Vendredi 9 décembre 2005
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19:49
Le lendemain matin 22 décembre, surprise : le soleil, le ciel bleu ! Nous qui avions quitté Paris sous des nuages si sombres, nous n'osions
imaginer pareil décor.
Nous partons en balade vers la ville, pleine de jolies couleurs pastel : celles de ses maisonnettes d'azur et de citron accrochées aux flancs de petites collines molles et
harmonieuses. Des minarets s'en élèvent nombreux, colorés eux aussi. Après nous être longuement attardés sur la place du vieux marché, toute en arcades mais où nous gelons littéralement devant
les arabes couverts de lainages sous leurs burnous bien relevés, à observer les poteries, les tapis, les cuivres autant que les maigres étalages de légumes à la pesée rudimentaire, nous montons
vers la mosquée de la vieille ville, où nous nous émouvons du discours fervent d'un musulman qui nous en propose la visite gratuite. Basse et sans ornement, cette mosquée nous séduit par son
caractère intime évoquant nos premières églises romanes, et nous regrettons de ne pouvoir y photographier.
Puis nous découvrons une grotte fort curieuse pour son symbolisme : on prétend qu'une jeune femme s'y serait cachée avec son enfant illégitime. Quel curieux clin d’œil à la «
grotte » de Noël !... J'ai toujours assimilé l'étable de l'Evangile à une grotte, à cause de la dimension de « mystère terrestre » que revêt à mes yeux la nuit de Noël : n'est-ce pas alors
la Terre qui enfante elle-même son Sauveur, fécondée par l'Esprit Divin ? Cette cavité m'interpelle d'autant plus qu'elle affecte une forme des plus évocatrices à cet égard.
Mais pour mes camarades, l'intérêt est plus souvent éveillé par la vision des femmes qui passent, entièrement voilées de la tête jusqu'aux pieds, avec seulement un étroit
hublot devant les yeux pour repérer leur route. Si nous les photographions, nous risquons d'être gravement pris à parti ! Certains s'y essaient cependant...
A midi nous nous retrouvons pour déjeuner dans ce que Daniel appelle une « gargote », poussés autant par notre appétit que par la curiosité, et sans prendre garde à ses
avertissements pressants. En fait le repas médiocre, froid et tout en acidités, arrosé d'une eau de cruchon qui éveille notre méfiance, nous revient à un prix si exorbitant qu'il allège
singulièrement notre réserve en argent liquide et nous laisse fort angoissés pour l'avenir.
Enfin à dix-neuf heures nous embarquons à la gare routière dans un bus qui doit nous conduire de nuit, via El Goléa, jusqu'à Timimoun où l'arrivée est prévue pour trois heures
du matin. Il s'agit du même type de véhicule, cahotant et malodorant, que celui de la veille pour l'arrivée de l'aéroport.
Après une journée de climat presque printanier, le froid nous ressaisit avec la nuit très noire...
Par Martine Maillard
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Publié dans : Voyages et promenades
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