son rêve. Comme dans le songe, il en longea les avenues, admira les boutiques et les minarets, huma les parfums et aima les épices ; enfin, il trouva le pont de pierre. Seulement, au pied de la première borne, en guise coffre et de trésor, il rencontra un vieux mendiant édenté.
    " Peux-tu te pousser un peu ? demanda le paysan au mendiant, non sans lui offrir sa dernière pièce. Il caressait encore l'espoir de trouver, sous les fesses fripées du miséreux, le coffre magnifique chargé de pierreries et d'or. Le mendiant prit la pièce, remercia Allah et se poussa. A sa place n'étaient que cailloux et poussière.
    " Ah ! Je veux mourir, se lamenta le paysan en s'arrachant les joues. Adieu, mendiant, je vais me jeter de ce pont. J'ai tout perdu, je ne veux pas survivre à cette désillusion.
    " Et de raconter au mendiant le rêve, le coffre, l'or et les pierreries. Le mendiant éclata de rire.
    " Pour être fou, tu es bien fou ! Vouloir mourir et croire aux songes ! Regarde-moi : j'ai moi-même rêvé, il y a trois lunes, qu'un trésor était enfoui au pied d'un figuier, dans la cour d'une humble maison basse couleur de terre ensoleillée, au bord de la ville de Niamey. Ai-je tout abandonné pour trouver la maison ?
    " A ces mots, le paysan ouvrit la bouche, stupéfait ; il se frappa sur le front et éclata de rire.
    " Tu es vraiment fou, ou simple d'esprit ! rétorqua le mendiant, déconcerté par le grand rire, en se traînant pour reprendre sa place, exactement sous la première borne du pont de pierre.
    " Le paysan rit encore et rebroussa chemin en bondissant de joie. Comment avouer au mendiant que la maison qu'il avait vue en rêve était, précisément, la sienne ? Et que, alors, c'était chez lui, au pied du figuier, que le trésor l'attendait ?"

Hélène Grimaud, Leçons particulières (Robert Laffont), p. 26-28

    Ce conte m'évoque une jolie carte du Tarot de Rajneesh (éd. "Le Voyage Intérieur") qui s'intitule "au-delà de l'avidité". On y voit un pauvre qui danse au pied d'un arbre à l'idée de n'avoir pas plus de vies à vivre encore que le nombre de feuilles que porte l'arbre ; et pour son désintéressement, l'ange le libère aussitôt.


Par Martine Maillard - Publié dans : Citations
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Mardi 20 décembre 2005 2 20 /12 /Déc /2005 14:53
    Aujourd'hui je vous parlerai d'un album magnifique, qui malheureusement est indisponible actuellement, "Licornes" : un album Duculot sur des textes poétiques et spirituels - voire hermétiques ou alchimiques - de Gaston Compère, avec des images de toute beauté de Michael Hague.
    En voici la couverture :



Et une page de texte :



    Le texte mystérieux autant que mélancolique est saupoudré par petits quatrains au fil des pages, et bien peu d'ouvrages de poésie m'enchantent à ce point...
    En voici d'autres passages (accompagnés de celui ci-dessus).

Le feu noir n'y peut rien.
Née de l'amour, et l'amour même,
la licorne surgit
comme Minerve, étrangement armée.

Licorne dans le dédale des cités,
tu es seule à trouver
la folie carillonnante
de l'enfance qui regarde la lune.

(...)

Licorne, dans l'encre d'or
de cette matinée, sache
que mon  printemps a assez de parfum
pour que tu ne t'effaces pas.

Plus haut que la haute plaine
où ne s'aime que le houx rechigné,
la licorne des neiges ne s'épuise
qu'à découvrir la cime illuminée.

Derrière l'iris et sa constance,
le lys et sa gloire.
Derrière le lys humain,
la parole cabrée.

(...)

Si tu te hâtes les pieds las
de tant de chemins et de tant de guerres,
elle sera là dans ton jardin,
la jeune licorne dont la lune bleue est le sang d'oubli.

(...)

Pour la haute plaine limpide et nue,
fuis ce monde embroussaillé
où il n'est pas de bouches
qui ne lancent des flèches.

(...)

Science, si j'aime t'écouter,
dit la licorne, amie du saut
et de la cabriole empanachée,
je ne mange pas de tes chardons.

Rêve des hautes cimes,
j'écoute la lumière
qui se précipite
vers le soleil.

(...)

Quand le livre s'épuise,
les rêves sous les yeux de la licorne puérile,
tu devrais, poète, en nourrir mille feuilles
comme l'achillée des vieux chemins d'enfance.

Tu me nommes
licorne, dit la licorne,
mais si tu savais mon nom
serais-je encore dans ton ciel ?

Gaston Compère
(site ici)
Par Martine Maillard - Publié dans : Citations - Communauté : Partager
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Jeudi 1 décembre 2005 4 01 /12 /Déc /2005 17:12
    Surprise ! Le petit poème en prose que nous cherchions à nous rappeler il y a quelque temps, le voici... Il était effectivement de Jules Renard, l'auteur des Histoires Naturelles... Je bats ma coulpe, je n'y croyais pas.
    Qu'en dis-tu, Jean-Pierre ?




A
utomne

Il a gelé blanc...  Les dahlias sont fripés comme après une nuit de bal. Les tomates éclatent et de leurs gerçures, leur jus coule. Les fanes des pommes de terre semblent cuites. Mais l’oseille bien repassée résiste avec la fine barbe frisée des carottes et les longues oreilles douces des betteraves. On entend le bruit d’une feuille par terre ; elle essaie un vol de pauvre oiseau qui n’aurait qu’une patte et qu’une aile. Celle-ci se sort comme un rat qui cherche son trou. Soudain, c’est une débandade : les troupes de feuilles fuient, affolées, comme si l’hiver était là, au coin du bois...
Jules Renard

Par Martine Maillard - Publié dans : Citations
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Mon dernier recueil

Editions Stellamaris

  Aux éditions Stellamaris vient de paraître

Instants Secrets.

Couverture réduiteVous pouvez le feuilleter et vous le procurer à cette page.

Musique pour la Pentecôte

Premier choeur : "O ewiges Feuer" (O feu éternel) tiré de la cantate n°34 de J.S. Bach.

Interprète : Karl Richter.

Instants Secrets

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Mes précédents recueils

Rossignol d'Argent-Martine Maillard   Le Rossignol d'Argent, publié en 1974 aux Editions Saint-Germain des Prés (Paris), collection Miroir Oblique. Epuisé chez l'éditeur mais exemplaires neufs disponibles sur ebay (ici) ou sur priceminister ().

Renaitre       Renaître, publié au printemps 2011 aux éditions Stellamaris (voir ici).

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