Lundi 21 novembre 2005
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Le disciple
Très vite, le jeune Guy Ropartz opta pour la musique, puisque c'est à l'âge de 21 ans (en 1885), à peine titulaire (déjà !) de sa licence de droit, qu'il s'inscrivit au
Conservatoire National Supérieur de Paris, dans les classes de Jules Massenet et de Théodore Dubois.
Mais l'année suivante, subjugué par la découverte de César Franck à travers un de ses brillants élèves, Vincent d'Indy,
il décida de devenir son disciple.
César Franck fut toujours pour lui un maître vénéré, mais étonnamment celui-ci lui rendit le compliment, puisque nous avons deux
indices de cette considération du vieux maître envers son jeune élève :
1) D'abord cette anecdote, sans doute exacte à 90%, suivant laquelle le si beau thème du second mouvement de la symphonie en ré de
Franck (écoutez ici la plage n°2), serait de Guy
Ropartz...
Dans le cadre de la classe, ce dernier aurait fourni un beau matin ce thème magnifique à titre d'exercice - un thème très franckiste, certes, entièrement inspiré par les
indications du maître en matière de chromatisme... - et Franck, subjugué, aurait demandé à Ropartz l'autorisation de l'utiliser dans sa symphonie. Peut-être l'aura-t-il subtilement modifié,
aménagé ? Toujours est-il que, ravi, l'élève s'est senti totalement en phase avec celui qu'il considérait comme son Père Spirituel.
2) Puis ce poème que Ropartz lui dédia, dont nous ferons notre seconde "citation", et que Franck utilisa tout simplement pour le mettre en musique dans une mélodie pour deux
voix égales (de femmes en principe) qu'il composa en 1888.
Soleil °
A César Franck
Incendiant les horizons
Au ciel clair le soleil rougeoie :
Il met aux toits bleus des maisons
Comme une auréole de joie.
Les fillettes au teint bruni,
Dont les farandoles rieuses
Se déroulent à l’infini
Dans les grands prés bordés d’yeuses,
Lancent dans l’air leurs rires frais,
— Gazouillis d’oiseaux sur la branche,—
Et le vieil écho des forêts
Rajeunit à leur gaîté franche.
Leurs costumes aux tons divers
Rouge flambant ou jaune orange,
Sur le sombre des arbres verts,
Promènent un reflet étrange.
Dans cet épanouissement,
Un rayon d’espérance rose
Sourit délicieusement
Au cœur fermé du plus morose.
Incendiant les horizons
Au ciel clair le soleil rougeoie :
Et met aux toits bleus des maisons
Comme une auréole de joie.
Publié dans Modes mineurs, en 1889
° Voir dans la liste des
oeuvres de Franck à l'année 1888 et sous le label FWV 89, en (5) - juste avant la symphonie en ré mineur : "Soleil - Incendiant les horizons, duo pour
voix égales avec piano Allegro giocoso (fa majeur) - Texte: J. Guy Ropartz".
Par Martine Maillard
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Publié dans : Citations
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